Le président Donald Trump et la Première dame Melania Trump se sont rendus au Texas.

Trump constate les dommages au Texas

Donald Trump s'est rendu mardi dans les régions du Texas sinistrées par la tempête Harvey où, drapeau de l'État en main, il a mis en avant la coopération entre autorités fédérales et locales face à la catastrophe d'ampleur historique.
Casquette «USA» vissée sur le crâne, le président américain a salué, depuis la ville de Corpus Christi, la coordination de l'action d'urgence menée par son gouvernement et le grand État du Sud, face à la montée des eaux qui a selon lui «pris une dimension épique».
«Dans cinq ou dix ans, on veut pouvoir entendre dire qu'on a agi comme il le fallait», a-t-il déclaré, en vantant l'esprit «d'équipe» régnant sur les opérations de sauvetage en cours, mais sans jamais mentionner le sort des victimes ou des personnes déplacées.
Le président doit revenir au Texas samedi. «Nous irons dans une autre partie de l'État, pour voir des zones où nous n'avons pas pu nous rendre aujourd'hui», a déclaré Sarah Sanders, la porte-parole de la Maison-Blanche à bord de l'avion présidentiel en route pour la capitale.
À cette occasion, le président devrait rencontrer des personnes évacuées. «Une des priorités du président était de s'assurer que son voyage ne gênerait pas les opérations de sauvetage» en cours, a rappelé Mme Sanders, pour expliquer pourquoi le président n'avait pas rencontré de victimes de la tempête.
Selon les autorités, la tempête, qui menace à présent la Louisiane voisine, a directement ou indirectement causé la mort d'au moins dix personnes. Houston, la métropole au coeur de la catastrophe, demeure sous la menace constante de la montée des eaux.
La dernière victime décédée confirmée est un policier de Houston qui s'est noyé dimanche en tentant de rallier son lieu de travail.
«Nous sommes encore largement dans la phase de réponse d'urgence, où préserver des vies et assurer la sécurité des habitants est une priorité», a souligné un haut responsable de l'Agence fédérale des situations d'urgence (FEMA).
En témoignait l'ordre d'évacuation d'urgence émis par le comté de Brazoria, au sud de Houston, en raison de brèches apparues dans une digue. «La digue de Columbia Lakes a été percée!!» ont annoncé les édiles locaux sur leur compte Twitter. «Partez immédiatement!!».
Une sculpture est presque submergée par l'eau.
«Quelle foule!»
Lors d'un bref arrêt devant une caserne de pompiers de Corpus Christi, le président américain s'est emparé d'un micro avant de s'adresser à la foule : «Nous vous aimons, nous sommes ici pour nous occuper de vous!».
«Quelle foule!», a-t-il ajouté de manière surprenante, comme s'il s'agissait d'un rassemblement politique.
Si la plupart des personnes présentes étaient des soutiens, quelques voix discordantes se faisaient entendre : «Menteur, tricheur, raciste», pouvait-on lire sur l'une des pancartes brandies dans la foule.
Le président était accompagné de la Première dame Melania Trump, qui avait été raillée plus tôt sur les réseaux sociaux, en embarquant vers la région inondée avec des talons aiguilles et des lunettes de soleil d'aviateur, malgré le temps pluvieux. Mme Trump a finalement troqué ses escarpins pour des chaussures de sport.
«Je souhaite pouvoir offrir mon aide et mon soutien de la façon la plus efficace possible, pas seulement par mes mots, mais aussi par mes actes», a dit plus tard Mme Trump, sans préciser ce qu'elle comptait faire exactement.
M. Trump, qui s'est ensuite rendu à Austin, la capitale du Texas, a averti que les opérations de remise en état des zones touchées allaient être longues.
Certains des sinistrés ont confié leur satisfaction de voir le président Trump présent dans leur État, qui vote républicain.
«Nous sommes des admirateurs de Trump. J'ai confiance dans le fait qu'il va s'occuper de nous, il l'a dit alors je suis sûre qu'il va le faire», déclarait Darla Fitzgerald, une infirmière de 58 ans hébergée dans un centre d'accueil de la Croix-Rouge.
Une famille se prépare à dormir au Centre des Congrès de Houston.
Encore de la pluie...
Houston est la quatrième ville du pays avec 2,3 millions d'habitants et son agglomération compte plus de 6 millions d'habitants. Et le pic des inondations ne devrait être atteint que mercredi ou jeudi.
Le coeur de la tempête doit remonter vers le nord-est mercredi, frappant le sud-ouest de la Louisiane où M. Trump a déclaré lundi l'état d'urgence.
De nombreuses familles restent bloquées ou s'entassent dans des abris. Routes et autoroutes sont inondées, comme de nombreuses maisons, avec des lignes électriques coupées. La Croix-Rouge américaine a indiqué mardi matin avoir pris en charge dans la nuit de lundi à mardi plus de 17 000 personnes.
L'agence fédérale des situations d'urgence (Fema) a de son côté confié s'attendre à devoir abriter 30 000 personnes dans des centres d'accueil temporaires.
Jusqu'à 450 000 personnes pourraient avoir besoin d'aide d'urgence, selon le directeur de la Fema.
