Trudeau affiche une timide préférence pour Macron

Sans aller aussi loin que son nouvel envoyé spécial auprès de l'Union européenne, Justin Trudeau a laissé entendre mercredi qu'il espérait l'élection d'Emmanuel Macron comme président de la France.
Le premier ministre, qui avait ignoré une question sur l'élection française avant le premier tour de la présidentielle, a cette fois affirmé à mots couverts qu'il ne souhaitait pas voir Marine Le Pen s'emparer des clés de l'Élysée.
«C'est sûr que moi, je cherche toujours des politiques qui rassemblent les gens, c'est ce sur quoi j'ai fait campagne il y a un an et demi», a-t-il lâché lorsqu'on lui a demandé s'il espérait une défaite de la candidate d'extrême droite du Front national.
«Je cherche toujours des gens qui peuvent rassembler plutôt que diviser», a complété M. Trudeau lors d'une brève mêlée de presse avant la réunion hebdomadaire du caucus libéral.
Autres signaux
Les propos du premier ministre ne sont pas aussi tranchés que ceux tenus la veille par le nouvel ambassadeur du Canada en Allemagne et envoyé spécial auprès de l'UE et en Europe, Stéphane Dion.
«Nous préférons voir à la tête d'un pays-clé comme la France en Europe un président qui croit, comme nous, que l'intégration européenne est un atout pour le monde», a indiqué mardi l'ancien ministre des Affaires étrangères.
Il envoyait ainsi clairement le message qu'il penchait en faveur d'Emmanuel Macron, cet ancien ministre de l'Économie qui défend l'Union européenne tout en reconnaissant que les autorités européennes devaient procéder à certaines réformes.
C'est aussi le signal qu'a envoyé mercredi le chef du Nouveau Parti démocratique, Thomas Mulcair. «Les affres et les dangers que représente Mme Le Pen sont bien documentés», a-t-il indiqué dans le foyer de la Chambre des communes.
Le leader néo-démocrate, qui détient la double citoyenneté française et canadienne, n'est toutefois pas allé jusqu'à dévoiler à côté de quel nom il allait faire une croix au deuxième tour. «Le vote est secret, mais je vous laisse deviner», a-t-il dit aux journalistes.
Emmanuel Macron et Marine Le Pen croiseront le fer mercredi dans le cadre d'un débat qui sera sans doute très suivi dans l'Hexagone et ailleurs dans le monde.
Les Français iront aux urnes dimanche pour décider qui sera le nouvel hôte de l'Élysée pour les cinq prochaines années.
Les sondages donnent le candidat Macron vainqueur de la présidentielle, mais une tendance au rétrécissement de l'écart entre les deux candidats s'est dessinée dans certains sondages au cours des derniers jours.