La police judiciaire costaricienne a annoncé jeudi le démantèlement d’un vaste réseau de trafic d’or extrait illégalement au Costa Rica et exporté vers les États-Unis pour une valeur estimée à 60 millions de dollars.
La police judiciaire costaricienne a annoncé jeudi le démantèlement d’un vaste réseau de trafic d’or extrait illégalement au Costa Rica et exporté vers les États-Unis pour une valeur estimée à 60 millions de dollars.

Trafic d’or entre le Costa Rica et les États-Unis: un réseau démantelé

Agence France-Presse
SAN JOSÉ — La police judiciaire costaricienne a annoncé jeudi le démantèlement d’un vaste réseau de trafic d’or extrait illégalement au Costa Rica et exporté vers les États-Unis pour une valeur estimée à 60 millions de dollars.

Depuis avril 2019, lorsque l’enquête a commencé, ce sont 2,5 tonnes d’or qui ont ainsi été exportées vers les États-Unis, principalement vers les villes de Houston, Los Angeles et Miami, a détaillé Walter Espinoza, le directeur de la police judiciaire du Costa Rica.

Le trafic pourrait également avoir servi au blanchiment de capitaux, car le métal précieux était déclaré à une valeur inférieure à celle du marché, selon le parquet costaricien.

Une grande partie du minerai était extrait du gisement de Crucitas (nord), près de la frontière du Nicaragua. La compagnie minière canadienne Infinito Gold avait projeté de l’exploiter, mais la justice costaricienne l’avait interdit pour protéger l’environnement.

Cependant, le gisement, s’étendant sur 70 hectares, a été envahi par des mineurs clandestins qui extraient l’or en causant de lourds dégâts environnementaux par l’utilisation de cyanure et de mercure pour raffiner le minerai.

La police a réalisé plusieurs opérations à Crucitas pour chasser les mineurs clandestins, dont beaucoup de migrants nicaraguayens, mais ceux-ci reviennent ensuite très vite sur le gisement pour y reprendre leur activité.

En avril 2019, la police aéroportuaire avait détecté «une augmentation disproportionnée» des quantités d’or exportées à partir de l’aéroport international de la capitale, et avait alerté ses collègues de la police judiciaire.

«Nous avons alors pu établir qu’un groupe organisé s’employait à sortir de notre pays des quantités importantes d’or», a expliqué le directeur de la police judiciaire.

Le réseau démantelé se consacrait à l’achat du métal précieux directement auprès des mineurs clandestins de Crucitas.

Ils achetaient aussi, dans une moindre mesure, de l’or extrait illégalement d’un gisement situé dans le Parc National naturel du Corcovado, sur la côte Pacifique, dans le sud-ouest du Costa Rica.

Le réseau se chargeait ensuite de l’exportation de l’or, fondu en lingots.

Trente-trois perquisitions ont été réalisées dans «plusieurs endroits du pays» lors de cette opération «de grande ampleur», a expliqué M. Espinoza.

Au moins 27 trafiquants présumés ont été arrêtés et inculpés notamment pour délits miniers et atteintes à l’environnement. Les policiers ont saisi des lingots d’or, de l’argent liquide et de la drogue, a indiqué le parquet.

Le projet de mine à Crucitas s’était heurté à une forte opposition des habitants et des défenseurs de l’environnement qui ont introduit plusieurs recours en justice, y compris devant le Conseil constitutionnel.

Le Parlement du Costa Rica a interdit l’exploitation minière à ciel ouvert en 2010, peu de temps après l’annulation de la concession du gisement de Crucitas au groupe canadien Infinito Gold.

Le projet avait été approuvé à la faveur de la levée, sous la présidence d’Oscar Arias (2006-2010), d’un moratoire sur l’exploitation minière à ciel ouvert.