Le président américain, Donald Trump, s'est rendu chez le constructeur Boeing à Charleston, en Caroline du Nord, pour tenter de dissiper le chaos entourant les divers scandales émanant de la Maison-Blanche depuis son entrée en poste. Il en a profité pour rappeler ses politiques protectionnistes.

Trump «célèbre» les emplois américains

Donald Trump a «célébré» vendredi dans une usine Boeing les emplois américains - un thème qui l'a fait élire - pour chercher à dissiper l'impression de chaos qui a marqué son premier mois à la Maison-Blanche.
«Nous sommes ici aujourd'hui pour célébrer l'ingénierie américaine et la fabrication américaine. Et aussi [...] pour célébrer les emplois», a lancé tout sourire le président américain devant une foule enthousiaste, scandant «USA, USA» dans un immense hangar du constructeur aéronautique.
«Que Dieu bénisse l'Amérique et que Dieu bénisse Boeing», a-t-il conclu, aussi à l'aise qu'il l'était dans ses rencontres de campagne. Et il a martelé les mêmes thèmes : sanctions contre les entreprises qui délocaliseraient des emplois à l'étranger et promesse de baisses d'impôts.
L'enthousiasme de son discours à Charleston, en Caroline du Nord, contrastait avec sa colère et le ton accusateur adopté la veille lors d'une conférence de presse très atypique à la Maison-Blanche pour y défendre sa jeune présidence.
Il faut dire que ses débuts à la Maison-Blanche ont été particulièrement agités : des millions de personnes dans les rues au lendemain de son investiture, le blocage par la justice de son emblématique décret limitant l'immigration, et des révélations sur des contacts entre des proches et de hauts responsables russes, qui ont forcé à la démission son conseiller à la sécurité nationale, Michael Flynn. 
Dernière déconvenue en date, Donald Trump n'a pas obtenu le remplaçant qu'il voulait à ce poste stratégique. Sollicité, l'ex-vice-amiral Robert Harward n'a pas donné suite.
Tentant de faire oublier ces déboires, Donald Trump a laissé entendre sur Twitter vendredi qu'il pourrait nommer le général Keith Kellogg, qui assure actuellement l'intérim à ce poste, et a évoqué trois autres candidats.
Lors de sa conférence de presse, il a démenti avec force toute collusion avec la Russie de Vladimir Poutine, avec qui il veut se rapprocher, et s'en est pris tour à tour à la presse, à la justice ou aux démocrates, accusés de saper ses efforts, voire de «fabriquer» l'affaire russe.
La nouvelle administration fonctionne «comme une machine bien réglée», avait assuré le président républicain, contre toute évidence.
Après deux revers judiciaires sur son décret migratoire, M. Trump a aussi annoncé qu'il n'interjetterait pas appel mais publierait la semaine prochaine un nouveau texte.
Made in america
À Charleston vendredi, le président a célébré le «made in America», choisissant de visiter une usine de l'avionneur Boeing dont les employés viennent de refuser de se syndiquer et fabrique le dernier-né du constructeur aéronautique, la version allongée du long-courrier 787-10, Dreamliner. Boeing emploie en Caroline du Nord 7500 personnes et génère indirectement pour la région quelque 100 000 autres.
«C'est notre mantra : acheter américain et embaucher américain», a lancé le président sous les applaudissements. «Nous voulons des produits fabriqués en Amérique, fabriqués par des mains américaines.»
De fait nombre de composants du Dreamliner sont fabriqués en Europe ou au Japon et importés.
Donald Trump a multiplié depuis son arrivée à la Maison-Blanche les annonces sur les emplois aux côtés des pdg. Le groupe américain de conseil et de services informatiques Accenture a ainsi dit vendredi vouloir créer «15 000 nouveaux emplois hautement qualifiés» aux États-Unis d'ici la fin 2020.
Des promesses qui galvanisent chaque jour la Bourse américaine.
Alors que certains de ses partisans s'inquiètent de son ton combatif, le dirigeant américain a prévu de participer à une réunion en Floride samedi, une forme d'expression qu'il apprécie tout particulièrement.