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Après un déluge de feu dans la nuit, l’armée israélienne a lancé de nouvelles frappes, tandis que dans le sud d’Israël, les sirènes d’alarme n’ont cessé de retentir pour alerter de tirs de roquettes en provenance du territoire palestinien limitrophe.
Après un déluge de feu dans la nuit, l’armée israélienne a lancé de nouvelles frappes, tandis que dans le sud d’Israël, les sirènes d’alarme n’ont cessé de retentir pour alerter de tirs de roquettes en provenance du territoire palestinien limitrophe.

Pas de répit à Gaza, l’offensive diplomatique s’intensifie

Mai Yaghi
Agence France-Presse
Daphné Rousseau
Agence France-Presse
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L’offensive de la communauté internationale s’intensifie mardi pour tenter de faire cesser les bombardements de l’armée israélienne sur Gaza et les salves de roquettes palestiniennes sur Israël, sans signe d’accalmie après une semaine d’escalade meurtrière.

Depuis le début lundi de ce nouveau cycle de violences entre l'État hébreu et des groupes palestiniens de la bande de Gaza, au moins 221 personnes, en majorité des Palestiniens, ont été tuées.

Le conseil de Sécurité de l’ONU doit se réunir une quatrième fois en urgence mardi, alors que les États-Unis refusent toujours l’adoption d’une déclaration du Conseil appelant à «une cessation des violences».

Le président américain Joe Biden, accusé par son camp de manque de fermeté face à Israël, a exprimé lundi soir son soutien à un «cessez-le-feu», lors d’un nouvel entretien téléphonique avec le premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.

Mais les protagonistes restaient sourds à ces appels. «Notre ligne est de continuer à frapper les cibles terroristes», martelait lundi soir le chef du gouvernement israélien.

Dans la nuit, les raids se sont poursuivis sur l’enclave palestinienne : peu après minuit, les avions de chasse israéliens ont lâché plusieurs missiles sur des bâtiments de la ville de Gaza et les déflagrations ont embrasé le ciel de l’enclave côtière, ont constaté des journalistes de l’AFP.

Les bombardements de la veille avaient notamment touché les bureaux à Gaza du Croissant-Rouge qatari ainsi que la seule clinique pratiquant des dépistages de COVID dans l’enclave minée par la pauvreté et sous blocus israélien depuis près de 15 ans.

Civils 

Depuis le début lundi de ce nouveau cycle de violences entre l'État hébreu et des groupes palestiniens de la bande de Gaza, au moins 221 personnes, en majorité des Palestiniens, ont été tuées.

«Nous ne pouvons rien faire d’autre que de rester chez nous, la mort peut arriver à tout moment», a lancé Rouba Abou Al-Auf à Gaza. «Les bombardements sont fous et ne font pas de distinction entre les gens.»

Les missiles israéliens ont laissé par endroits des cratères dans la chaussée et fortement endommagé le réseau électrique, plongeant de nouveau Gaza dans la quasi obscurité.

À la crise sécuritaire s’ajoute le risque d’une crise humanitaire, avec près de 40 000 Palestiniens déplacés et 2500 personnes qui ont perdu leur maison dans les bombardements.

Le mouvement islamiste Hamas, au pouvoir à Gaza, a menacé de tirer de nouvelles roquettes en direction de Tel-Aviv si l’aviation israélienne ne cessait «pas de cibler des civils», tandis que ses missiles se sont abattus par dizaines sur le sud d’Israël.

L’armée dit avoir ciblé ce qu’elle appelle «le métro», des tunnels souterrains qui permettent selon Israël au mouvement islamiste de faire circuler ses munitions ainsi que les maisons de commandants du Hamas, affirmant que certaines servaient à «stocker des armes».

Depuis le début des hostilités, le 10 mai, 200 Palestiniens ont été tués à Gaza dont au moins 59 enfants, et plus de 1300 blessés, selon un bilan palestinien.

Côté israélien, 10 personnes ont été tuées, dont un enfant, et 294 blessées après des tirs de roquettes.

Sur un autre front, de nouvelles roquettes ont été tirées du sud du Liban vers Israël, mais ne sont pas tombées en territoire israélien, a indiqué l’armée en faisant état de tirs de représailles en direction du «point de lancement» des projectiles.

Diplomatie «discrète»

En Cisjordanie, territoire palestinien occupé par Israël depuis 1967, le président Mahmoud Abbas a plaidé devant l’émissaire américain Hady Amr pour une «intervention» de Washington.

La porte-parole de la Maison-Blanche Jen Psaki a elle défendu l’approche diplomatique «discrète», mais «intensive» de Washington sur ce dossier.

Les présidents français et égyptien Emmanuel Macron et Abdel Fattah-Al-Sissi travaillent eux aussi à une médiation visant à obtenir un cessez-le-feu et comptent solliciter l’appui de la Jordanie. Un autre canal s’est ouvert, via l’ONU, aidé du Qatar et de l’Égypte.

Bruxelles se penchera à son tour sur le conflit en cours, le plus meurtrier depuis l’été 2014, lors d’une viso-réunion d’urgence des ministres européens des Affaires étrangères prévue dans la journée.

Le nouveau conflit a éclaté le 10 mai avec un barrage de roquettes du Hamas sur Israël en «solidarité» avec les centaines de manifestants palestiniens blessés dans des heurts avec la police israélienne sur l’Esplanade des mosquées à Jérusalem-Est. À l’origine des violences, la menace d’expulsion de familles palestiniennes au profit de colons israéliens dans ce secteur palestinien occupé par Israël depuis plus de 50 ans.

Les hostilités se sont étendues à la Cisjordanie où des affrontements avec l’armée israélienne ont fait 20 morts en une semaine selon un dernier bilan palestinien.

Le Fatah a appelé à une «journée de colère» et de grève générale mardi, appel également relayé dans les villes arabes israéliennes et dans les villes «mixtes» d’Israël, où la tension entre Juifs et Arabes reste vive.