Donald Trump
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Trump coupe les ponts avec l'OMS, New York annonce un déconfinement partiel

AFP
Agence France-Presse
WASHINGTON — Donald Trump a mis à exécution sa menace de couper les ponts avec l'Organisation mondiale de la santé (OMS), qu'il accuse de complaisance envers Pékin, au moment où la ville de New York, très affectée par la COVID-19, se prépare à reprendre une partie de ses activités.

Le président américain a annoncé vendredi «mettre fin à la relation» entre son pays et l'OMS, qu'il accuse depuis le début de la pandémie de se montrer trop indulgente avec la Chine, où le coronavirus est apparu en décembre avant de se répandre sur la planète.

Les États-Unis, qui sont traditionnellement les premiers bailleurs de fonds de l'agence onusienne, vont «rediriger ces fonds vers d'autres besoins de santé publique urgents et mondiaux qui le méritent», a-t-il déclaré à la presse.

Cette annonce survient alors que la pandémie continue de faire des ravages aux États-Unis, en Amérique latine et en Russie, de plomber l'économie mondiale, et menace de reprendre de l'élan en Corée du Sud.

Encouragée par un reflux de l'épidémie, l'Europe continue de son côté d'ouvrir ses frontières et de relâcher les restrictions mises en place.

La pandémie a fait au moins 362 028 morts dans le monde depuis son apparition en décembre en Chine, selon un bilan établi par l'AFP à partir de sources officielles vendredi à 19h00 GMT.

Plus de 5 862 890 cas ont été diagnostiqués dans 196 pays et territoires.

Les États-Unis sont le pays le plus touché tant en nombre de morts que de cas, avec 102 201 décès pour 1 731 035 cas. Suivent le Royaume-Uni avec 38 161 morts, l'Italie (33 229), la France (28 714) et le Brésil (27 878), passé vendredi en cinquième position de ce triste classement, devant l'Espagne (27 121).

Le Brésil a connu vendredi une nouvelle journée à plus de mille décès (1 124), sachant que les chiffres réels du géant sud-américain sont vraisemblablement quinze fois pires, selon des scientifiques.

New York, objectif 8 juin 

Le gouverneur de l'État de New York, Andrew Cuomo, a annoncé vendredi qu'il prévoyait une levée partielle du confinement pour la ville de New York la semaine du 8 juin, à condition que les indicateurs de santé publique soient satisfaisants.

Cet assouplissement ne concernerait dans un premier temps qu'une partie de l'économie, principalement le bâtiment et l'activité manufacturière. New York est, de très loin, la ville la plus touchée au monde par le coronavirus, qui y a tué plus de 21 000 personnes.

La Russie pour sa part a enregistré un nouveau record quotidien de décès (232), portant le total à 4 374 morts et à 387 623 cas, ce qui en fait le troisième pays au monde le plus touché pour le nombre de contaminations derrière les États-Unis et le Brésil. Selon les données publiées vendredi, la progression de l'épidémie semble néanmoins stabilisée, avec 8 572 nouveaux cas en 24 heures, un niveau stable depuis une dizaine de jours.

L'Europe, durement frappée avec plus de 176 000 décès et 2,1 millions de cas, continue son déconfinement, après avoir vu ralentir la propagation du virus.

Le Danemark a annoncé vendredi qu'il rouvrirait le 15 juin ses frontières aux ressortissants allemands, norvégiens et islandais.

La Grèce va ouvrir ses aéroports d'Athènes et de Thessalonique (nord) aux touristes venant de 29 pays à partir du 15 juin, début de la saison touristique.

Mais les frontières extérieures de l'Union européenne restent fermées. Et ses frontières intérieures rouvrent dans le désordre, contrariant notamment certains couples. «C'est vraiment dur de ne pouvoir ressentir physiquement aucune intimité, même pouvoir simplement s'embrasser», confie à l'AFP Melinda Schneider, une Canadienne de 26 ans qui n'a pas vu son ami danois depuis plus de quatre mois.

