Scott Pruitt

Trump nomme «des durs» au Travail et à l'Environnement

Donald Trump a confirmé jeudi l'orientation résolument conservatrice de sa future administration en choisissant un défenseur des énergies fossiles pour diriger l'Agence américaine de protection de l'environnement et le patron d'une chaîne de restauration rapide opposé à la hausse du salaire minimum comme ministre du Travail.
Le futur président des Etats-Unis qui s'est rendu jeudi à Colombus, dans l'Ohio, et était attendu en soirée dans l'Iowa pour une troisième réunion publique de sa tournée de «remerciements», a choisi Andrew Puzder, 66 ans, comme ministre du Travail et Scott Pruitt, un républicain de 48 ans, pour diriger l'Agence de protection de l'environnement (EPA).
Ces nominations doivent ensuite être confirmées par le Sénat, dominé par les républicains.
«Contre les travailleurs»
Patron millionnaire de la chaîne de fast-food CKE Restaurants, Andrew Puzder estime qu'une hausse du salaire minimum génère des pertes d'emplois chez les moins qualifiés et soutient l'abrogation de la réforme de l'assurance-santé Obamacare.
«Puzder a démontré qu'il ne soutient pas les travailleurs», a réagi la présidente de l'Union internationale des employés de services (SEIU), Mary Kay Henry.
Du côté de l'environnement, Scott Pruitt a passé l'essentiel de sa carrière comme ministre de la Justice de l'Oklahoma à se battre contre l'agence à la tête de laquelle il a été nommé.
Désireux de casser les réglementations sur les émissions polluantes, il a mené une bataille judiciaire contre la règlementation de l'EPA visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre des centrales électriques au charbon, en étroite liaison avec le secteur.
«Depuis trop longtemps et de manière incontrôlée, l'EPA a dépensé l'argent du contribuable pour un programme anti-énergies qui a détruit des millions d'emplois», a fait valoir Donald Trump.
M. Pruitt s'est engagé à «défaire les régulations fédérales et tout ce que l'administration Obama a accompli sur le front du changement climatique», a déploré jeudi Michael Burger, directeur du Sabin Center sur le climat à l'université Columbia.
«Si Trump essaye de revenir sur la lutte contre le changement climatique et la protection de l'environnement, nous le combattrons dans les tribunaux, dans la rue et au Congrès», a promis Michael Brune, qui dirige l'ONG Sierra Club, forte de 2,4 millions de membres.
Pour le sénateur démocrate Bernie Sanders, M. Pruitt non seulement «dit ne pas croire au changement climatique» mais veut aussi «rendre ce pays plus dépendant» des énergies fossiles.
M. Trump a précisé que l'EPA se concentrerait désormais sur la protection de l'air et de l'eau, des projets consensuels mais qui ne sont que deux des nombreuses missions de l'agence.
Sur le sujet du climat comme sur d'autres, Donald Trump adresse des signaux contrastés.
Rencontre avec DiCaprio
Il a fait campagne contre les efforts internationaux pour lutter contre le réchauffement climatique, contestant la réalité du phénomène.
Puis une fois élu, il a semblé modérer sa position, et affirmé qu'il gardait «un esprit ouvert» sur le sujet.
Il a ainsi longuement reçu lundi à New York l'ancien vice-président Al Gore, célèbre apôtre de la lutte contre le réchauffement.
Et mercredi, c'était au tour de l'acteur Leonardo DiCaprio, autre ardent défenseur de l'environnement, de rencontrer Donald Trump et sa fille Ivanka pour tenter de les convaincre qu'investir dans les infrastructures «vertes» pourrait créer des millions d'emplois aux Etats-Unis. Ils pourraient se revoir en janvier à la demande du président élu, selon la Fondation Leonardo DiCaprio.
Outre la nomination de M. Pruitt, les écologistes craignent l'entrée au cabinet de M. Trump du PDG du géant pétrolier ExxonMobil, Rex Tillerson, cité pour devenir chef de la diplomatie américaine. Le nom de l'ancien PDG du groupe automobile Ford, Alan Mulally, circulait aussi jeudi pour ce poste de secrétaire d'Etat.
Un ami des pétrolières à l'Environnement