Dans la capitale Washington, où la police avait violemment dispersé lundi une manifestation pacifique près de la Maison-Blanche, la mairesse Muriel Bowser a appelé vendredi Donald Trump à retirer les forces fédérales déployées dans sa ville et fait peindre en lettres capitales le slogan «Black Lives Matter» sur une artère menant au siège de l’exécutif américain.  
Dans la capitale Washington, où la police avait violemment dispersé lundi une manifestation pacifique près de la Maison-Blanche, la mairesse Muriel Bowser a appelé vendredi Donald Trump à retirer les forces fédérales déployées dans sa ville et fait peindre en lettres capitales le slogan «Black Lives Matter» sur une artère menant au siège de l’exécutif américain.  

Racisme aux États-Unis: nouvelle journée de rassemblements massifs attendue samedi [VIDÉO]

NEW YORK — Les États-Unis s'attendaient à des rassemblements massifs contre les inégalités raciales et les brutalités policières samedi, lors d'une journée qui sera également marquée par une nouvelle cérémonie à la mémoire de George Floyd, dont la mort a déclenché ce mouvement de protestation historique. 

Des rassemblements importants s'annoncent dans de nombreuses villes américaines, notamment à New York, Miami et Washington, où des dizaines de milliers de personnes sont attendues selon les médias américains.

Après une première cérémonie émouvante à Minneapolis jeudi, un deuxième hommage sera rendu samedi à cet Afro-Américain de 46 ans asphyxié par un policier blanc lors d'une interpellation le 25 mai dans cette ville du nord du pays. La nouvelle cérémonie aura lieu à Raeford, dans son État natal de Caroline du Nord.

La polémique augmente face à la répression des manifestations par les forces de l'ordre. Plusieurs vidéos montrant des interventions policières musclées face à des manifestants pacifiques ont émergé ces derniers jours.

La dernière en date, diffusée jeudi soir, montre un manifestant fermement repoussé par deux policiers et heurtant violemment le sol, alors qu'il est seul face à des dizaines d'entre eux dans la ville de Buffalo, dans l'État de New York. Un premier communiqué officiel affirmait que le manifestant de 75 ans, qui saignait abondamment et semblait avoir perdu connaissance, avait «trébuché et chuté».

Devant l'indignation, les deux policiers impliqués ont été suspendus. Le gouverneur de l'État de New York, Andrew Cuomo, a appelé à ce qu'ils soient renvoyés et le procureur local a ouvert une enquête.

«Les policiers doivent être des protecteurs, pas des guerriers», a déclaré le responsable du comté où se trouve Buffalo, Mark Poloncarz.

Agents suspendus 

À New York même, le maire Bill de Blasio, hué jeudi lors d'une cérémonie d'hommage à George Floyd à Brooklyn pour n'avoir pas condamné les brutalités policières contre des manifestants non violents, a promis d'enquêter sur les faits signalés et indiqué que des mesures disciplinaires suivraient.

Deux agents ont été suspendus, a annoncé vendredi le chef de la police de la ville, Dermot Shea, évoquant «des incidents troublants». L'un est vu dans une vidéo poussant une femme à terre, l'autre retirant le masque d'un manifestant et utilisant du gaz poivre contre lui.

À l'autre bout du pays, dans l'État de Washington, la maire de Tacoma a demandé le limogeage de policiers impliqués dans la mort d'un homme noir le 3 mars, après la diffusion d'une nouvelle vidéo semblant les montrer en train de s'acharner sur l'homme, plaqué au sol au bord de la route.

À Indianapolis, dans le Midwest, la police enquêtait après une autre vidéo montrant des policiers sortant matraques et gaz poivre lors de l'arrestation d'une manifestante dimanche.

En prévision des nouvelles manifestations, le chef de la police de Seattle a annoncé l'interdiction du recours au gaz lacrymogène pour trente jours.

La police de Minneapolis a aussi annoncé vendredi qu'elle interdisait dorénavant les «prises d'étranglement», technique dangereuse notamment utilisée en 2014 à New York sur Eric Garner, autre homme noir décédé aux mains de la police dont les cris «Je ne peux pas respirer» ont également été prononcés par George Floyd lors de sa mort.