À l'origine de cette brume toxique, les émissions issues du chauffage et du trafic routier, conjuguées à une absence de vent et des températures qui créent un couvercle d'air chaud et maintiennent les particules près du sol.

Pollution tenace en France

Face à un pic de pollution inédit dans plusieurs régions de France depuis dix ans, les autorités ont reconduit pour vendredi une série de mesures rares, comme la circulation alternée, avec des résultats mitigés du fait de l'incivisme des automobilistes.
Pour la quatrième journée consécutive, seule une partie des véhicules pourront circuler en région parisienne, nappée d'un tenace nuage méphitique. Le taux de particules dépasse le seuil d'alerte (80 microgrammes par mètre cube) depuis plus d'une semaine.
La vallée du Rhône, très industrialisée, est également affectée et une circulation alternée sera pour la première fois mise en place vendredi à Lyon.
La Normandie, le nord de la France, et les zones urbaines des Alpes ou des Pyrénées sont aussi touchés.
Yeux qui piquent, maux de tête, gorge qui gratte... Face aux risques, le mot d'ordre est d'éviter de faire du sport en plein air et de voir un médecin en cas de symptômes inhabituels. Les enfants des écoles parisiennes sont privés de récréation.
À l'origine de cette brume toxique, les émissions issues du chauffage et du trafic routier, conjuguées à une absence de vent et des températures qui créent un couvercle d'air chaud et maintiennent les particules près du sol.
Rare en hiver
Ce genre de crise prolongée se produit surtout au printemps ou en été. En hiver, cela ne dure généralement qu'un jour ou deux. Mais cette fois l'épisode s'est maintenu, en raison d'un anticyclone bien installé.
Un «léger mieux» est prévu pour vendredi, même si le seuil limite devrait encore être franchi, selon l'organisme régional de surveillance Airparif.
En Alsace, cette pollution s'est agglomérée en neige dans certaines zones industrielles, l'humidité se condensant autour des particules. Le phénomène, surprenant, n'est pas dangereux, a expliqué Yves Grégoris, un responsable de Météo France: «il vaut mieux fouler aux pieds la pollution que la respirer».
Selon l'OMS, la pollution de l'air est responsable de 42 000 décès prématurés en France et 400.000 dans l'Union européenne.