Un enfant reçoit des traitements après une attaque chimique dans le fief rebelle et djihadiste de Khan Cheikoun, dans le nord-ouest de la Syrie.

Paris rend Damas responsable de l'attaque au sarin en Syrie

L'attaque au sarin contre la localité syrienne de Khan Cheikhoun, qui a tué début avril 88 personnes et horrifié le monde, porte «la signature» de Damas, a accusé mercredi la France dans un rapport de ses services de renseignement incriminant le régime.
Ce document démontre également «que le régime détient toujours des agents chimiques de guerre, en violation des engagements à les éliminer qu'il a pris en 2013», selon un communiqué de la présidence française.
«La France a décidé de partager avec ses partenaires et avec l'opinion publique mondiale les informations dont elle dispose», a déclaré le chef de la diplomatie française, Jean-Marc Ayrault, à l'issue d'un Conseil de défense réuni autour du président François Hollande.
L'attaque perpétrée le 4 avril contre la localité de Khan Cheikhoun, en zone rebelle, a fait 88 morts, dont 31 enfants, selon un dernier bilan de l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), et a entraîné des frappes de représailles américaines le 7 avril sur une base aérienne du régime. Ce dernier a toujours démenti être impliqué et estimé que l'attaque était «une fabrication à 100 %».
«Le fait du recours au sarin ne fait guère de doutes, mais il est impossible de faire des conclusions sur qui en est responsable sans une enquête internationale», a réagi le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, qui souligne que Moscou «ne comprend pas que l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques [OIAC] s'abstienne pour l'heure d'une telle enquête».
La France, dont les services assurent avoir «prouvé» cinq attaques au gaz sarin en Syrie depuis avril 2013, selon un décompte fourni avec le rapport, s'appuie sur des prélèvements sur place et analyses effectuées sur les victimes, selon une source diplomatique française.
Mais c'est surtout le procédé de fabrication du gaz qui permet à la France d'incriminer le régime de Damas. Le sarin prélevé à Khan Cheikhoun a été comparé avec des prélèvements réalisés après une attaque de 2013 imputée au régime à Saraqeb (nord-ouest).
«Nous sommes en mesure de confirmer que le sarin employé le 4 avril est le même sarin que celui qui a été employé dans une attaque intervenue à Saraqeb le 29 avril 2013», a déclaré M. Ayrault.