Warren Buffet à la Maison-Blanche, l'été dernier

Trump reçoit une jambette du milliardaire Warren Buffett

Le milliardaire Warren Buffett a insisté samedi sur la contribution des «immigrés» et de «l'État de droit» à la prospérité des États-Unis, au moment où le président Donald Trump veut accélérer l'expulsion des clandestins et s'en est pris à des juges.
«Depuis 240 ans - soit une période qui représente moins de trois fois le temps de ma présence sur Terre - les Américains ont combiné inventivité humaine, économie de marché, un flot d'immigrés talentueux et ambitieux et l'État de droit pour arriver à une abondance qui a dépassé le rêve des pères fondateurs», écrit l'octogénaire dans sa lettre annuelle aux actionnaires de son holding Berkshire Hathaway.
Le parrain du capitalisme américain et ancien soutien de Hillary Clinton prend ainsi subtilement le contrepied de Donald Trump qui prépare un nouveau décret limitant l'immigration et vient d'ordonner un renforcement de la lutte contre les sans-papiers.
L'année précédente, en pleine campagne pour la Maison Blanche, le milliardaire philanthrope de 86 ans avait déjà délivré un message aux accents politiques en exhortant les candidats à ne «pas parier contre l'Amérique».
Au cours du dernier trimestre 2016, son holding Berkshire, qui possède notamment des parts dans les groupes Ketchup Heinz et Coca Cola et a récemment investi dans le géant Apple, a en tout cas profité à plein de l'euphorie qui a saisi Wall Street après l'élection de M. Trump en novembre.
Selon les résultats publiés samedi, son conglomérat a dégagé entre octobre et décembre un bénéfice net de 6,3 milliards de dollars, en hausse de près de 15 % sur un an.
Sur l'ensemble de l'année 2016, le bénéfice s'est établi à 24,1 milliards, en très léger recul sur un an.