L'armée sud-coréenne a commencé des exercices à Paju, près de la frontière avec le nord, après que son voisin eut lancé trois missiles balistiques dans la mer du Japon en plein Sommet du G20, en Chine.

Pyongyang tire trois missiles balistiques

Le Conseil de sécurité de l'ONU se réunira mardi après le lancement lundi par la Corée du Nord de trois missiles balistiques au large de sa côte orientale, nouvelle démonstration de force pendant la réunion du G20 en Chine, condamnée par un haut responsable américain lors de ce sommet.
Ces consultations, demandées par les États-Unis et le Japon, membres du Conseil de sécurité, sont prévues à partir de 11h30 à New York.
Selon la Corée du Sud, les missiles ont été lancés par Pyongyang du comté de Hwangju, dans l'ouest de la Corée du Nord, et se sont abîmés en mer du Japon - ou mer Orientale - moins de 15 jours après le tir d'un projectile par un sous-marin nord-coréen.
«Il s'agirait de missiles Rodong d'une portée de 1000 kilomètres, qui ont été tirés sans que le Japon soit averti», a déclaré un porte-parole du ministère sud-coréen de la Défense dans un communiqué.
D'après Tokyo, les projectiles ont parcouru 1000 kilomètres avant de tomber à l'intérieur de la Zone économique exclusive (ZEE) japonaise.
Depuis la ville chinoise de Hangzhou où se tenait le Sommet du G20, un haut responsable américain a dénoncé «des tirs dangereux [qui] représentent une menace pour l'aviation civile et le commerce».
Washington a fermement condamné ces tirs qui «menacent l'aviation civile et le commerce maritime dans la région».
«Notre engagement à défendre nos alliés face à ces menaces reste inébranlable», a rappelé pour sa part John Kirby, porte-parole du département d'État, dénonçant des «lancements qui sont devenus bien trop fréquents ces derniers mois».
Le ministère japonais de la Défense a lui «exprimé sa profonde préoccupation face à ces tirs de missiles qui constituent une menace grave pour la sécurité nationale du Japon», selon un communiqué.
Depuis son quatrième essai nucléaire en janvier, suivi en février par un tir de fusée généralement considéré comme un essai balistique déguisé, la Corée du Nord multiplie les lancements de missiles.
La dernière fois, il s'agissait d'un engin tiré le 24 août à partir d'un sous-marin (SLBM). Le missile avait parcouru un demi-millier de kilomètres en direction du Japon, ce qui constituait pour les experts une nette avancée dans les programmes balistiques nord-coréens.
Menace nucléaire
Une véritable capacité SLBM ferait monter d'un cran la menace nucléaire nord-coréenne, en ce que Pyongyang pourrait porter sa dissuasion bien au-delà de la péninsule coréenne. Elle offrirait également à la Corée du Nord une capacité de «seconde frappe» dans l'éventualité d'une attaque contre ses bases militaires.
Ce tir avait été qualifié par le dirigeant nord-coréen Kim Jong-Un «d'immense succès» qui place Pyongyang à «l'avant-garde des puissances militaires dotées de capacité nucléaire d'attaque».
«Il a souligné la nécessité de continuer dans la lignée de ces réalisations miraculeuses en renforçant la force nucléaire, pas après pas, en cette année historique», a indiqué mardi l'agence officielle KCNA. L'exercice visait à vérifier les «capacités des unités» et la précision des «missiles balistiques améliorés», a ajouté Kim Jong-Un, toujours selon l'agence.
Les résolutions de l'ONU interdisent à la Corée du Nord tout programme nucléaire ou balistique.
«Le lancement par la Corée du Nord de missiles balistiques constitue une violation directe des résolutions du conseil de sécurité de l'ONU qui vise à vanter ses capacités nucléaires et balistiques pendant le sommet du G20», a accusé le porte-parole sud-coréen.
Ces tirs survenaient quelques heures après une rencontre entre la présidente sud-coréenne Park Geun-Hye et le président chinois Xi Jinping en marge du G20.
La Chine est le principal allié de Pyongyang, qu'elle porte à bout de bras économiquement, mais les relations se sont tendues à cause du programme nucléaire nord-coréen.
Séoul a riposté à la multiplication des tirs de missiles nord-coréens en acceptant le déploiement controversé sur son sol du bouclier antimissiles américain THAAD, une décision condamnée à la fois par Pékin et Moscou.
À Hangzhou, Xi Jinping a réitéré l'opposition de son pays au déploiement du système antimissiles américain, arguant qu'une «mauvaise gestion» pourrait «intensifier les différends» dans la région, selon l'agence Chine Nouvelle.
Mme Park a déclaré que les provocations persistantes de Pyongyang représentaient un «défi» pour les relations entre Séoul et Pékin, d'après l'agence sud-coréenne Yonhap.