Trump et Kim Jong Un, une relation ponctuée de joutes verbales

WASHINGTON — Donald Trump traité de «gâteux» par Kim Jong Un, qui lui-même a été affublé du sobriquet «petit homme fusée» par le président américain. Voici un rappel des noms d’oiseaux et autres escalades verbales entre MM. Trump et Kim avant leur rencontre historique prévue d’ici fin mai.
  • Qui a le plus gros bouton?

Durant son discours du Nouvel an 2018, Kim Jong Un s’était fait menaçant en déclarant que le «bouton nucléaire» se trouvait sur son bureau. Il y avait néanmoins aussi exprimé un intérêt pour le dialogue.

Furieux, Donald Trump s’était alors rapidement fendu d’un tweet: «Le leader nord-coréen Kim Jong Un vient d’affirmer que le bouton nucléaire est sur son bureau en permanence [...] informez-le que moi aussi j’ai un bouton nucléaire, mais il est beaucoup plus gros et plus puissant que le sien, et il fonctionne!»

Le journal du parti unique au pouvoir en Corée du Nord, Rodong Sinmun, avait balayé d’un revers de main les propos du milliardaire américain, les qualifiant de «fanfaronnades». Il ne s’agit que du «spasme d’un dément» effrayé par la puissance de Pyongyang et de «l’aboiement d’un chien enragé», avait-il ajouté.

  • Petit homme fusée contre gâteux

Le 17 septembre 2017, Donald Trump rapportait dans un tweet qu’il s’était entretenu avec son homologue sud-coréen Moon Jae-in.

«Je lui ai demandé comment va l’homme fusée», avait écrit le président américain, en référence à Kim Jong Un et au programme balistique de la Corée du Nord.

Le dirigeant américain a ensuite repris plusieurs fois ce surnom de «petit homme fusée», notamment devant l’Assemblée générale des Nations unies le 19 septembre 2017, où il avait déclaré que Kim Jong Un était embarqué dans «une mission-suicide, pour lui-même et pour son régime» et avait menacé la Corée du Nord de «destruction totale».

«Je disciplinerai par le feu le gâteux américain mentalement dérangé», avait répondu deux jours plus tard le dirigeant nord-coréen, cité par l’agence officielle nord-coréenne KCNA.

  • Chiot malade

Juste après un tir de missile intercontinental du régime nord-coréen fin novembre 2017, M. Trump qualifie le leader nord-coréen de «chiot malade», lors d’un déplacement dans le Missouri.

  • Un fou avec des armes nucléaires

«Nous ne pouvons pas laisser un fou avec des armes nucléaires en liberté comme ça», a dit le président américain le 29 avril 2017 lors d’une conversation téléphonique avec son homologue philippin Rodrigo Duterte, selon le Washington Post.

Mais dès le lendemain, lors d’un entretien à CBS, il se montrait plutôt élogieux à l’égard de Kim Jong Un, qu’il qualifiait de «petit malin».

«Les gens se demandent s’il est sain d’esprit. Je n’en sais rien. Ce que je peux vous dire — et plein de gens n’aiment pas que je le dise — c’est qu’il a succédé à son père à l’âge de 26 ou 27 ans. Il a affaire à des personnes évidemment coriaces, en particulier les généraux et d’autres. Et, très jeune, il est parvenu à assumer le pouvoir», avait-il relevé.

«Beaucoup de gens, j’en suis convaincu, ont essayé de lui prendre ce pouvoir, que ce soit son oncle ou d’autres. Et il a néanmoins réussi [à se maintenir en poste]. Donc, évidemment, c’est un petit malin», avait-il poursuivi.

  • Honoré de rencontrer Kim

Le langage entre les deux hommes n’a pas toujours été des plus violents. Le 1er mai 2017, Donald Trump affirmait ainsi: «Si les conditions étaient réunies pour que je rencontre [Kim Jong Un], je le ferais, absolument. Je serais honoré de le faire».

Cette hypothèse avait déjà été émise durant sa campagne électorale. Et ce devrait être chose faite «d’ici mai», a annoncé Chung Eui-yong, conseiller national sud-coréen à la Sécurité, lors d’une déclaration jeudi devant la Maison-Blanche.

Le lieu et les modalités de cette rencontre historique restent à déterminer.