Après son discours d’une dizaine de minutes à la Maison-Blanche, mardi, Donald Trump a signé une note présidentielle pour signifier son intention de rétablir les sanctions imposées au régime iranien.

Trump claque la porte de l'accord nucléaire iranien

WASHINGTON — Le président américain Donald Trump a mis ses menaces à exécution, mardi, en annonçant que les États-Unis allaient se retirer de l’entente sur le nucléaire iranien, conclue en 2015 avec les puissances européennes, la Russie et la Chine.

«Nous ne pouvons empêcher une bombe nucléaire iranienne avec la structure pourrie de l’accord actuel. L’entente avec l’Iran est défaillante dans son essence même», a déclaré le président lors d’un discours d’une dizaine de minutes à la Maison-Blanche.

M. Trump a justifié sa décision par le fait que cet «accord désastreux» n’empêchait pas l’Iran de développer son programme nucléaire et de financer des organisations terroristes au Moyen-Orient.

«Cet accord a été si mal négocié que même si l’Iran le respecte complètement, le régime peut malgré tout être sur le bord d’une percée nucléaire en une courte période de temps», a-t-il déclaré.

M. Trump croit que si les États-Unis restaient dans l’accord, il y aurait une course à l’armement nucléaire au Moyen-Orient.

Le président américain a d’ailleurs évoqué les documents exposés la semaine dernière par le gouvernement israélien, selon lesquels l’Iran aurait tenté de mettre au point la bombe nucléaire avant de signer l’accord de 2015.

Israël ne disposait pas de preuve pour démontrer que l’accord aurait été violé, depuis. Mais selon Israël, cela prouve que l’Iran n’est pas digne de confiance, car ses dirigeants ont toujours nié avoir l’intention de construire une telle bombe.

L’ancien secrétaire d’État John Kerry qui, selon certains médias, travaillait en coulisses pour sauver l’accord s’est désolé de cette décision «qui affaiblit et isole» les États-Unis. 

L’accord sur le nucléaire iranien a été conclu en juillet 2015 sous l’ancienne administration de Barack Obama. Il prévoyait la levée de sanctions contre l’Iran qui, en retour, s’est engagé à freiner ses ambitions nucléaires. Les puissances européennes ont tenté dans les derniers mois de convaincre Donald Trump de rester dans l’accord, en vain.

Après son discours d’une dizaine de minutes à la Maison-Blanche, M. Trump a d’ailleurs signé une note présidentielle pour signifier son intention de rétablir les sanctions imposées au régime iranien. «L’avenir de l’Iran appartient à son peuple. [Les citoyens] sont les héritiers légitimes d’une culture riche et d’une terre antique. Ils méritent un pays qui rend justice à leurs rêves», a-t-il déclaré.

«Les dirigeants de l’Iran vont naturellement dire qu’ils refusent de négocier une nouvelle entente. Et c’est correct, je dirais la même chose si j’étais à leur place. Mais le fait est qu’ils vont vouloir conclure un nouvel accord à long terme, qui bénéficiera à l’Iran et au peuple iranien», a-t-il ajouté.