L'Europe se remet au foot 

La Turquie rouvre partiellement ses mosquées vendredi et l'Autriche, avec moult précautions, ses hôtels et infrastructures touristiques. À Vienne, les hôtels d'habitude prisés entre mars et juin par des voyageurs d'affaires s'attendent à un remplissage de seulement 5 à 10% en juin, largement sous le seuil de rentabilité de 77%, selon la chambre de commerce de la capitale.

Écoles et commerces britanniques pourront rouvrir à partir de lundi mais il faudra attendre le 8 juin pour les cabinets dentaires. En attendant, certains achètent du matériel sur Internet pour soigner leurs dents: «c'est facile à utiliser et ça ne fait pas trop peur», dit Susie à Salisbury (Sud).

Musées, parcs, cafés et restaurants français rouvriront mardi - seulement en terrasse à Paris -, et ce sera aussi la fin de l'interdiction d'aller à plus de 100 km de chez soi. Le grand magasin parisien des Galeries Lafayette rouvre dès samedi, avec masques et distances de sécurité de rigueur.

Le coronavirus dégrade aussi l'économie. En Italie et en France -qui entre en récession-, le produit intérieur brut (PIB) chute de 5,3% au premier trimestre par rapport au précédent, et de 2,9% en Autriche.

L'économie canadienne s'est contractée de 8,2% en rythme annuel au premier trimestre, la chute la plus brutale depuis début 2009.

L'économie indienne a connu, pour le trimestre de janvier à mars, sa croissance la plus faible depuis 20 ans, tandis que le PIB du Brésil a reculé de 1,5% au premier trimestre par rapport aux trois derniers mois de 2019, selon des chiffres officiels rendus publics vendredi.

En Espagne, la crise a aggravé la pauvreté, poussant le gouvernement à approuver vendredi la création d'un revenu minimum vital.

L'Europe se remet à jouer au football, sauf la France. Après l'Allemagne mi-mai et l'Espagne, l'Angleterre et l'Italie ont annoncé à leur tour jeudi la reprise en juin de leurs championnats. Pour la Premier League, le plus suivi au monde, ce sera le 17 juin, peu après la Liga espagnole (semaine du 8 juin) et juste avant l'Italie (20 juin).

Propagation rapide sur le continent américain 

Sur le continent américain, le virus se propage toujours rapidement. Les États-Unis restent de loin le pays le plus touché en nombre de cas (1,73 million) comme de décès (102 201, dont 1 297 jeudi).

La capitale Washington, relativement épargnée, amorce vendredi la levée de restrictions. Le même jour, les restaurants et salons de coiffure de Los Angeles, principal foyer de COVID-19 en Californie, ont été autorisés à rouvrir à condition de mettre en oeuvre des mesures sanitaires.

L'épidémie ne faiblit pas en Amérique du Sud, comme au Chili, où le nombre de morts atteint 944 et les contaminations 90.638, selon les derniers chiffres officiels de jeudi.

En 24 heures, 3 695 cas de coronavirus ont été enregistrés dans le pays sud-américain de 18 millions d'habitants, et 54 personnes sont mortes de la maladie, un nouveau record.

Au Proche-Orient, l'Iran qui a assoupli ses restrictions depuis mi-avril, affiche la plus forte hausse quotidienne des cas en près de deux mois (2 819 pour un total de 146 668).

Lueur d'espoir 

La Corée du Sud, souvent citée en exemple pour avoir jugulé la maladie, a rétabli des restrictions alors qu'elle commençait à retrouver une vie normale.

Après une flambée de cas jeudi, parcs et musées sont fermés pour deux semaines et le nombre d'élèves accueillis à Séoul est réduit.

Sur le front médical, un médicament, l'anakinra, initialement destiné à des maladies rhumatismales, donne des résultats «encourageants» pour les formes graves de la COVID-19 en réduisant le risque de décès et le besoin d'être mis sous respirateur en réanimation, selon une étude française qui offre une lueur d'espoir.