Un avion de la compagnie EgyptAir s'approche de l'aéroport du Caire. À compter de samedi, quelque 50 vols quotidiens de neuf compagnies aériennes seront affectés par l'interdiction des ordinateurs portables et des tablettes dans les cabines d'avions au départ de 10 aéroports en provenance de pays arabes.

Restrictions pour les vols venant de pays arabes

Les États-Unis et le Royaume-Uni ont annoncé mardi l'interdiction des ordinateurs portables et des tablettes dans les cabines d'avions sur les vols directs en provenance de pays arabes et de Turquie, invoquant un risque d'attentats «terroristes».
La France et le Canada ont indiqué qu'ils réfléchissaient à des mesures identiques. Aucune compagnie américaine n'est concernée, mais des géants internationaux des pays du Golfe - Qatar Airways, Emirates et Etihad Airways - assurant des vols directs vers les États-Unis, devront à partir de samedi matin interdire à leurs passagers d'embarquer avec des appareils électroniques plus gros qu'un téléphone.
Ordinateurs portables, tablettes, consoles de jeux, liseuses, lecteurs de DVD, appareils photos, devront être placés dans les bagages en soute des avions, ont annoncé des responsables américains.
«L'examen de renseignements indique que des groupes terroristes continuent de viser le transport aérien et cherchent de nouvelles méthodes pour perpétrer leurs attentats, comme dissimuler des explosifs dans des biens de consommation», a expliqué l'un d'eux.
Le secrétaire à la Sécurité intérieure John Kelly a donc «jugé nécessaire de renforcer les procédures de sécurité pour les passagers au départ direct de certains aéroports et à destination des États-Unis», a ajouté un autre responsable, sans dire de quelles informations précises Washington disposait.
D'après CNN, citant un cadre de l'administration de Donald Trump, cette décision serait liée à une menace émanant d'Al-Qaida dans la péninsule arabique, la branche du groupe djihadiste au Yémen. Un ancien responsable de l'agence de sécurité dans les transports, Tom Blank, pense aussi que c'est une «réponse à des données précises de renseignements portées à l'attention des autorités américaines».
À compter de samedi, quelque 50 vols quotidiens de neuf compagnies aériennes (Royal Jordanian, EgyptAir, Turkish Airlines, Saudi Airlines, Kuwait Airways, Royal Air Maroc, Qatar Airways, Emirates et Etihad Airways) seront donc affectés au départ de 10 aéroports : Amman, Le Caire, Istanbul, Jeddah, Ryad, Koweït, Doha, Dubaï, Abou Dhabi et Casablanca.
Huit pays sont concernés, tous alliés ou partenaires des États-Unis : la Jordanie, l'Égypte, la Turquie, l'Arabie Saoudite, le Koweït, le Qatar, les Émirats arabes unis et le Maroc.
Première à protester, Ankara a demandé à Washington «de revenir en arrière ou d'alléger» cette mesure qui affectera ses ressortissants voyageant en avion.
Londres emboîte le pas
Peu après, Londres a emboîté le pas aux États-Unis. L'interdiction britannique vise la Turquie, le Liban, la Jordanie, l'Égypte, la Tunisie et l'Arabie Saoudite et s'applique à tous les vols directs en provenance de ces pays et à destination du Royaume-Uni. Quatorze compagnies sont concernées, parmi lesquelles British Airways et EasyJet.
Paris et Ottawa ont également dit réfléchir à une interdiction similaire. Berlin l'a de son côté écartée pour l'instant.
Les responsables américains n'ont donné aucune échéance à l'interdiction et ils ont prévenu : si les mesures ne sont pas mises en oeuvre, les compagnies aériennes pourraient perdre leurs droits de voler vers les États-Unis.