Questionné à savoir si Donald Trump sera évincé de son siège avant la fin de son mandat, le rédacteur en chef du New York Times, Dean Baquet, a indiqué ne pas le savoir. Or, selon lui, il est nécessaire de couvrir le 45e président des États-Unis comme s'il ne le sera pas.

Trump, la nouvelle d'une génération

Trump sera l'histoire d'une génération selon le New York Times.
Après une campagne électorale américaine explosive et sans précédent qui a mené au pouvoir Donald Trump, le New York Times (NYT) se prépare «pour l'histoire d'une génération» et son rédacteur en chef prévient que les deux prochaines années vont «marquer l'histoire».
Les mots choisis par Dean Baquet cernent bien l'impact énorme de l'élection du président républicain.
M. Baquet a fait part de ses réflexions dimanche lors d'une conférence sous forme de questions et réponses tenue au festival annuel de technologie et d'innovation South by SouthWest, à Austin au Texas. La présentation était ironiquement intitulée Covering POTUS : a conversation with the failing New York Times, alors que le quotidien détournait à son compte l'insulte présidentielle désormais célèbre.
Car Donal Trump a attaqué le prestigieux quotidien new-yorkais qu'il a qualifié de «défaillant» [failing New York Times]. D'autres médias ont aussi subi ses foudres lorsque leur couverture ne plaisait pas au président. Sans oublier qu'il a qualifié les médias d'«ennemis du peuple» dans une de ses régulières attaques à leur endroit sur Twitter. La campagne électorale inhabituelle et l'ascension d'un homme à la tête des États-Unis qui ne cesse depuis de surprendre - ses messages sur Twitter acrimonieux et sans aucun filtre, les faits inexacts qu'il propage et ses versions modifiées et remodifiées d'événements, sans oublier ses attaques contre de nombreuses institutions américaines - ont mené le New York Times à entreprendre une réflexion sur sa couverture électorale et de la Maison-Blanche et à trouver des manières d'aborder cette nouvelle présidence.
C'est un nouveau défi, car un président hors de l'ordinaire amène une couverture journalistique tout aussi hors de l'ordinaire.
Devant un président qui met de l'avant fréquemment des faits inexacts, plusieurs médias se sont posé la question : les ignorer ou les rapporter? Pour Dean Baquet, impossible de passer sous silence les déclarations de Donald Trump. C'est l'homme le plus puissant du monde après tout, a-t-il lancé. Et ses déclarations sont publiques. «On ne peut les ignorer. On doit tout simplement les couvrir et dire que c'est faux».
Ratés de la couverture
Dean Baquet admet qu'il y a eu des erreurs lors de leur récente couverture électorale de 2016.
Il croit avoir mal lu la colère qui grondait dans le pays et la soif de changement chez les citoyens américains.
«On aurait pu faire plus dans cette direction», a-t-il dit.
Il juge ne pas avoir orienté suffisamment la couverture vers ces gens qui ont voté Trump par besoin de changement - même si ceux-ci étaient outrés par ses propos sur les femmes, ou autre chose.
Interrogé à savoir si la couverture devait autant porter sur les messages incendiaires du président sur Twitter que sur ses actions et ses politiques, M. Baquet était sans équivoque : «On doit faire les deux».
Selon lui, les médias doivent rapporter ses messages et dire si les faits sont faux, et creuser et analyser l'impact de ses politiques.
Évidemment, tout ne nécessite pas une couverture, comme les messages Twitter frivoles du président, par exemple, sur un film qu'il a aimé. Mais lorsqu'il accuse son prédécesseur Barack Obama d'avoir mis sous écoute ses lignes téléphoniques, c'est une histoire incontournable qui doit être couverte, tranche sans hésiter M. Baquet.
Le défi est de taille dans un environnement hostile aux médias, exacerbé de plus par un contexte économique difficile. Pour l'affronter, le New York Times a pris le taureau par les cornes notamment avec l'embauche de nombreux nouveaux journalistes. «On se prépare pour l'histoire d'une génération», a-t-il lancé devant son audience.
Est-ce que Donald Trump sera évincé de son bureau avant la fin de son mandat? «Je n'en ai aucune idée, a répondu le rédacteur en chef du NYT. Mais nous devons le couvrir en présumant que cela ne va pas arriver.»
M. Baquet a mentionné que les abonnements à son quotidien sont en hausse depuis l'élection, comme c'est le cas pour d'autres médias.

