La designer Kate Spade à New York, en mai 2004

Suicide de la designer Kate Spade

NEW YORK — La créatrice Kate Spade, 55 ans, l’une des grandes signatures de la mode américaine, particulièrement connue pour ses sacs, s’est suicidée mardi matin à New York, a confirmé à l’AFP la police.

Une porte-parole de la police new-yorkaise n’a pas précisé les circonstances exactes du suicide. Mais selon une source proche du dossier, Kate Spade, qui était mariée et avait une fille, s’est pendue dans son appartement et a laissé un mot.

Initialement journaliste au magazine Mademoiselle, Kate Spade, née Katherine Brosnahan, avait lancé sa marque en 1993 avec son mari, Andy Spade, cadre dans la publicité, et des investisseurs extérieurs.

Ses modèles rapidement repérés et vendus par plusieurs grands magasins de New York, elle a ouvert sa première boutique à Soho en 1996.

Bien qu’originaire de Kansas City (Missouri), elle incarnait comme peu d’autres le style new-yorkais, mélange de modernité et de classicisme.

Spécialisée dans l’accessoire, Kate Spade aura surtout marqué pour ses sacs, dont le style très actuel, chics mais sans ostentation, a été la clef de son succès, ainsi que ses chaussures.

Son modèle le plus populaire, le «Sam», un sac rectangle noir de taille moyenne, a été relancé cette année, avec plusieurs variations et de nouveaux motifs et couleurs.

«Ma grand-mère m’a donné mon premier sac Kate Spade quand j’étais à l’université», a tweeté mardi Chelsea Clinton. «Je l’ai toujours», a-t-elle ajouté, adressant ses condoléances aux proches de la designer.

Les fameux accessoires de cette créatrice au visage allongé et aux tâches de rousseur lui avaient valu plusieurs mentions dans la série télévisée référence de la fin des années 90 et du début des années 2000, Sexe à New-York.

Des sacs qui «rendent belle»

«Pour beaucoup de femmes, le premier sac Kate Spade, c’était le premier achat d’adulte, le premier sac de designer», a commenté, sur Twitter, Diana Pearl, journaliste du site AdWeek.

«C’est déchirant d’apprendre que quelqu’un qui a apporté tant de joie à tant de gens souffrait à ce point», a-t-elle ajouté, au sujet de cette femme brune aux cheveux souvent relevés sur le haut de la tête.

Dès 1999, Kate Spade avait cédé 56 % du capital de sa société à la chaîne de grands magasins Neiman Marcus, pour 34 millions $, puis le solde en 2006 pour 59 millions $.

Depuis, elle n’était plus associée à la gestion ou à la création au sein de la maison qui portait toujours son nom et qui a suivi, depuis, son propre chemin.

Quelques semaines seulement après sa sortie du capital, Neiman Marcus revendait la marque Kate Spade au groupe textile Liz Claiborne pour 124 millions $.

En juillet 2017, le groupe coté, qui ne contenait plus que la marque Kate Spade, a été lui-même racheté par un autre géant de la mode américaine, Coach (devenu par la suite Tapestry), pour 2,4 milliards $.

Entre temps, le groupe s’était beaucoup diversifié, sous la houlette de la PDG Deborah Lloyd, qui en a fait un empire de la mode, avec plus de 315 magasins dans le monde et un chiffre d’affaires de 1,38 milliard $ en 2016.

C’est sous sa direction que la marque a fait son entrée dans le monde du prêt-à-porter, en 2009, soit trois ans après le départ de Kate Spade.

Le groupe Kate Spade a présenté mardi ses condoléances aux proches de la créatrice.

En 2016, Kate Spade avait lancé, toujours avec son mari, une nouvelle marque, Frances Valentine, dont l’ADN, comme sa marque originelle, était centré sur les sacs et les chaussures.

Pour l’actrice et scénariste Lena Dunham, «Kate Spade était plus qu’une designer». Sur Twitter, la créatrice de la série Girls a salué une «incontournable de New York». «Merci, Kate, de la part d’une parmi les millions que vous avez rendues belles.»