Le leader indépendantiste catalan Carles Puigdemont a expliqué mardi s’être rendu en Belgique pour y trouver «liberté et sécurité», après que l’Espagne eut demandé qu’il réponde à des accusations qui pourraient l’envoyer en prison pour les prochaines décennies.

Puigdemont sommé de comparaître à Madrid

BRUXELLES — Une juge somme les ex-dirigeants du gouvernement catalan destitué de comparaître jeudi matin devant la Cour nationale d’Espagne, à Madrid, pour être interrogés dans le cadre d’une enquête pour rébellion liée à la déclaration d’indépendance de la Catalogne.

Le leader indépendantiste catalan Carles Puigdemont a expliqué mardi s’être rendu en Belgique pour y trouver «liberté et sécurité», après que l’Espagne eut bloqué sa déclaration d’indépendance et demandé qu’il réponde à des accusations qui pourraient l’envoyer en prison pour les prochaines décennies. Cinq autres membres du gouvernement destitué se trouvent avec M. Puigdemont.

Au lendemain de son arrivée à Bruxelles, M. Puigdemont a déclaré, lors d’une conférence de presse très courue, qu’il rentrerait chez lui «immédiatement» si l’Espagne lui garantissait un traitement équitable. Il a balayé du revers de la main les rumeurs selon lesquelles il demanderait l’asile politique en Belgique.

M. Puigdemont a dit que son équipe et lui resteraient à Bruxelles pour «continuer [leur] travail, en dépit des limites qui [leur] sont imposées».

Le procureur général d’Espagne a annoncé lundi son intention de porter des accusations de rébellion, de sédition et de détournement de fonds contre les membres du gouvernement catalan destitué.

La Cour suprême espagnole a accepté mardi d’examiner les dossiers de six leaders catalans qui jouissent d’une certaine immunité parlementaire, tandis que celui de M. Puigdemont est entre les mains de la Cour nationale.

Hausse des appuis à l’indépendance

M. Puigdemont a annoncé que les indépendantistes brigueraient les suffrages lors du scrutin du 21 décembre organisé par Madrid, apaisant les craintes d’un éventuel boycottage séparatiste.

Les résultats d’un sondage publié mardi par un institut lié au gouvernement catalan indiquent que les appuis favorables à l’indépendance ont augmenté à la suite des événements tumultueux du dernier mois. Selon ce sondage, le taux de citoyens catalans pour l’indépendance de leur région a augmenté à 48,7 %, alors qu’il s’élevait à 41,1 % en juin. À l’opposé, la proportion de Catalans opposés au projet a chuté à 43,6 %, comparativement à 49,4 % en juin.