Des manifestations contre le déploiement en Corée du Sud du bouclier antimissile américain Thaad ont été tenues dans les rues de Séoul, vendredi. Un manifestant brandit une affiche avec une photo du secrétaire d'État américain Rex Tillerson, présentement en tournée en Asie.

Tillerson évoque une attaque préventive contre la Corée du Nord

Le secrétaire d'État américain Rex Tillerson a déclaré vendredi qu'une attaque militaire préventive contre la Corée du Nord pourrait être nécessaire si la menace de son programme de développement d'armes atteint un niveau qui «selon nous, nécessite une intervention».
M. Tillerson a évoqué une réponse plus musclée à la menace nucléaire nord-coréenne après avoir visité la frontière la plus militarisée de la planète, près de la zone démilitarisée entre les deux Corées.
Il a ensuite rejeté toute discussion avec Pyongyang tant que le Nord n'aura pas renoncé à son programme nucléaire et à ses armes de destruction massive.
Questionné quant à un recours éventuel à la force militaire, M. Tillerson a déclaré lors d'une conférence de presse dans la capitale sud-coréenne que «toutes les options sont sur la table». Il a ensuite ajouté que les États-Unis espèrent que d'autres mesures sauront convaincre la Corée du Nord de changer de trajectoire avant d'en arriver là. «Nous explorons une nouvelle gamme de mesures diplomatiques, sécuritaires et économiques. Toutes les options sont sur la table.»
Les précédentes administrations américaines avaient elles aussi envisagé le recours à la force militaire contre la Corée du Nord, mais l'option n'avait que rarement été évoquée de manière aussi équivoque.
La Corée du Nord a accéléré son programme de développement des armes, faisant fi de multiples résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies et des lourdes sanctions imposées par la communauté internationale.
Essais nucléaires
Le Nord a procédé à deux essais nucléaires et a lancé 24 missiles balistiques l'an dernier. Les experts croient qu'il pourrait disposer d'ici quelques années de missiles à ogives nucléaires capables de frapper les États-Unis.
M. Tillerson s'était arrêté au Japon avant sa visite en Corée du Sud. Il est attendu samedi en Chine, principal allié diplomatique et partenaire commercial de Pyongyang.
Pékin s'inquiète comme Washington du programme nucléaire de son voisin, mais estime que les États-Unis ont joué un rôle dans l'escalade des tensions.
La situation est compliquée par le déploiement en Corée du Sud du bouclier antimissile américain Thaad. Séoul comme Washington assurent qu'il a des visées purement défensives, mais Pékin considère que Thaad et son puissant radar sont susceptibles de réduire l'efficacité de ses propres systèmes de missiles.
Trump accuse la Chine d'avoir «peu fait»
Le président des États-Unis Donald Trump a accusé vendredi la Chine d'avoir «peu fait» pour contenir les ambitions nucléaires de la Corée du Nord, quelques heures après les déclarations de son secrétaire d'État affirmant que l'option militaire n'était pas exclue.
«La Corée du Nord se comporte très mal. Ils se jouent des États-Unis depuis des années. La Chine a peu fait pour aider !» a indiqué M. Trump dans un tweet.  Avec AFP