La Nouvelle-Orléans sur ses gardes
Les douloureux souvenirs de l'ouragan Katrina étaient ravivés lors de son douzième anniversaire, mardi à La Nouvelle-Orléans, par la pluie battante apportée par Harvey et les pannes à répétition des pompes qui protègent la ville des inondations.
Harvey doit revenir à terre une seconde fois et frapper cette fois une partie de la Louisiane un peu plus à l'Est.
Plus de quinze centimètres de pluie sont tombés sur La Nouvelle-Orléans, dont une bonne partie se trouve sous le niveau de la mer, protégée par des digues et surtout un réseau de 120 pompes qui doivent permettre de vider la ville.
Pour l'instant la capitale américaine du jazz est à sec. Sept à dix centimètres de pluie sont encore attendus durant la nuit.
Le maire Mitch Landrieu a apporté des bonnes nouvelles : la ville sera épargnée par le pire. «Les prévisions météo se sont un peu améliorées pour nous», a-t-il affirmé au cours d'une conférence de presse demandant que les écoles et les bâtiments publics, fermés mardi, rouvrent mercredi.
Mauvais souvenirs
Le 29 août 2005, ce sont les digues qui ont cédé sous la hausse brutale du niveau de la mer. Les vents violents de Katrina, qui passait une deuxième fois à proximité, ont formé un mur d'eau de 8 mètres de haut. La Nouvelle-Orléans s'est retrouvée noyée en quelques heures.
Katrina, qui a fait plus de 1800 morts et 108 milliards de dégâts, a hanté l'Amérique, avec ses images de milliers de personnes bloquées pendant des jours entiers, sans aide aucune, sur leur toit ou dans le stade couvert transformé en un rien de temps en un gigantesque taudis où régnait la violence.
«Les images de ceux qui ont été coincés et dont les histoires de survie sont gravées dans nos âmes pour toujours et nous reviennent avec le déluge d'images de Houston», a souligné M. Landrieu.
Le maire avait encouragé ses administrés à rester chez eux. Nombre d'entre eux ont commencé à remplir des sacs de sable depuis longtemps.
La nouvelle lundi que le moteur de l'une des pompes les plus importantes pour protéger la ville des flots avait pris feu a inquiété la population, d'autant que cette station de pompage avait été réparée ces dernières semaines, affirme la radio publique locale WWNO.
D'autant que des inondations dans la ville en début de mois ont révélé que le système de pompage de la ville présentait des problèmes de maintenance et des fragilités dans son infrastructure. L'état d'urgence avait été déclaré pour remettre le système de drainage à niveau le 10 août.
Néanmoins, selon le journal local le Times-Picayune, le réseau de pompes de la ville était à 92 % de sa capacité optimale.
La Garde Nationale a prépositionné 400 militaires, et La Nouvelle-Orléans a préparé 40 bateaux et 20 camions à haut débattement, pour se déplacer dans les zones inondées, en guise de préparation au prochain assaut de Harvey.
Un couvre-feu
Un couvre-feu a été décrété mardi soir à Houston pour éviter les pillages dans les milliers d'habitations abandonnées après le passage de la tempête Harvey. Le couvre-feu entre en vigueur mardi soir à partir de minuit, et sera levé à 5h00 locales. «J'impose un couvre-feu pour empêcher toute atteinte aux biens dans les maisons évacuées dans les limites de la ville», a tweeté Sylvester Turner. «On a des milliers de personnes réfugiées dans les abris qui ont quitté leur maison», a-t-il développé en conférence de presse. «Il y a eu des pillages... Nous avons eu à faire à des voleurs armés qui faisaient le tour hier pour dévaliser notre communauté et la victimiser une nouvelle fois», a pour sa part expliqué le chef de la police, Art Acevedo.
Beaucoup d'argent
Les coûts des dégâts provoqués par la tempête Harvey, qui a frappé le Texas et menace la Louisiane, pourraient compter parmi les cinq plus élevés jamais enregistrés aux États-Unis, et atteindre 42 milliards $, selon des modélisations. Avec ce total, Harvey se hisserait au niveau des ouragans Ike, qui avait frappé le Texas et une partie des Antilles et des Caraïbes en 2008 (43 milliards), et Wilma, qui avait dévasté le nord des États-Unis en 2005 (38 milliards). Le plus coûteux, selon Chuck Watson, est jusqu'à présent Katrina (118 milliards de dollars) en 2005.
Pluies records
Des personnes marchent sur Pine Cliff Drive à Houston.
L'immense quantité de pluie déversée sur le Texas par la tempête Harvey a battu le record de précipitations dans cet état du sud américain et vraisemblablement dans l'ensemble des États-Unis, ont annoncé mardi les autorités météorologiques. «Le record de précipitations totales pour un système cyclonique a été DÉPASSÉ!» a tweeté le National Weather Service de Houston. Ces données s'appuient sur les relevés d'un pluviomètre situé au sud-est de Houston, selon le centre national des ouragans. La jauge de «Mary's Creek sur Winding Road a enregistré 125,27 centimètres à 9h00 locales», a indiqué ce centre météorologique. «Ce total est supérieur au record précédent de 121,9 centimètres établi lors du cyclone tropical Amelia de 1978 à Medina, au Texas», a-t-il ajouté. Le porte-parole du Centre national des ouragans, Dennis Feltgen, a précisé que ce record est sans doute valable également pour l'ensemble des États-Unis continentaux.