Joe Biden et Bernie Sanders

Ouverture du débat démocrate: Biden passe à l’attaque

MIAMI — Le vétéran de la politique Joe Biden a accusé jeudi le républicain Donald Trump d’avoir mis l’Amérique dans une «situation horrible», en ouverture du débat démocrate pour la présidentielle américaine de 2020, test majeur pour ce favori des sondages.

C’est le sénateur indépendant Bernie Sanders, «socialiste» revendiqué, qui a ouvert le débat en dénonçant les inégalités économiques : «Nous pensons que l’heure est au changement, un changement véritable.»

Interrogé à son tour sur l’économie, le centriste Biden a dénoncé la réforme fiscale introduite par le président américain.

«Donald Trump pense que Wall Street a construit l’Amérique», a-t-il lancé. «Donald Trump nous a mis dans une situation horrible. Nous avons des inégalités salariales énormes», alors que sa campagne est axée sur la protection de la classe moyenne.

Devant le nombre record de candidats se pressant pour en découdre avec le président républicain, les organisateurs ont dû diviser le débat télévisé en deux parties.

Pour ce second round, jeudi soir, plusieurs gros calibres ont pris place sur le plateau à 21h, à Miami en Floride, un État clé dans les élections américaines.

Le centriste Biden, ancien vice-président de Barack Obama, domine dans le camp démocrate les sondages de la tête et des épaules, mais il mène une campagne à l’économie depuis l’annonce de sa candidature le 25 avril, évitant jusqu’ici au maximum la confrontation avec ses rivaux. Et à 76 ans, beaucoup s’interrogent sur sa capacité à tenir la distance d’une longue course qui doit s’achever en novembre 2020.

Donald Trump ironise d’ailleurs régulièrement sur son manque d’énergie présumée, et l’a affublé du surnom «Joe-Dodo».

Donné à 32 % en moyenne dans les sondages nationaux, il est aux côtés de Bernie Sanders (17 %), le candidat qui avait inquiété Hillary Clinton en 2016.

Complètent ce groupe de favoris la sénatrice noire de Californie Kamala Harris et le jeune maire de South Bend (Indiana) Pete Buttigieg, premier candidat de poids dans une élection présidentielle à se déclarer homosexuel.

Warren en troisième place

Dix premiers candidats s’étaient déjà opposés mercredi soir, lors d’une première manche marquée par la confirmation du statut d’Elizabeth Warren, égérie de la gauche du parti, parmi les principaux prétendants de la course.

Ce premier acte a rencontré un large auditoire dans le public américain. Selon la chaîne NBC, diffuseur du débat, 24 millions de personnes l’ont regardé, à la télévision ou en baladodiffusion.

Pourfendeuse de Wall Street âgée de 70 ans, c’est armée d’un programme déjà très étoffé qu’Elizabeth Warren a grimpé à la troisième place des sondages (à environ 13 %) pour l’investiture démocrate. Réponses courtes mais bien construites, elle a dénoncé mercredi «une économie qui marche parfaitement pour ceux qui ont de l’argent, mais pas pour les autres».

Ces premiers débats télévisés sont aussi pour les «petits candidats» l’occasion de se faire connaître du grand public.

Dans cette ville de Miami où sept habitants sur dix sont hispaniques, Julian Castro n’a pas raté ce rendez-vous mercredi.

Ancien maire de la ville texane de San Antonio et ancien ministre du Logement de Barack Obama, il a créé la sensation lors des échanges sur l’immigration, jouant à fond sur ses origines mexicaines et sur sa connaissance du dossier.

Julian Castro, 44 ans, s’est habilement saisi de la polémique sur la gestion par Donald Trump de la crise migratoire à la frontière avec le Mexique. Le thème s’est naturellement imposé quelques heures après la publication d’une photo-choc d’un père et de sa fillette noyés dans le fleuve Rio Grande.

Signe de l’importance du vote hispanique, plusieurs candidats ont prononcé quelques phrases en espagnol au cours de ce premier débat.

Proche des 0 % dans les sondages, le maire de New York, Bill de Blasio, réputé terne et impopulaire, a été l’autre surprise de ce premier acte.

Il s’est montré incisif, n’a pas hésité à interrompre un de ses rivaux et a lancé plusieurs tirades passionnées, en affirmant vouloir replacer «les travailleurs au premier plan».

C’est l’Iowa qui, en février 2020, sera le premier État à se prononcer dans ces primaires démocrates.