Juan Guaido a galvanisé la foule qui l’attendait à Caracas en déclarant, bras levés : «Vous avez devant vous le président de la République du Venezuela!»

Rentré au pays, Guaido appelle à manifester

CARACAS — L’opposant Juan Guaido, accueilli en rockstar lundi à son retour au Venezuela malgré la crainte d’être arrêté, a aussitôt lancé un nouvel appel à manifester samedi pour maintenir la pression sur le régime de Nicolas Maduro.

«Samedi, on continue! Tout le Venezuela se retrouvera dans la rue. Nous ne resterons pas tranquilles [...] tant que nous n’aurons pas retrouvé la liberté», a-t-il lancé devant des milliers de personnes massées sur une place de Caracas, moins d’une heure après son arrivée.

Juan Guaido, président autoproclamé reconnu par une cinquantaine de pays, avait quitté clandestinement le pays il y a une dizaine de jours pour se rendre en Colombie.

Arrivé lundi à la mi-journée à l’aéroport de Caracas, il a été accueilli par ses partisans et un comité d’ambassadeurs européens et latino-américains venus garantir sa sécurité, a expliqué le représentant de la France Romain Nadal.

«Nous connaissons les risques que nous courons, ça ne nous a jamais retenus : nous sommes ici, plus forts que jamais!» a défié M. Guaido avant de sortir de l’aérogare en costume sombre et chemise blanche, tout sourire, debout sur le toit d’une voiture, tandis que la foule scandait son nom, «Guaido! Guaido!» et «Si se puede!» reprenant le fameux slogan des campagnes de Barack Obama «Oui, c’est possible».

«Réaction rapide»

Au moment même où l’avion de Guaido se posait à Caracas, le vice-président américain Mike Pence promettait à Washington une «réaction rapide» en cas de «menaces, violences ou intimidations» contre l’opposant de 35 ans. Le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo a de son côté appelé «la communauté internationale» à «être unie et faire pression pour mettre fin au régime brutal de Maduro».

Juan Guaido a galvanisé la foule qui l’attendait à Caracas en déclarant, bras levés au côté de sa femme : «Vous avez devant vous le président de la République du Venezuela!»

«Malgré les menaces des groupes armés [...] nous voici, plus forts que jamais!» a-t-il répété en appelant à «rester mobilisés dans toutes les rues du Venezuela.»

«Les fonctionnaires de l’immigration m’ont accueilli en disant : “Bienvenue président”», a-t-il affirmé. Mais «nous avons affaire à une dictature qui ne va pas céder volontairement le pouvoir, il faut continuer de faire pression».

Des rassemblements similaires se sont tenus dans les principales villes du pays, en congé pour cause de carnaval, sans aucun incident notable.

Parallèlement, Juan Guaido a continué à défier le régime de Nicolas Maduro en annonçant la nomination de son représentant auprès de la Banque interaméricaine de développement (BID). Cette fonction sera occupée par l’économiste Ricardo Hausmann — qui par le passé a été entre autres membre du comité directeur de la Banque centrale vénézuélienne —, a annoncé lundi à Washington le représentant de M. Guaido auprès du gouvernement américain, Carlos Vecchio. De 1994 à 2000, Ricardo Hausmann avait été économiste en chef de la BID.