Le secrétaire d'État de Trump, Rex Tillerson, a effectué une visite à Moscou où il a rencontré son homologue, le ministre des Affaires étrangères Sergueï Lavrov. L'ambiance était glaciale.

Rencontre glaciale entre les États-Unis et la Russie

Le président américain Donald Trump a plaidé mercredi pour une «entente» entre les États-Unis et la Russie, malgré une rencontre glaciale à Moscou entre les chefs des diplomaties des deux puissances nucléaires dont les relations sont au plus bas.
La guerre en Syrie demeure le contentieux le plus lourd entre Washington et Moscou, Donald Trump traitant son homologue syrien Bachar al-Assad de «boucher» et jugeant «possible» que la Russie ait été au courant de l'attaque chimique du 4 avril imputé au régime de Damas.
Signe des divergences patentes entre Occidentaux et Russes, ces derniers ont opposé à l'ONU leur veto à un projet de résolution du Conseil de sécurité demandant une enquête internationale sur cette attaque chimique présumée à laquelle Washington a répondu par une frappe punitive le 6 avril.
M. Trump avait prôné tout au long de sa campagne et au début de sa présidence un rapprochement avec son homologue russe Vladimir Poutine.
«Ce serait merveilleux, comme on en discutait il y a un instant, si l'OTAN et notre pays pouvaient s'entendre avec la Russie», a-t-il lancé mercredi lors d'une conférence de presse à la Maison-Blanche avec le secrétaire général de l'OTAN Jens Stoltenberg.
Relations «au plus bas»
«À l'heure actuelle, nous ne nous entendons pas du tout avec la Russie», a reconnu Donald Trump, jugeant que la «relation» était peut-être «au plus bas [niveau] de tous les temps».
Il a salué en M. Poutine «le dirigeant d'un pays fort», mais «nous sommes un pays très, très fort. Voyons comment les choses se passent».
Le président américain s'exprimait à l'issue d'une visite tendue à Moscou de son secrétaire d'État Rex Tillerson, lequel a vu le président Poutine et son ministre des Affaires étrangères Sergueï Lavrov.
Dans une ambiance glaciale, les deux pays ont étalé leurs divergences sur la Syrie et exposé la défiance qui prévaut entre ces anciens adversaires de la Guerre froide. Rex Tillerson, ex-PDG d'ExxonMobil et qui avait été décoré par le président Poutine en 2012-2013, a déploré le «faible niveau de confiance entre nos deux pays».
«Les deux plus grandes puissances nucléaires ne peuvent pas avoir ce genre de relations», a-t-il affirmé, lors d'une longue conférence de presse avec M. Lavrov, où les deux hommes se sont à peine regardés.
Ils ont toutefois plaidé pour une «lutte implacable contre le terrorisme», en allusion au combat contre les groupes jihadistes.
Aux antipodes 
Mais les États-Unis et la Russie restent aux antipodes sur la Syrie.
Tant sur la responsabilité du régime dans l'attaque du 4 avril sur Khan Cheikhoun (87 morts, dont 31 enfants), que sur le sort du président Assad.
Donald Trump a jugé qu'il était «temps de mettre fin à cette guerre civile brutale [et] de vaincre les terroristes».
«Des jeunes enfants qui meurent. Des bébés qui meurent. Des pères qui tiennent leurs enfants morts dans leurs bras. Des enfants morts. Il n'y a pas pire à voir et ça ne devrait pas être permis. C'est un boucher. C'est un boucher. C'est pourquoi nous devions faire quelque chose à cet égard», a tonné M. Trump à propos du dirigeant syrien.
Le président américain avait paru très ébranlé la semaine dernière au lendemain de l'attaque chimique présumée. Mercredi, il a même jugé «possible» que la Russie, alliée de la Syrie, ait été au courant de ce raid.
Au même moment à New York, la Russie opposait son veto à un projet de résolution du Conseil de sécurité présenté par les États-Unis, la France et le Royaume-Uni et réclamant une enquête sur l'attaque.
C'est la 8e fois depuis le début de la guerre en 2011 que Moscou bloque toute action de l'ONU contre son allié syrien. Washington et Londres ont protesté avec force.
À Moscou, Rex Tillerson - après avoir semblé s'accommoder fin mars d'un maintien au pouvoir du président Assad - a réclamé son départ «organisé» dans le cadre d'une transition politique.
Mais M. Lavrov a rappelé les précédents chaos provoqués selon lui par les chutes de «dictateurs», en allusion à Saddam Hussein ou Mouammar Kadhafi.
Et avant de recevoir Rex Tillerson, le président Poutine a déploré que les relations avec les États-Unis se soient détériorées depuis que M. Trump est à la Maison-Blanche.