Le chef nord-coréen Kim Jong-un a rencontré un comité du Parti du travail de Corée concernant la détonation d'une bombe à l'hydrogène. La Corée du Nord affirme être en possession d'une bombe suffisamment petite pour être montée sur un missile.

Séoul se prépare au pire

Le président américain Donald Trump et son homologue sud-coréen Moon Jae-In sont tombés d'accord lundi pour supprimer le seuil limitant la charge portée par les missiles de la Corée du Sud, selon la présidence de ce pays.
Les deux dirigeants, lors d'un entretien téléphonique, «sont tombés d'accord pour supprimer la limite sur la charge des missiles de la Corée du Sud afin de répondre efficacement» à l'essai nucléaire mené dimanche par Pyongyang, a dit le bureau de la présidence sud-coréenne dans un communiqué.
Cette charge était jusqu'à présent limitée à 500 kg sur les missiles balistiques, selon un accord bilatéral signé en 2001 entre la Corée du Sud et les États-Unis.
La marine sud-coréenne a ensuite lancé des manoeuvres à tirs réels mardi, afin de prévenir Pyongyang de toute provocation en mer, a annoncé Séoul dans un communiqué, 48 heures après que le régime de Kim Jong-un a affirmé avoir testé une bombe H.
«Si l'ennemi se lance dans une quelconque provocation, sur mer ou sous les flots, nous allons immédiatement répondre et l'envoyer par le fond», a averti le capitaine Choi Young-chan, commandant du 13e groupe naval des forces armées sud-coréennes, dans un communiqué. Le Conseil de sécurité de l'ONU se réunissait lundi en urgence pour s'accorder sur une réponse au sixième essai nucléaire nord-coréen, au moment où les appels pour une nouvelle série de sanctions se multiplient.
Le Nord a aussi affirmé avoir une bombe assez petite pour être montée sur un missile, ce qu'a semblé confirmer le ministre sud-coréen de la Défense Song Yong-Moon.
La tension est montée d'un cran ces derniers mois à la suite d'une série de tirs de missiles de la part de Pyongyang, dont deux engins balistiques intercontinentaux (ICBM) apparemment susceptibles d'atteindre les États-Unis.
Dans ce contexte, les appels se sont multipliés en Corée du Sud afin que Séoul fabrique ses armes nucléaires pour pouvoir se défendre de façon autonome.
Parapluie nucléaire
Le Sud, qui accueille 28 000 soldats américains sur son territoire pour assurer sa défense, n'est pas autorisé à fabriquer ses propres armes nucléaires en vertu d'un accord datant de 1974 signé avec Washington, qui prévoit à la place un «parapluie nucléaire» contre des attaques potentielles. Le ministère de la Défense du Sud a fait savoir qu'il a déjà renforcé son dispositif de défense, en déployant notamment davantage de lance-missiles du bouclier antimissile américain Thaad (Terminal High-Altitude Area Defense).
Séoul a également tiré aux premières heures lundi une salve de missiles balistiques pour simuler une attaque contre le site d'essais nucléaires nord-coréen. Des photographies ont montré des Hyunmoo, missiles sud-coréens de courte portée, en train de s'élancer dans le ciel.