Sur cette vidéo de surveillance datant du 24 janvier, on peut voir les jambes de Gabriel Taye, huit ans, après qu'il ait été poussé contre le mur par un autre élève, visiblement victime d'un acte d'intimidation. Le garçon s'est enlevé la vie deux jours plus tard.

Suicide à huit ans: l'intimidation pointée du doigt

Une coroner a décidé de rouvrir l'enquête sur le suicide d'un garçon de huit ans en Ohio, et le conseil scolaire compte rendre publiques les images de caméras de surveillance qui démontreraient que l'enfant avait été assommé par un intimidateur deux jours avant de s'enlever la vie.
Le jeune Gabriel Taye s'est pendu dans sa chambre avec une cravate le 26 janvier dernier. La coroner Lakshmi Sammarco a indiqué jeudi, sur les ondes d'une station de radio de Cincinnati, qu'elle avait demandé à la police de mener une enquête plus approfondie afin de déterminer si des facteurs ont pu contribuer au suicide de l'enfant. La coroner a du mal à croire qu'un enfant de huit ans puisse même songer à se suicider.
La mère du garçon, Cornelia Reynolds, soutient qu'elle ignorait que son enfant était victime d'intimidation jusqu'à ce que ses avocates consultent le dossier de la police, dans lequel un enquêteur décrivait le contenu de la vidéo de surveillance de l'école.
Le conseil scolaire a confirmé jeudi que sur cet enregistrement, on voit le garçon perdre conscience après avoir été violemment poussé contre le mur par un élève. L'enfant est demeuré inconscient, par terre, au milieu de ses camarades, pendant sept minutes et demie avant qu'un membre de la direction puis une infirmière de l'école ne viennent à son secours.
Les avocates de Mme Reynolds, qui ont visionné l'enregistrement, soutiennent qu'on y voit un élève agressif envers ses camarades devant les toilettes de l'école. On voit ensuite le jeune Gabriel tenter de serrer la main de l'intimidateur, avant d'être projeté brutalement contre le mur et de perdre conscience, soutiennent les avocates. Selon Me Carla Leader, l'intimidateur est alors ravi de son geste, pendant que d'autres élèves enjambent le corps du jeune Gabriel, certains lui donnant même un petit coup du pied en passant.
Lorsque Mme Reynolds est venue cueillir Gabriel à l'école ce jour-là, la direction lui a simplement dit que l'enfant avait perdu conscience, mais qu'il était maintenant alerte. Selon le conseil scolaire, la direction aurait alors conseillé à la mère d'emmener quand même le garçon à l'hôpital, ce que contestent ses avocates. L'enfant a finalement été conduit à l'hôpital lorsqu'il s'est mis à vomir. Selon Me Leader, le jeune Gabriel, un enfant enjoué, ne souffrait d'aucun problème de santé mentale. Lorsque sa mère lui avait demandé ce qui s'était passé à l'école ce jour-là, il a répondu qu'il n'en savait rien, selon les avocates. Me Jennifer Branch soutient que l'enfant ne se souvenait vraiment de rien après avoir perdu conscience.