Ancien conseiller d’une banque d’affaires, âgé de 54 ans, l’économiste Gitanas Nauseda séduit les électeurs à la recherche d’un président impartial au-dessus des querelles politiques.

Présidentielle lituanienne: un novice et une ex-ministre au deuxième tour

VILNIUS — L’économiste Gitanas Nauseda, novice en politique, est arrivé en tête du premier tour de l’élection présidentielle en Lituanie et affrontera au second tour le 26 mai l’ex-ministre conservatrice des Finances, Ingrida Simonyte.

Le premier ministre de centre gauche Saulius Skvernelis, battu dimanche, a annoncé qu’il démissionnera le 12 juillet, date à laquelle s’achève le second mandat de la présidente sortante Dalia Grybauskaite.

Selon des résultats quasi-complets publiés dans la nuit de dimanche à lundi, M. Nauseda a recueilli 31,07 % des voix et Mme Simonyte 29,46 %, tandis que M. Skvernelis est arrivé troisième avec 20,72 %. La participation a atteint 54,96 %.

«Je veux remercier tous ceux qui ont pris à cœur notre message qui dit que nous voulons un État-providence en Lituanie et que nous voulons plus de paix politique», a déclaré M. Nauseda.

La campagne présidentielle a été dominée par la question de la fracture sociale entre riches et pauvres qui grandit en Lituanie en dépit d’une croissance solide. Les trois favoris avaient affirmé qu’ils chercheraient à s’attaquer à ce problème.

«Nauseda a plus de chances d’attirer des voix données aux autres candidats [au premier tour], surtout à gauche», a estimé un analyste de l’Université de Vilnius Ramunas Vilpisauskas.

Selon lui, aucun des favoris n’introduirait de changements radicaux concernant la diplomatie et la défense.

«Avec Nauseda, on pourra avoir des modifications tactiques dans la communication avec les voisins, mais la ligne stratégique ne devrait pas changer», a encore dit à l’AFP le politologue. «Après le premier tour, il est évident que les Lituaniens ont voté pour la continuité».

«Réduire la polarisation»

M. Skvernelis n’a pas attendu le résultat final du décompte des voix pour reconnaître sa défaite.

«Mon échec à parvenir au second tour reflète l’estimation portée sur moi en tant qu’homme politique», a-t-il dit à la télévision publique LRT. «En tant qu’homme politique, j’accepte cette estimation et dois prendre cette décision», a-t-il ajouté, précisant qu’il présenterait la démission de son gouvernement en juillet. Cette date permettra au nouveau chef de l’État de nommer son successeur.

Ancien conseiller d’une banque d’affaires, âgé de 54 ans, M. Nauseda séduit les électeurs à la recherche d’un président impartial au-dessus des querelles politiques.

Il propose de combattre l’injustice sociale partout dans ce pays de 2,8 millions d’habitants, à la démographie déclinante en raison, notamment, d’une migration massive de jeunes vers l’Occident.

Après avoir fait son devoir civique dès vendredi dans le cadre du vote anticipé, il a déclaré qu’il avait «le sentiment d’avoir la lourde responsabilité de réduire la polarisation».

«Nous ne pouvons pas isoler Vilnius du reste de la Lituanie», avait lancé sa rivale, Ingrida Simonyte, 44 ans, au cours de la réunion de clôture de sa campagne électorale dans la capitale. Elle a proposé de réduire le fossé économique entre zones rurales et urbaines grâce à la stimulation de la croissance.

Libérale, elle soutient l’union entre personnes de même sexe.

Des électeurs interrogés par l’AFP dimanche ont souhaité notamment un renforcement de la lutte contre la corruption et une amélioration de leur pouvoir d’achat.