La sécurité a été renforcée mercredi autour de plusieurs sites névralgiques au Royaume-Uni, dont le palais de Buckingham, le parlement et les bureaux de Scotland Yard.

Trois nouvelles arrestations à Manchester

Les forces de l'ordre britanniques ont arrêté mercredi trois autres suspects en lien avec l'attentat suicide qui a fait 22 morts lundi soir, à Manchester.
Des experts en scène de crime s'affairaient à l'extérieur du Manchester Arena, mercredi.
La sécurité a aussi été renforcée autour de plusieurs sites névralgiques du pays, dont le palais de Buckingham et le parlement.
La ministre de l'Intérieur, Amber Rudd, a dit que le kamikaze - Salman Abedi, un homme d'origine libyenne né au Royaume-Uni - n'a pas agi seul quand il a frappé lors d'un concert d'Ariana Grande. Elle a ajouté qu'il était connu des forces de sécurité «jusqu'à un certain point».
Les responsables examinent maintenant les voyages d'Abedi en Libye pour tenter de deviner ses allégeances et essayer de mettre en échec toute nouvelle menace potentielle.
La police a annoncé l'arrestation mercredi de trois hommes dans le sud de Manchester. Un homme de 23 ans avait été arrêté et plusieurs maisons perquisitionnées dans la même région la veille.
Le Royaume-Uni a rehaussé le niveau de menace terroriste à «critique» après une rencontre d'urgence du gouvernement tard mardi, puisqu'on craint qu'Abedi n'ait eu des complices qui s'apprêteraient à passer aux actes. Des soldats britanniques ont remplacé les policiers autour de sites comme le palais de Buckingham et le parlement.
La cérémonie du changement de la garde a été annulée mercredi au palais de Buckingham. Le palais de Westminster, où loge le parlement, était uniquement accessible aux employés autorisés; les visites touristiques et autres événements y ont été annulés jusqu'à nouvel ordre. Des policiers armés ont été aperçus patrouillant à l'extérieur de la cathédrale St. Paul, un autre des principaux attraits touristiques de la capitale.
Des responsables ont révélé mercredi qu'un millier de soldats ont été déployés à Londres et ailleurs.
La première ministre Theresa May a présidé mercredi une rencontre de son cabinet d'urgence pour discuter des renseignements disponibles au sujet d'Abedi et de la possibilité qu'il ait reçu une aide extérieure.
Le ministre français de l'Intérieur a dit qu'Abedi s'est rendu en Syrie et qu'il avait des liens «prouvés» avec Daech (le groupe armé État islamique). Gérard Collomb a déclaré sur les ondes du réseau de télévision BFM, mercredi, que les renseignements français et britanniques disposent d'informations concernant les visites d'Abedi en Syrie. Il a ajouté qu'on ne sait pas si Abedi appartenait à une cellule terroriste plus importante.
Soixante-quatre personnes demeurent hospitalisées depuis l'attaque, dont 20 qui se trouvent dans un état critique.
Attentat à Manchester: ce que l'on sait
L'auteur de l'attentat revendiqué par le groupe État islamique, qui a fait 22 morts à l'issue d'un concert pop à Manchester (nord-ouest de l'Angleterre), est un Britannique d'origine libyenne connu des services de sécurité et qui n'a probablement pas agi seul, selon les autorités britanniques.
Voici ce que l'on savait mercredi en milieu de journée:
L'auteur présumé identifié et «connu»
«L'auteur est Salman Ramadan Abedi, né et élevé au Royaume-Uni», a déclaré mardi soir la première ministre Theresa May.
Mercredi, la ministre de l'Intérieur Amber Rudd a précisé qu'il était «connu» des services de sécurité et qu'il n'a «probablement pas agi seul» pour commettre cet attentat «plus élaboré que d'autres».
À Paris, son homologue français, Gérard Collomb a avancé que le kamikaze avait des liens «avérés» avec le groupe État islamique et que c'était «après un voyage en Libye, puis sans doute en Syrie» qu'il s'était «radicalisé et décidé à commettre cet attentat».
