Selon les plus récentes rumeurs, les jours de Rex Tillerson au poste de secrétaire d'État seraient comptés.

Trump sur le point de larguer Tillerson?

WASHINGTON — Donald Trump a laissé passer jeudi l’occasion d’afficher sa confiance envers son secrétaire d’État, Rex Tillerson, alimentant les rumeurs sur son remplacement prochain à la tête de la diplomatie américaine.

Selon le New York Times, la Maison-Blanche travaille sur un remaniement en ce sens qui pourrait intervenir «dans les semaines à venir» et qui verrait l’actuel directeur de la CIA Mike Pompeo prendre les rênes de ce prestigieux ministère.

Interrogé dans le Bureau ovale, Donald Trump n’a ni confirmé ni démenti cette information publiée au moment où les relations entre les États-Unis et la Corée du Nord font l’objet d’un pic de tension, après un nouveau tir de missile balistique intercontinental par Pyongyang.

«Il est ici. Rex est ici», a simplement répondu le président américain, laissant planer le doute sur ses intentions.

«Il n’y a pas d’annonces à ce stade», s’est bornée à souligner peu après sa porte-parole Sarah Sanders. «M. Tillerson continue à diriger le département d’État et l’ensemble du gouvernement est concentré sur la fin de cette première année incroyablement réussie».

Les relations entre Donald Trump et l’ex-patron du géant pétrolier ExxonMobil, qui peine clairement à trouver sa place à Washington, sont notoirement difficiles, et le départ de ce dernier fait l’objet de spéculations récurrentes.

Le chef du département d’État a la responsabilité de quelque 70 000 diplomates, fonctionnaires et contractuels disséminés dans plus de 250 ambassades et consulats à travers le monde.

Le New York Times affirme que ce projet de remaniement a été élaboré par le secrétaire général de la Maison-Blanche, John Kelly, mais souligne que le mystère demeure sur le feu vert de Donald Trump à ce projet.

À couteaux tirés

Début octobre, l’impétueux président septuagénaire avait, fait rare, publiquement rabroué son secrétaire d’État pour avoir évoqué l’existence de canaux de communication visant à sonder les intentions de la Corée du Nord.

«Il perd son temps à négocier», avait-il écrit sur Twitter. «Conserve ton énergie Rex, nous ferons ce que nous devons faire.»

Quelques jours plus tard, la chaîne NBC News affirmait que M. Tillerson avait qualifié le président américain de «débile» à la fin d’une réunion au Pentagone.

Ces révélations avaient contraint le chef du département d’État à prendre la parole pour affirmer son soutien public et son «engagement en faveur du succès» du locataire de la Maison-Blanche.

Ce dernier avait affirmé avoir «pleinement confiance en Rex» tout en le mettant peu après, dans un tweet prétendument humoristique, au défi d’un «test de QI».

Dans ce schéma, le sénateur de l’Arkansas, Tom Cotton, proche de M. Trump, serait propulsé à la tête de la CIA.

Sollicitée sur cette éventuelle nomination, son équipe a répondu qu’il était concentré sur sa volonté d’être au service «des habitants de l’Arkansas et du Sénat».

Pour Aaron David Miller, ancien négociateur américain pour le Proche-Orient, le prochain chef du département d’État «sera confronté au même piège» que M. Tillerson, contraint de travailler avec un président «qui ne respecte ni la diplomatie, ni le département d’État, ni l’élaboration de politiques».