Au côté de son homologue sud-coréen Moon Jae-in, le président américain a réaffirmé qu’il était prêt à utiliser la pleine puissance de l’armée américaine pour empêcher la Corée du Nord d’atteindre ses objectifs nucléaire et balistique.

Trump à la Corée du Nord: «le temps de la force est venu»

SÉOUL — Le président américain Donald Trump a adressé mercredi à Séoul un avertissement à la «dictature cruelle» de Pyongyang, en l’appelant à ne jamais «sous-estimer» la détermination des États-Unis et de ses alliés.

«Toutes les nations responsables doivent unir leurs forces pour isoler le régime brutal de la Corée du Nord», a-t-il lancé à la tribune de l’Assemblée nationale sud-coréenne.

«Vous ne pouvez pas soutenir, vous ne pouvez pas approvisionner, vous ne pouvez pas accepter», a-t-il ajouté en citant la Chine et la Russie, deux alliés traditionnels de Pyongyang.

«Ne nous sous-estimez pas, ne nous mettez pas à l’épreuve», a dit M. Trump à l’adresse de la Corée du Nord, devant la représentation nationale sud-coréenne. «Nous défendrons notre sécurité commune, notre prospérité commune et notre liberté sacrée.

«Le temps de la force est venu», a claironné le président américain, dans un discours particulièrement incisif contrastant avec le ton plus mesuré adopté la veille.

M. Trump a entamé mardi sa première visite officielle en Corée du Sud, après des mois de dégradation continue du climat sur la péninsule divisée.

En cause, l’intensification des programmes militaires de Pyongyang, qui a réalisé en septembre son sixième essai nucléaire — le plus puissant à ce jour — et testé plusieurs missiles potentiellement susceptibles d’atteindre le territoire américain.

Dictature cruelle

«Nous ne laisserons pas les villes américaines être menacées de destruction», a-t-il averti mercredi. «Loin de garantir l’égalité de ses citoyens, cette dictature cruelle les mesure, les note et les classe en fonction de critères arbitraires liés à leur fidélité à l’État», a aussi dit le président américain.

«Les armes que vous acquérez ne renforcent pas votre sécurité», a-t-il lancé dans ce qu’il a présenté comme un message direct au dirigeant nord-coréen Kim Jong-Un. «Elles exposent votre régime à un grand danger. Malgré tous les crimes que vous avez commis contre Dieu et l’homme, a-t-il poursuivi, nous allons offrir un chemin vers un avenir bien meilleur.»

Le président américain avait mardi fait état de «beaucoup de progrès» sur le dossier nucléaire nord-coréen, sans toutefois donner de précisions. Mais il avait aussi affirmé que son homologue chinois Xi Jinping — qu’il ira rencontrer mercredi dans son pays — avait «été vraiment très, très utile».

TRUMP EN CHINE: TWEETERA, TWEETERA PAS?

WASHINGTON — Ce sera un combat de titans : le gazouilleur en chef des États-Unis contre le «grand pare-feu» de Chine.

L’arrivée du président Donald Trump à Pékin mercredi mettra à rude épreuve son engouement pour Twitter.

La Maison-Blanche n’a rien voulu dire de la possibilité pour M. Trump d’utiliser Twitter en Chine ou des mesures qui seront prises pour protéger ses communications dans un pays où la surveillance est omniprésente. Et ce n’est pas seulement une question de cybersécurité : connaissant la tendance au spectacle de leur patron, certains membres de l’entourage présidentiel essaient d’intensifier le suspense sur les réseaux sociaux avant qu’Air Force One ne se pose à Pékin.

Les Chinois n’ont pas accès à Twitter, mais les étrangers peuvent l’utiliser par le biais de services d’itinérance qui se branchent sur leur réseau cellulaire d’origine.

C’est un peu plus compliqué pour le président des États-Unis. Assurer la confidentialité des communications présidentielles nécessite la mobilisation de satellites, d’appareils électroniques sophistiqués et de centaines de personnes sur plusieurs continents.

M. Trump, comme ses prédécesseurs, dispose d’un téléphone cellulaire sécurisé, même s’il l’utilise davantage pour envoyer des gazouillis que pour téléphoner. Il a envoyé des dizaines de micromessages pendant les quatre premiers jours de son périple en Asie. Mis au point conjointement par la National Security Agency et le Secret Service des États-Unis, ce téléphone a une configuration spéciale qui l’empêche d’être piraté.

Mais la situation est différente en Chine : le simple fait de l’allumer dans ce pays représente un risque de sécurité, puisque le réseau cellulaire chinois est probablement entièrement infiltré par les services de sécurité du pays.

La Maison-Blanche a refusé de dire si le président aura son téléphone avec lui en Chine, mais les gazouillis qu’il a envoyés depuis le début de son voyage émanaient d’un iPhone.  AP