«Ce budget respecte ma promesse de protéger les Américains», a déclaré Donald Trump devant les journalistes, lors d'une rencontre avec des gouverneurs à la à la Maison-Blanche, lundi.

Trump propose une «hausse historique» des dépenses militaires

Donald Trump a proposé lundi «une hausse historique» des dépenses du Pentagone pour répondre aux menaces d'un monde «dangereux», une augmentation de 54 milliards de dollars qui serait en particulier compensée par une réduction de l'aide internationale.
À la veille de son premier discours devant le Congrès réuni au grand complet, le président des États-Unis a affiché, lors d'une rencontre avec les gouverneurs, sa volonté de présenter un budget «de sécurité nationale» qui respecterait sa promesse de «protéger les Américains».
Selon un responsable de l'administration, la Maison-Blanche va proposer au Congrès une hausse de 54 milliards de dollars pour la Défense, soit une hausse d'environ 9% d'une année sur l'autre, qui serait compensée par une baisse équivalente des dépenses non militaires.
«La plupart des agences fédérales enregistreront par conséquent une réduction de leur budget», a indiqué ce responsable qui a évoqué une «importante réduction» de l'aide internationale.
Interrogé sur des informations de presse évoquant une baisse sensible pour le puissant département d'État, responsable de la diplomatie américaine, et l'Agence de protection de l'environnement (EPA), en pointe dans la lutte contre le changement climatique, il s'est refusé à tout commentaire.
La présentation détaillée du budget fédéral (d'un montant total de près de 4.000 milliards de dollars), attendue dans les semaines à venir, sera l'occasion pour Donald Trump de traduire sur le papier certaines de ses promesses de campagne. Mais ces propositions seront, comme à chaque fois, âprement débattues au Congrès, qui tient les cordons de la bourse.
La défense représente environ la moitié des dépenses du budget de fonctionnement de l'État fédéral, qui elles-mêmes ne représentent qu'environ un tiers des toutes les dépenses fédérales (les deux autres tiers concernent les grands programmes sociaux de santé et de retraite).
«Vous en saurez plus demain (mardi) soir», a ajouté M. Trump. «Ce sera un événement majeur, un message au monde en ces temps dangereux, sur la force et la détermination de l'Amérique», a encore dit le président septuagénaire qui avait évoqué il y a quelques jours «la plus grande montée en puissance de l'armée de l'histoire de l'Amérique».
Cette annonce a été immédiatement dénoncée avec force par l'opposition démocrate.
Le chef des démocrates du Sénat, Chuck Schumer, a jugé que ce projet de budget reviendrait à faire des coupes sombres dans les programmes «qui bénéficient à la classe moyenne, protègent les consommateurs de Wall Street et assurent la qualité de l'air et de l'eau»
«Le budget moralement indéfendable du président Trump va diriger plus de fonds vers le Pentagone aux dépens des pauvres et de la planète. C'est une très mauvaise idée», a indiqué la démocrate Barbara Lee, élue de la Chambre des représentants.
Début février, des chefs militaires américains avaient décrit devant le Congrès une armée américaine affaiblie par des années de ressources budgétaires insuffisantes et plus de deux décennies de conflits. S'ils ont déjà convaincu Donald Trump, c'est le Congrès qui tient in fine les cordons de la bourse.
Profitant des retraits de troupes américaines d'Irak et d'Afghanistan, son prédécesseur démocrate, Barack Obama, avait réduit les dépenses militaires.
«Gagner de nouveau»
À 3,3% du PIB, soit près de 600 milliards de dollars, elles restent toutefois de loin les plus importantes du monde.
Elles sont près de trois fois supérieures à celles de la Chine, la deuxième puissance militaire mondiale, et plus de huit fois supérieures à celles de la Russie, selon les chiffres de l'institut de référence suédois Sipri.
«Nous devons gagner, nous devons commencer à de nouveau gagner des guerres», a lancé Donald Trump devant les gouverneurs, reprenant des propos de campagne.
«Quand j'étais jeune, tout le monde disait que nous ne perdions jamais de guerre. Vous vous souvenez ? L'Amérique ne perdait jamais. Et maintenant, nous ne gagnons jamais de guerre».