Les menaces, si elles se poursuivaient, «se heurteront au feu et à la colère», a déclaré le président Donald Trump, promettant une réaction d'une ampleur «que le monde n'a jamais vue jusqu'ici».

Trump promet «le feu et la fureur» à la Corée du Nord

Donald Trump a lancé mardi une spectaculaire mise en garde à la Corée du Nord, lui promettant «le feu et la colère» au moment où les services secrets américains semblent avoir acquis la conviction que Pyongyang est en mesure de miniaturiser des armes nucléaires.
«La Corée du Nord ferait mieux de ne plus proférer de menaces envers les États-Unis», a déclaré le président américain depuis son golf de Bedminster, dans le New Jersey, où il passe des vacances.
Les menaces, si elles se poursuivaient, «se heurteront au feu et à la colère», a-t-il ajouté, promettant une réaction d'une ampleur «que le monde n'a jamais vue jusqu'ici».
Peu après, l'agence de presse sud-coréenne Yonhap a rapporté que la Corée du Nord avait indiqué envisager de tirer des missiles balistiques à portée intermédiaire vers les bases américaines de l'île de Guam, dans le Pacifique.
Fidèle à sa rhétorique enflammée, Pyongyang avait promis lundi de faire payer «un millier de fois» aux États-Unis «le prix de leurs crimes».
Le ton est sensiblement monté depuis lundi, lorsque Pyongyang a promis de faire payer «un millier de fois» aux États-Unis «le prix de leurs crimes».
Le contexte s'est encore alourdi avec des révélations du Washington Post sur les progrès réalisés par les Nord-Coréens dans leur programme nucléaire.
Le régime communiste a réussi à adapter suffisamment la taille de ses têtes nucléaires pour pouvoir les placer sur ses missiles intercontinentaux et ainsi faire peser la menace d'une attaque nucléaire sur la première puissance mondiale, selon les conclusions d'un rapport confidentiel achevé le mois dernier par l'agence américaine de renseignement militaire, la DIA, et révélées mardi par le journal.
Grâce à cette capacité, le régime communiste deviendrait une puissance nucléaire à part entière, en mesure de réaliser l'objectif affiché par le leader Kim Jong-Un : frapper les «salauds d'Américains».
Casse-tête
Pour l'heure, le régime de Pyongyang a testé plusieurs engins atomiques et a réussi deux lancements de missiles balistiques intercontinentaux, capables de frapper les États-Unis. Mais sa capacité à miniaturiser suffisamment une bombe atomique pour la placer sur l'un de ces lanceurs était encore en doute.
Les analystes et autres membres du renseignement étaient, jusqu'ici convaincus que malgré les 10 ans qui se sont écoulés depuis le premier test nucléaire de Pyongyang en octobre 2006, la Corée du Nord était encore à quelques années de savoir maîtriser le processus de miniaturisation.
Mais selon le rapport daté du 28 juillet, dont un extrait a été lu au Washington Post, «la communauté du renseignement estime que la Corée du Nord a produit des armes nucléaires qui peuvent être embarquées sur des missiles balistiques, y compris des missiles balistiques intercontinentaux».
Selon le journal, le ministère japonais de la Défense est parvenu aux mêmes conclusions.
Les menaces répétées et l'enchaînement ces derniers mois de tests de missiles par Pyongyang sont un casse-tête pour Donald Trump, depuis son arrivée au pouvoir.
Des propos dénoncés
Le milliardaire américain a notamment engagé un bras de fer diplomatique à trois bandes, en demandant avec insistance à la Chine, principale alliée de la Corée du Nord, d'agir pour faire infléchir son incontrôlable voisin.
Toujours sur le plan diplomatique, le Conseil de sécurité de l'ONU a adopté samedi à l'unanimité une résolution renforçant nettement les sanctions déjà imposées à Pyongyang. Aux termes de celle-ci, la Corée du Nord devrait être privée d'un milliard de dollars de recettes annuelles.
En frappant le pays au portefeuille, la communauté internationale a pour objectif de pousser Pyongyang à la négociation, notamment après les deux tirs de missiles intercontinentaux effectués en juillet.
Depuis le premier essai nucléaire nord-coréen en 2006, l'ONU a imposé six trains de sanctions à la Corée du Nord, mais rien ne semble faire dévier le jeune leader Kim Jong-Un. Le dernier essai nucléaire du Nord remonte au 9 septembre 2016, avec une détonation jugée deux fois plus puissante que la bombe que les États-Unis avaient lancée sur Hiroshima.
Nombre d'élus de l'opposition ont dénoncé les propos présidentiels. Le démocrate Eliot Engel, membre de la Commission des affaires étrangères de la Chambre des représentants, a estimé que M. Trump avait affaibli la crédibilité des États-Unis en traçant «une ligne rouge absurde».
«La sécurité de l'Amérique est basée non seulement sur la force de notre armée, mais aussi sur la crédibilité de notre commandant en chef», a-t-il souligné, dénonçant «l'emportement impulsif» du locataire de la Maison-Blanche.
Ben Rhodes, ancien proche conseiller de Barack Obama, a lui jugé que cette sortie était malvenue, quelle que soit la façon dont elle sera interprétée : «Soit ces menaces annoncent une guerre catastrophique, soit elles ne sont qu'une rhétorique creuse qui affaiblit la crédibilité des États-Unis et déstabilise nos relations avec les autres pays», a-t-il déploré.