Écoute électronique: McCain réclame des preuves à Trump

John McCain a affirmé que l'actuel président avait l'obligation de se rétracter ou fournir des preuves que son prédécesseur avait violé la loi.
Le sénateur de l'Arizona John McCain a demandé lui aussi au président Donald Trump de fournir de preuves qu'il a été placé sous écoute par l'administration Obama ou de se rétracter, dimanche.
«Le président a le choix : il se rétracte ou il fournit les renseignements que le peuple américain est en droit d'obtenir, car si son prédécesseur a violé la loi, si le président Obama a violé la loi, nous aurons un sérieux problème, à tout le moins», a déclaré M. McCain.
Selon l'élu républicain, tout ce qu'a à faire le président pour régler rapidement cette affaire est d'appeler le «directeur de la CIA, le directeur du renseignement national et de lui demander : "Bon, que s'est-il passé?"».
Il a ajouté que l'actuel président avait l'obligation de se rétracter ou fournir des preuves que son prédécesseur avait violé la loi.
«Si on accuse un ancien président des États-Unis d'avoir fait quelque chose, non seulement d'illégal, mais aussi sans précédent, cela doit être prouvé. Je laisserai le peuple américain être le seul juge, mais ça, c'est du sérieux», a-t-il dit sur les ondes de CNN.
La veille, c'était le comité du renseignement de la Chambre des représentants qui avait réclamé que la Maison-Blanche lui remette des preuves dès lundi. Le président du comité, un élu républicain de la Californie, Devin Nunes, et son collègue démocrate Adam Schiff, avaient envoyé une lettre au ministère de la Justice en ce sens, a indiqué une source du Congrès, samedi.
M. Schiff a dit douter de l'existence de telles preuves, mais la question sera posée au directeur du FBI James Comey et à tous ceux qui «étaient en position de le savoir».
«Je pense que nous serons la vérité au plus tard le 20 mars, a déclaré M. Schiff à l'animateur George Stephanopoulos de l'émission This Week diffusée sur ABC. Personne n'a de doute à ce sujet. En fait, la seule question est de savoir pourquoi le président invente une telle histoire.»
La semaine dernière, Donald Trump avait déclenché une tempête en écrivant, sur son compte Twitter, que «Obama avait placé la tour Trump sous écoute» avant la dernière élection. Il a ensuite maintenu ses accusations, mais sans en fournir la preuve.  AP

Biden aurait voulu devenir le président qui mettrait fin au cancer

C'est avec un message d'espoir, mais aussi un appel à l'action, que Joe Biden s'est présenté devant la foule au festival d'innovation et de technologie South By South West, à Austin, au Texas, dimanche, pour présenter son initiative de lutte contre le cancer.
Lorsque l'ancien vice-président des États-Unis, Joe Biden, a renoncé à se présenter comme candidat à l'investiture démocrate à l'automne 2015, il a immédiatement eu un regret : il ne deviendrait jamais le président qui réussirait à mettre fin au cancer, tel qu'on le connaît.
Il venait alors de perdre son fils aîné Beau, mort d'un cancer au cerveau à l'âge de 46 ans, et il savait qu'il n'avait pas le coeur ni l'énergie nécessaires pour se lancer dans l'exigeante course. Sa lourde perte lui a toutefois donné une mission : la lutte contre le cancer, mission immédiatement appuyée par son ami Barack Obama.
C'est avec un message d'espoir, mais aussi un appel à l'action, qu'il s'est présenté devant la foule au festival d'innovation et de technologie South By South West, à Austin, au Texas, dimanche, pour présenter son initiative de lutte contre le cancer.
«Pourquoi (suis-je venu à) South By South West? Parce que certains des esprits les plus innovateurs sont actuellement devant moi», a-t-il lancé, ajoutant qu'il aimerait bien que ces créateurs mettent leur intelligence au profit de sa cause et non «seulement pour des trucs amusants».
«Votre génération pourrait devenir la première à connaître le cancer comme une maladie évitable et traitable et non comme une condamnation à mort», croit-il.
Selon l'ancien vice-président, la science et la technologie ont atteint un tournant et la solution est près, mais il estime qu'une plus grande collaboration entre les spécialistes des différentes disciplines est requise, qu'il faut mettre en commun les données récoltées auprès des patients à travers le monde et qu'une meilleure gestion des études cliniques est nécessaire.
Il entretient également l'espoir que la nouvelle administration sera aussi déterminée et enthousiaste dans sa lutte contre le cancer, «le dernier enjeu bipartisan qui existe toujours au pays». Avec émotion dans la voix, il a d'ailleurs rappelé que le leader des républicains au Sénat, Mitch McConnell, avait voté pour renommer un projet de loi visant à accélérer la recherche contre le cancer en l'honneur de Beau Biden.
«Le noyau des républicains, des démocrates, du Congrès, est formé de gens biens, décents, honorables. Je suis confiant», a-t-il soutenu.  La Presse canadienne