Le secrétaire américain à la Défense, James Mattis, était de passage la semaine dernière sur la zone démilitarisée entre les deux Corées, cette bande de terre de 4 km de large et de 248 km de long parsemée de barrières électrifiées, de champs de mines et de murs antichars.

Trump ne se rendra pas en zone démilitarisée, entre les deux Corées

WASHINGTON — Pour sa première visite en Asie, le président américain, Donald Trump, a choisi de ne pas de rendre sur la zone démilitarisée (DMZ) séparant les deux Corées, contrairement à la plupart de ses prédécesseurs au cours des 30 dernières années.

À quelques jours du départ, prévu vendredi, pour cette tournée qui le mènera dans cinq pays (Japon, Corée du Sud, Chine, Vietnam, Philippines), la Maison-Blanche a par ailleurs tenu à clarifier sa position sur le dossier nord-coréen.

Si M. Trump est opposé «à ce stade» à un dialogue direct avec Pyongyang, il est déterminé à poursuivre les efforts diplomatiques à travers la région au moment où la communauté internationale s’alarme de la poursuite des programmes balistique et nucléaire nord-coréens.

«Le président ne visitera pas la DMZ, il n’y a pas assez de temps», a indiqué mardi un responsable de l’administration américaine, soulignant qu’il se rendrait en revanche sur la base militaire Humphreys, situé à environ 90 kilomètres au sud de Séoul.

Pour l’exécutif, un arrêt à «Camp Humphreys» est plus cohérent pour illustrer l’étroite coopération entre les troupes américaines et sud-coréennes et le partage des efforts militaires et financiers sur la péninsule.

Contrairement à ce que son nom pourrait laisser penser, la DMZ est probablement la frontière la plus militarisée au monde. Située à quelques dizaines de kilomètres au nord de Séoul, cette bande de terre de 4 km de large et de 248 km de long est parsemée de barrières électrifiées, de champs de mines et de murs antichars.

Une visite de cette zone — «l’un des endroits les plus effrayants au monde» selon les termes de Bill Clinton — est toujours interprétée comme un message d’unité de la part d’un président américain face aux menaces de Pyongyang.

Soulignant qu’une «minorité» de présidents s’était rendu sur place depuis la fin de la guerre de Corée, le responsable américain, qui s’exprimait son couvert d’anonymat, a par ailleurs insisté sur le fait que le secrétaire américain à la Défense James Mattis était sur place la semaine dernière et que le vice-président Mike Pence s’y était rendu en avril.

«Honnêtement, c’est devenu un peu un cliché», a ajouté ce responsable.

Au cours des trois dernières décennies, une brève halte dans ce lieu chargé en symboles est pourtant devenue presque incontournable pour les présidents américains. Depuis la visite de Ronald Reagan sur place en 1983, seul George H.W. Bush n’a pas effectué ce déplacement qui donne toujours lieu à des images fortes.

Tournée «la plus longue»

Présentant cette tournée en Asie, «la plus longue» effectuée par un président américain depuis George H.W. Bush en 1991, l’exécutif américain a insisté sur le fait que M. Trump restait déterminé à travailler à la recherche d’une solution diplomatique.

À l’occasion d’un déplacement à Pékin il y a quelques semaines, le secrétaire d’État américain Rex Tillerson avait évoqué des canaux de communication avec Pyongyang.

«J’ai dit à Rex Tillerson, notre merveilleux secrétaire d’État, qu’il perd son temps à négocier avec le petit Rocket Man...» (l’homme-fusée), avait réagi dès le lendemain Donald Trump dans un tweet ciselé qui avait suscité des interrogations sur le devenir du chef de la diplomatie.

«Conserve ton énergie Rex, nous ferons ce que nous devons faire», avait-il ajouté de manière énigmatique.

«Nos efforts diplomatiques se poursuivent, mais la position du président est que les discussions directes avec la Corée du Nord ne sont pas opportunes à ce stade [...] en l’absence de changements significatifs dans le comportement du régime», a souligné mardi un responsable de son équipe.

Quel sera le message de Donald Trump à Xi Jinping, qu’il retrouvera à Pékin le 8 novembre? «Les États-Unis travaillent plus étroitement que jamais avec la Chine sur le problème nord-coréen», a souligné ce responsable tout en ajoutant aussitôt que Pékin pouvait «clairement faire plus».

Après Tokyo, Séoul et Pékin, le président américain se rendra au Vietnam puis aux Philippines pour participer à des sommets régionaux (APEC, puis Asean).

Il ne participera pas en revanche au sommet de l’Asie orientale, qui inclut les grandes puissances régionales (États-Unis, Chine, Japon, Corée du Sud, Australie, Russie), prévu dans la ville d’Angeles aux Philippines, le 14 novembre.

«Le président doit rentrer travailler. Il s’agit du plus long voyage de sa présidence. Il ne peut être loin de Washington indéfiniment», a expliqué un responsable de la Maison-Blanche.