Des dizaines de manifestations pour défendre la réforme du système de santé, surnommée «Obamacare», ont été organisées par les démocrates à travers les États-Unis, notamment à Denver, au Colorado.

Trump: quand une polémique n'attend pas l'autre...

La main tendue vers la Russie, «l'erreur catastrophique de Merkel» sur les migrants, l'OTAN «obsolète», le «succès» du Brexit qui verra d'autres pays quitter l'UE : le président américain désigné Donald Trump a réalimenté la machine à polémiques dimanche dans des entretiens à la presse européenne.
Cinq jours avant de prendre les commandes de la première puissance mondiale, le milliardaire populiste a usé comme d'habitude de formules-chocs sans trop s'embarrasser de froisser ses interlocuteurs pour commenter l'actualité européenne, dans les quotidiens britannique Times et allemand Bild.
Il a tendu une main vers Moscou, en froid avec l'administration de son prédécesseur Barack Obama qui l'accuse d'ingérence dans l'élection présidentielle américaine, évoquant la possibilité d'un accord sur la réduction des armements nucléaires avec la Russie en échange de la levée des sanctions qui la frappent.
«Voyons si nous pouvons faire de bons accords avec la Russie. Je pense que l'armement nucléaire doit être très sensiblement réduit, ça en fait partie», a dit le président élu, qui ne cache pas son admiration pour le président russe Vladimir Poutine. «Les sanctions font très mal à la Russie mais je pense qu'il peut se produire quelque chose qui sera profitable à beaucoup de gens.»
Juste avant Noël, Donald Trump avait ravivé le spectre d'une course aux armements en prévenant que les États-Unis répondraient à tout accroissement de l'arsenal nucléaire d'une autre puissance, sans citer la Russie ou la Chine.
Organisation «obsolète»
Sujet d'inquiétude récurrent pour les Européens au moment où la Russie fait jouer ses muscles, le milliardaire a réitéré ses critiques contre l'OTAN «obsolète», reprochant à ses États membres de ne pas payer leur part de la défense commune et de se reposer sur les États-Unis.
«J'ai dit il y a longtemps que l'OTAN avait des problèmes. En premier lieu qu'elle était obsolète parce qu'elle a été conçue il y a des années et des années» et «parce qu'elle ne s'est pas occupée du terrorisme. [...] En deuxième lieu, les pays [membres] ne payent pas ce qu'ils devraient», a estimé M. Trump.
Peu d'États de l'Alliance atlantique atteignent le niveau de 2 % de leur produit intérieur brut pour les dépenses militaires, l'objectif que s'est fixé l'OTAN en 2014.
Durant sa campagne présidentielle, M. Trump avait déjà tenu des propos similaires, paraissant remettre en cause l'obligation de solidarité entre pays membres de l'OTAN en cas d'agression s'ils ne contribuaient pas plus aux dépenses.
Les États-Unis portent environ 70 % des dépenses militaires de l'OTAN.
Une salve pour Merkel
La chancelière allemande Angela Merkel, qui a critiqué plusieurs fois Donald Trump publiquement, a également pris une salve du futur président américain, qui a malgré tout dit avoir «beaucoup de respect» pour elle.
«Je pense qu'elle a fait une erreur catastrophique et que c'était de prendre tous ces migrants illégaux», a lâché M. Trump.
Mme Merkel avait décidé en septembre 2015 d'ouvrir ses frontières à des centaines de milliers de migrants, dont une partie fuyant la guerre civile en Syrie.
Selon le milliardaire, les conséquences de cette politique d'accueil se sont fait récemment «clairement sentir» - une allusion à l'attentat au camion-bélier contre un marché de Noël à Berlin le 19 décembre (12 morts), revendiqué par l'organisation djihadiste État islamique. Il reprend ainsi une thèse de la droite populiste allemande, qui a accusé en décembre la chancelière d'être responsable de l'attentat.
M. Trump a jugé que Berlin, plutôt que d'accueillir des réfugiés, aurait mieux fait de militer pour des zones d'exclusion aérienne en Syrie pour protéger la population des bombardements. «Les pays du Golfe auraient dû payer pour ça; après tout, ils ont plus d'argent que quiconque», a-t-il dit.
Donald Trump a aussi accusé l'Allemagne de dominer l'Union européenne. «Vous regardez l'Union européenne [...] c'est en gros un instrument pour l'Allemagne. C'est la raison pour laquelle je pense que le Royaume-Uni a eu bien raison d'en sortir», a dit le président désigné.
«D'autres pays quitteront» l'UE
Le Brexit sera «un succès», a-t-il assuré, annonçant vouloir conclure un accord commercial avec le Royaume-Uni «rapidement et dans les règles» et rencontrer «très rapidement» la première ministre britannique Theresa May.
Ces propos tranchent avec ceux de Barack Obama, qui avait annoncé que le Royaume-Uni se retrouverait en bout de file d'attente pour conclure des accords commerciaux avec les États-Unis si jamais il quittait l'UE.
Donald Trump estime également que «d'autres pays vont quitter» l'Union européenne.
«Je crois vraiment que s'ils [les pays de l'UE] n'avaient pas été obligés de prendre tous les réfugiés, avec tous les problèmes qui vont avec, il n'y aurait pas eu de Brexit», selon M. Trump, qui entretient d'excellents rapports avec un des promoteurs de la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne, Nigel Farage, ex-chef du parti anti-immigrés et europhobe Ukip.
«Les peuples, les gens veulent leur propre identité et le Royaume-Uni voulait sa propre identité», a-t-il jugé.

Trump veut une assurance maladie «pour tous»

Le président désigné américain Donald Trump, qui entend abroger la réforme emblématique de l'assurance maladie de Barack Obama, l'Obamacare, a assuré qu'il subsistera «une assurance pour tous», dans une entrevue au Washington Post.
«Nous aurons une assurance pour tous», a assuré M. Trump, disant rejeter l'idée que ceux qui n'auraient pas les moyens de se payer une couverture santé n'en auraient pas. «Cela ne se produira pas avec nous», a-t-il dit, sans donner plus de précisions.
Le républicain entend abroger dès son entrée en fonction le 20 janvier l'Affordable Care Act de 2010, pièce centrale du bilan des deux mandats de son prédécesseur démocrate. Cette loi n'a pas créé d'assurance publique aux États-Unis mais a renforcé la régulation du marché privé des assurances, dont dépendent de nombreux Américains.
Les assureurs n'ont plus le droit de faire varier le montant des primes d'assurance selon les antécédents médicaux, ou de refuser d'assurer un patient trop coûteux.
Mais pour Donald Trump et le Parti républicain, la loi est une véritable usine à gaz réglementaire. Le président désigné affirme pouvoir la remplacer par un système plus efficace et moins coûteux.
Les personnes assurées «peuvent s'attendre à avoir de très bons services de santé», déclare-t-il. «Ce sera sous une forme bien plus simple. Bien moins chère et bien meilleure», ajoute-t-il.