Des Syriens qui ont fui les combats dans les villes de Tabqa et Raqa attendent de recevoir des vivres près du village de Jarniyah (nord).

Syrie: des frappes dans la ville où a eu lieu l'attaque chimique

Des avions de combat auraient bombardé samedi la ville syrienne où une attaque chimique contre des civils a fait 87 morts mardi, selon le dernier bilan.
C'est ce que soutiennent les activistes de l'opposition syrienne, précisant qu'une femme aurait été tuée et une autre personne blessée.
Selon les comités de coordination locaux, les frappes ont été effectuées par des avions russes.
Le ministre britannique des Affaires étrangères, Boris Johnson, a d'ailleurs annulé la visite qu'il devait faire lundi en Russie en raison des récents événements en Syrie.
M. Johnson a précisé samedi que la situation en Syrie avait changé «fondamentalement» après l'attaque chimique contre des civils et les frappes des Américains sur une base aérienne de l'armée syrienne.
Le secrétaire d'État américain, Rex Tillerson, prévoit rencontrer les ministres des Affaires étrangères des pays du G7 en Europe la semaine prochaine avant de se rendre à Moscou.
Les États-Unis tentent d'ailleurs de déterminer si la Russie n'aurait pas participé à l'attaque chimique de mardi. Des membres de l'état-major américain ont indiqué vendredi que peu de temps après l'attaque, un drone, syrien ou russe, a survolé le site.
L'attaque chimique a provoqué une réplique des États-Unis, qui ont lancé 59 missiles sur une base aérienne syrienne, tuant neuf personnes.
Un porte-parole du président russe Vladimir Poutine a soutenu que les représailles américaines infligent un dur coup aux relations entre la Russie et les États-Unis, et dressent un «obstacle sérieux» vers la création d'une coalition internationale contre le terrorisme.
Le président iranien Hassan Rohani a proposé de son côté la formation d'un comité international pour enquêter sur l'attaque chimique. La télévision d'État a cité M. Rohani, qui a insisté pour dire que le comité ne devrait pas être dirigé par des Américains par souci d'impartialité.
«Les pays neutres devraient y aller et analyser pour clarifier d'où venaient les armes chimiques», a-t-il déclaré.
L'Iran est un proche allié du régime syrien de Bachar Al-Assad, qui a martelé que ses troupes n'avaient pas utilisé d'armes chimiques.
Un raid tue 18 civils près de Raqa
Dix-huit civils dont cinq enfants ont été tués samedi dans un raid aérien dans la province d'Idleb, dernier grand bastion des insurgés dans le nord-ouest de la Syrie, a rapporté l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).
Selon l'Observatoire, le bilan du raid sur le village de Urum al-Joz pourrait s'élever, plusieurs personnes ayant été grièvement blessées.
Le bombardement a vraisemblablement été mené par des avions de l'armée russe, qui soutient le gouvernement syrien dans la guerre qui a fait plus de 320 000 morts et jeté des millions de Syriens sur les routes en six ans.
La province d'Idleb est contrôlée par une alliance de rebelles composée notamment de l'ancienne branche d'Al-Qaïda en Syrie, et est régulièrement bombardée par l'aviation du régime et celle de son allié russe.
Mardi, une attaque chimique présumée a été menée contre la localité de Khan Cheikhoun dans cette même province tuant au moins 87 civils dont 31 enfants.
L'attaque a été imputée notamment par Washington au régime du président Bachar al-Assad. Elle a déclenché trois jours plus tard la première action militaire des États-Unis depuis le début en mars 2011 de la guerre en Syrie contre le gouvernement syrien, qui a nié toute responsabilité.
 Agence France-Presse