Un supporter de l'indépendance catalane se réjouissait à Barcelone, dimanche.

Référendum catalan: «ils se tiennent debout»

Un résident de Québec s'étant rendu en Catalogne afin d'assister au référendum contesté sur l'indépendance est ressorti impressionné, dimanche, de la détermination du peuple catalan.
Yves Marcil partage généralement son temps entre Québec et Perpignan, où il possède également une résidence. La ville du sud de la France étant située près de la frontière espagnole, l'homme s'est rendu avec quelques amis catalans, dimanche, visiter plusieurs villes et villages où la population tentait de voter sur l'indépendance de leur province malgré la répression espagnole.
«C'est franchement impressionnant. Ils se tiennent debout, ils sont déterminés, mais ils restent tout à fait pacifiques. On sent que les Catalans sont profondément indignés que la police espagnole vienne fermer des bureaux de vote.»
S'il a vu circuler sur Internet les vidéos de violence policière à l'égard de ceux qui tentaient de voter, M. Marcil n'a pas lui-même été témoin de pareille scène.
«Dans les deux villages que l'on a visités, il y avait moins de tension qu'anticipé. Les gens étaient rassemblés au centre civique pour voter, craintifs de voir la garde civile espagnole débarquer. Il y avait des policiers catalans, mais davantage pour assurer la sécurité. Le problème c'est que l'informatique avait été coupée, on ne pouvait donc pas comptabiliser les votes en ligne. Dans la ville de Figueres, où 21 bureaux de vote étaient ouverts, ils avaient le même problème.»
Le risque était que la police espagnole saisisse les urnes en fin de journée sans qu'aucune autre trace que les bulletins de vote eux-mêmes ne subsiste pour comptabiliser les résultats, explique Yves Marcil.
«Quand on est arrivé à Gérone, qui est une plus grande ville, la garde civile espagnole était là et l'on entendait des manifestations. On a su que la garde civile avait forcé deux écoles dans lesquelles il y avait des bureaux de vote, plus tôt dans la journée, pour saisir des urnes. Mais les gens ont tout de même réussi à voter, et pour s'assurer que le reste des urnes ne soit pas saisi en fin de journée, ils ont fermé les bureaux de vote à 17h plutôt que 20h. Ils se sont barricadés pour comptabiliser.»