Après avoir accepté le poste de directeur de la communication à la Maison-Blanche le 21 juillet, Anthony Scaramucci a été limogé sans ménagement deux semaines plus tard.

Scaramucci: récit d'une déchéance éclair

Anthony Scaramucci vient de vivre deux semaines qui suffiraient à remplir une vie. Sa femme l'a quitté, il a raté la naissance de son fils, il est devenu le gourou de la communication du président Donald Trump et... il a été limogé sans ménagement.
Et comme si cela ne suffisait pas, cet ancien banquier chez Goldman Sachs, symbole du rêve américain, a également perdu sa société, qu'il avait dû vendre lorsqu'il a accepté le poste de directeur de la communication à la Maison-Blanche.
La chute lundi après seulement 10 jours de ce fils d'immigrés italiens, diplômé de Harvard, a été aussi brutale que son ascension fut fulgurante. Elle fut étrange, aussi, même à l'aune d'une présidence aussi peu orthodoxe que celle de M. Trump.
Extravagant
Extravagant, toujours tiré à quatre épingles, le New-Yorkais Anthony Scaramucci a débarqué à la Maison-Blanche le 21 juillet pour donner un coup de pied dans la fourmilière de Pennsylvania Avenue et donner un nouveau visage à une communication présidentielle imprévisible.
«J'adore le président», déclarait-il lors de sa première conférence de presse, qualifiant Donald Trump d'«être humain magnifique», qui a «vraiment un bon karma». Il avait fini en soufflant un baiser vers les journalistes et les caméras. L'Amérique comprenait que le ton avait changé.
Dans les jours qui ont suivi, il accompagnait le président sur Air Force One, donnant du pouce levé aux photographes.
En privé, toutefois, les choses étaient déjà plus compliquées. Sa deuxième femme, âgée de 38 ans, venait de demander le divorce, selon le New York Post, et Scaramucci voyageait avec Donald Trump lorsque leur deuxième enfant, un fils, est né.
«Je peux encaisser les coups, mais je vous demanderai d'évoquer ma famille dans vos prières et vos pensées, rien de plus», se défendait-il, à mesure que les détails sur sa vie personnelle émergeaient.
En effet, il a pris des coups pour en arriver là.
Outre le fait d'avoir dû vendre ses parts dans sa société SkyBridge Capital, il a fait face à une levée de boucliers parmi certains pontes de l'administration. À commencer par l'ancien secrétaire général de la Maison-Blanche, Reince Priebus, ou encore son prédécesseur à la communication, Sean Spicer.
Ce dernier a démissionné dès l'arrivée du nouveau communiquant de 53 ans.
Quelques jours plus tard, Anthony «The Mooch» Scaramucci a lâché la bombe qui a conduit à sa déchéance, en appelant un journaliste du New Yorker dans l'oreille duquel il a déversé un torrent d'insultes grossières sur Steve Bannon, un conseiller de Trump, et Reince Priebus, décrit comme un «putain de paranoïaque schizophrène».
Reince Priebus a démissionné le lendemain, mais c'est l'austère John Kelly, ancien général et ministre de la Sécurité intérieure, qui a repris les rênes de la Maison-Blanche.
Et la première chose qu'il a faite, lundi, a été de virer sans ménagement Anthony Scaramucci.
Avec son surnom, «The Mooch», ses lunettes aviator dans le reflet desquelles on pouvait suivre ses moindres faits et gestes et son look presque caricatural, il était déjà devenu une coqueluche des humoristes américains.
Rien n'aura été épargné à «The Mooch», qui a même été victime d'une erreur de son ancienne université, Harvard, qui l'a listé parmi ses anciens élèves décédés.