Donald Trump et James Comey

Trump dit qu'il n'a pas enregistré ses conversations avec Comey

Le président américain Donald Trump a dit sur Twitter jeudi qu'il n'a pas enregistré et qu'il ne possède pas d'enregistrements de ses conversations avec l'ancien patron de la police fédérale américaine, James Comey.
«Avec toutes les informations rapportées récemment sur la surveillance électronique, les interceptions, le déchiffrement et la divulgation illégale d'information», M. Trump affirme qu'il n'«a aucune idée» s'il existe des enregistrements des conversations entre les deux hommes. Mais il a déclaré qu'il «n'a pas fait, et ne possède pas, de tels enregistrements».
Ces messages sur Twitter s'inscrivent dans le mystère quant à l'existence, ou non, d'enregistrements des conversations privées entre MM. Trump et Comey, à la Maison-Blanche et par téléphone. Le président a laissé entendre par le passé qu'il pourrait avoir enregistré ces conversations.
Tout a commencé le mois dernier, quelques jours après que Donald Trump eut congédié James Comey, qui était alors à la tête d'une enquête sur les contacts qu'auraient eus des membres de la campagne de Donald Trump avec des membres du gouvernement russe, avant et après l'élection.
M. Trump a remis en question le récit qu'a fait James Comey d'un dîner, en janvier, lors duquel le président lui aurait demandé de lui être loyal.
Le président a répondu par la menace, écrivant sur Twitter que M. Comey «devrait prier pour qu'il n'y ait pas d'enregistrements de nos conversations avant de divulguer de l'information aux médias!»
Ces propos à l'apparence anodins ont eu des conséquences, notamment la nomination d'un procureur spécial qui doit maintenant enquêter sur les gestes de Donald Trump lui-même.
Lors d'une audience devant le Sénat, cette semaine, James Comey a suggéré que les références de Donald Trump à de possibles enregistrements l'avaient convaincu de remettre aux médias, par le biais d'un intermédiaire, une note qu'il avait écrite décrivant une conversation survenue dans le bureau ovale en février. Dans cette rencontre, selon la note, M. Trump a demandé à M. Comey de penser à laisser tomber l'enquête qu'il menait sur l'ancien conseiller à la sécurité nationale, Michael Flynn.
Une semaine plus tard, le département de la Justice nommait Robert Mueller comme procureur spécial pour reprendre l'enquête sur les contacts entre la Russie et la campagne Trump.
Les messages publiés par Donald Trump sur Twitter, jeudi, soulèvent des questions quant aux raisons qui auraient poussé le président à mettre en jeu sa réputation et son capital politique pour dire une fausseté. En vertu d'une loi adoptée après le scandale du Watergate, les enregistrements présidentiels appartiennent à la population et peuvent éventuellement être rendus publics. Leur destruction serait un crime.
Le comité de la Chambre des représentants qui enquête sur une possible ingérence de la Russie dans la dernière élection présidentielle a demandé à la Maison-Blanche de lui remettre d'éventuels enregistrements avant vendredi.