Des policiers armés de fusils-mitrailleurs patrouillaient au milieu des touristes qui, avant d'arriver à l'entrée du Louvre, devaient se soumettre à un contrôle des sacs supplémentaire.

Réouverture du Louvre sous haute surveillance

Le musée du Louvre à Paris a rouvert ses portes aux touristes venus en nombre samedi, au lendemain de l'attaque à la machette contre des militaires par un homme, grièvement blessé par balle et qui a été placé en garde à vue à l'hôpital.
L'état de santé de l'assaillant, qui serait un Égyptien de 29 ans, résidant aux Émirats arabes unis, s'est nettement amélioré samedi, au lendemain d'une opération et son «pronostic vital n'est plus engagé», a-t-on appris samedi de source proche de l'enquête.
Déclaré «audible» par le corps médical, il a été placé en garde à vue à l'hôpital, où il pourra être interrogé par les enquêteurs.
Dès l'ouverture des portes, les touristes se pressaient en nombre aux entrées du musée, qui avait été fermé vendredi après l'attaque, a constaté un journaliste de l'AFP.
Deux longues files d'attente, composées majoritairement de visiteurs chinois, étaient notamment visibles au niveau de la très touristique galerie du Carrousel, au sous-sol, là même où les militaires ont été agressés par un homme criant «Allah Akbar» (Dieu est le plus grand en arabe).
L'une des entrées du Carrousel, celle où a eu lieu l'attaque, est toutefois restée fermée samedi, a-t-on appris auprès du musée.
Des policiers armés de fusils-mitrailleurs patrouillaient au milieu des touristes qui, avant d'arriver à l'entrée du musée proprement dite, devaient se soumettre à un contrôle des sacs supplémentaire.
«Les mesures de sécurité, on est habitués en Turquie», a commenté Ali Tali, un touriste turc, accompagné de sa femme. Présent vendredi dans la galerie au moment de l'attaque, ce quadragénaire s'est dit «pas inquiet».
À l'entrée extérieure, côté Pyramide, une autre visiteuse, Elena Lordugen, se montre un peu moins rassurée: «Je suis assez préoccupée de venir aujourd'hui mais comme on n'a pas pu visiter le musée hier, on a quand même décidé de revenir», a dit à l'AFP cette Russe de 28 ans, vivant en Allemagne.
L'attaque à la machette survenue vendredi n'a pas retenu les touristes désirant visiter le célèbre musée parisien.
«Pour nos frères en Syrie»
Vendredi en avant-midi, l'agresseur, armé de deux machettes de 40 cm, s'est précipité sur une patrouille de quatre militaires en criant «Allah Akbar». Il a très légèrement blessé au cuir chevelu un premier militaire, avant de se jeter sur un autre, qui est tombé, d'après le procureur de la République de Paris, François Molins.
Après avoir tenté de repousser l'assaillant une première fois sans user de son arme, un deuxième soldat a ouvert le feu, à quatre reprises.
Les enquêteurs tentent toujours d'établir formellement l'identité de cet homme, inconnu de la police.
Les investigations menées sur son téléphone portable, sur les fichiers de visas européens et lors d'une perquisition dans un appartement du très chic VIIIe arrondissement de Paris mènent à un Egyptien de 29 ans, résidant aux Emirats arabes unis, entré légalement en France le 26 janvier par un vol en provenance de Dubaï, a révélé vendredi soir François Molins.
Ses motivations ne sont pas encore connues, mais il s'agit d'»un acte dont le caractère terroriste ne fait guère de doute», selon le président François Hollande.
«La version du gouvernement français n'est pas logique. Il fait 1m65 et il a attaqué quatre gardes ?», s'est étonné le père de l'assaillant présumé, Reda El-Hamahmy, un général de police à la retraite qui vit en Egypte et n'a plus eu de nouvelles de son fils depuis vendredi.
Abdallah El-Hamahmy est marié et son épouse, enceinte, se trouve en Arabie saoudite avec leur fils de sept mois, selon son père.
Les enquêteurs, qui s'interrogent sur l'aide d'éventuels complices, se penchent également sur des tweets postés en arabe sur le compte d'Abdallah El Hamahmy. Une dizaine de messages ont été postés quelques minutes avant l'attaque.
On peut notamment lire «Au nom d'Allah (...) pour nos frères en Syrie et les combattants» et, une minute plus tard, un tweet dans lequel il semble apporter son soutien aux jihadistes du groupe Etat islamique.
L'État islamique, qui perd du terrain en Irak et en Syrie où il a proclamé un califat en 2014, continue de menacer la France de représailles pour sa participation à la coalition militaire internationale dans ces deux pays.
La France a été frappée en 2015 et 2016 par une série d'attentats jihadistes qui ont fait 238 morts et des centaines de blessés. Plusieurs de ces attaques ont visé des militaires ou des policiers.