Selon plusieurs médias britanniques, Salman Abedi, né dans une famille musulmane pieuse, serait né à Manchester en 1994 de parents libyens ayant fui le régime de Mouammar Kadhafi pour trouver refuge au Royaume-Uni.
Un attentat-suicide revendiqué par l'EI
Selon la police de Manchester, une puissante explosion a eu lieu dans l'enceinte de la Manchester Arena, à l'une des entrées de la salle pouvant accueillir 21.000 personnes, à la fin du concert de la chanteuse américaine Ariana Grande vers 22H30 (21H30 GMT) lundi.
Le groupe Etat islamique a revendiqué l'attentat qui a fait 22 morts et 59 blessés en affirmant qu'un «des soldats du califat a placé une bombe dans la foule» lors du concert. Il promet d'autres attaques.
L'attentat a été perpétré par un homme qui est mort en déclenchant «un engin explosif improvisé», a précisé mardi Ian Hopkins, commissaire de police de Manchester.
L'engin explosif était dans un bagage laissé par terre avant sa détonation, selon le Times.
Quatre hommes arrêtés
Trois hommes ont été arrêtés mercredi dans le sud de Manchester, «en lien» avec l'enquête sur l'attentat, a annoncé la police. Un homme de 23 ans avait été arrêté mardi à Chorlton, au sud de Manchester, en lien avec l'attentat, même si la police n'a pas souhaité préciser la nature de ce lien.
Les enquêteurs ont également perquisitionné le domicile du frère du suspect, toujours au sud de Manchester.
L'auteur présumé de l'attentat et son frère fréquentaient la mosquée locale de Didsbury, affirme le Guardian. Le père du suspect est bien connu au sein de la communauté libyenne de Manchester, mais se trouverait actuellement à Tripoli, ajoute le quotidien.
Dans le quartier pavillonnaire de Fallowfield, constitué de maisons modestes en briques rouges, une maison a été perquisitionnée, avait constaté mardi un journaliste de l'AFP, sans doute celle où résidait Salman Abedi.
Les victimes
La police confirme 22 morts, dont des enfants, et 59 blessés.
La plus jeune victime tuée dans l'attentat est une fillette de 8 ans: Saffie Rose Roussos. Elle avait assisté au concert avec sa mère et sa grande soeur.
Le décès d'Olivia Campbell, une jeune fille de 15 ans, a été confirmé mercredi par sa mère, Charlotte, dans un message posté sur Facebook.
Une autre victime à avoir été identifiée, par son école, est une jeune fille de 18 ans, Georgina Callander.
Un jeune homme de 26 ans, John Atkinson, et une jeune femme de 32 ans, Kelly Brewster, sont également décédés dans l'attentat.
Deux mères de famille venues récupérer leurs filles ont été tuées par l'explosion, Alison Howes, 45 ans, et Lisa Lees, 47 ans.
Un couple de Polonais vivant en Grande-Bretagne, venu chercher leurs filles à la fin du concert, ont également été tués. Selon les médias polonais, il s'agit d'Angelika et Marcin Klis.
De nombreux enfants et adolescents assistaient au concert. L'explosion a semé la panique dans la salle de concert, mais aussi dehors, où des parents attendaient la sortie de leurs enfants.
Attentat le plus meurtrier depuis 2005
L'attentat est le plus meurtrier visant le Royaume-Uni depuis douze ans. En juillet 2005, une série d'attentats suicide revendiqués par un groupe se réclamant d'Al-Qaïda avaient fait 56 morts, dont les quatre kamikazes, et 700 blessés dans les transports londoniens.
Cet attentat s'est produit deux mois jour pour jour après celui de Londres, près du Parlement, qui avait fait cinq morts et avait également été revendiqué par l'EI.
Mme May et son rival travailliste Jeremy Corbyn ont décidé de «suspendre jusqu'à nouvel ordre» leur campagne en vue des élections législatives du 8 juin. La reine a condamné un «acte barbare».
Avec AFP