Porto Rico, où l'ouragan Maria a fait au moins 13 morts, a fait face à des inondations, des pluies torrentielles et le réseau de télécommunications y est presque entièrement détruit.

Ouragan Maria: le gouverneur de Porto Rico craint une «crise humanitaire»

Le gouverneur de Porto Rico, Ricardo Rossello, a dit lundi craindre «une crise humanitaire» dans l'île si les États-Unis ne prenaient pas des «mesures immédiates» pour venir en aide au territoire américain dévasté mercredi par l'ouragan Maria.
«Si nous ne voulons pas d'une situation de crise humanitaire aux États-Unis nous devons prendre des mesures immédiates», a-t-il assuré lors d'une conférence de presse dans la capitale San Juan.
«Si nous voulons éviter un exode massif, nous devons agir», a-t-il martelé, invitant le Congrès américain «à prendre rapidement des mesures». «L'ampleur de cette catastrophe est énorme», a-t-il assuré, rappelant que l'île se trouvait dans une situation économique compliquée. La dette du territoire est abyssale et dépasse les 70 milliards de dollars.
Porto Rico, où l'ouragan a fait au moins 13 morts, a fait face à des inondations, des pluies torrentielles et le réseau de télécommunications y est presque entièrement détruit.
«Nous avons beaucoup de travail à faire, nous nous rendons compte de cela», lui a répondu lors de la même conférence de presse le chef de l'Agence américaine des situations d'urgence (Fema), Brock Long. «Nous travaillons 24 heures sur 24 pour rétablir» la situation, a-t-il assuré, indiquant que la priorité était «encore de sauver des vies».
«Vous obtiendrez ce dont vous avez besoin», a assuré lors de la même rencontre Thomas Bossert, conseiller à la sécurité intérieure du président américain Donald Trump. Lui dit avoir «vu une grande dévastation» sur place.
De son côté, la Maison-Blanche a rejeté lundi les critiques sur sa réaction jugée par certains trop timorée face aux dégâts dévastateurs de Maria.
Pendant ce temps, de nombreux habitants de l'île nettoient et réparent eux-mêmes les dégâts, tandis que la vie reprend tout doucement son cours.
Rationnement d'essence et d'eau
Certains petits commerces et restaurants, dotés de générateurs, rouvrent ainsi leurs portes, mais les files d'attente sont encore longues devant les quelques supermarchés et stations service ouverts, alors que l'essence, l'eau et la glace sont rationnées.
«Beaucoup de maisons n'ont plus de toit, et de nombreux arbres et poteaux électriques sont au sol», décrit Angel Marcano, un travailleur social de 45 ans du quartier populaire de La Perla, celui-là même où le clip du tube planétaire Despacito, interprété par le chanteur portoricain Luis Fonsi, a été tourné.
«J'ai eu peur, je me suis inquiété, j'ai perdu mon sang-froid, mais maintenant il faut se remonter les manches et travailler pour remettre le quartier et les communautés en état», a-t-il conclu.

Trump reconnaît que Porto Rico est «en difficulté»

«Le Texas et la Floride font de l'excellent travail, mais Porto Rico, qui souffrait déjà d'infrastructures en mauvais état et de dettes énormes, est en difficulté», a twitté dans la soirée Donald Trump.
Le président américain Donald Trump a reconnu dans un tweet lundi soir que Porto Rico était «en difficulté», après avoir fait face à de virulentes critiques pour avoir concentré son attention sur une polémique autour de joueurs de football plutôt que sur ce territoire américain dévasté par l'ouragan Maria.
«Le Texas et la Floride font de l'excellent travail, mais Porto Rico, qui souffrait déjà d'infrastructures en mauvais état et de dettes énormes, est en difficulté», a twitté dans la soirée Donald Trump, en comparant l'île aux deux États affectés par les ouragans Harvey fin août et Irma début septembre et dans lesquels il s'était rendu.
«Son réseau électrique ancien, en très mauvais état, a été dévasté. Une grande partie de l'île a été détruite, alors qu'(elle) doit des milliards de dollars à Wall Street et aux banques, une (dette) qui malheureusement doit être honorée», a poursuivi le président américain, estimant que «l'alimentation, l'eau et les médicaments» étaient «les principales priorités» sur place.