Comme seulement 48 des 52 sénateurs républicains ont affirmé vouloir voter en faveur de l'abrogation d'Obamacare, le projet de réforme de l'administration Trump est assuré d'être défait.

Obamacare survit grâce... aux républicains

Le projet républicain de réforme du système de santé américain a été de facto coulé lundi par des sénateurs de la majorité opposés au plan dans sa forme actuelle, marquant un nouvel échec pour le parti au pouvoir et le président Donald Trump.
Les sénateurs conservateurs Mike Lee et Jerry Moran ont annoncé lundi soir sur Twitter leur opposition, portant à quatre - sur 52 - le nombre de républicains opposés au texte élaboré par les chefs du Sénat. Pour passer, le texte aurait eu besoin d'au moins 50 voix, sur 100 sénateurs.
«Nous devons repartir à zéro avec un processus législatif ouvert», a déclaré Jerry Moran, sénateur du Kansas.
«Outre le fait qu'elle n'abroge pas la totalité des impôts d'Obamacare, [la proposition de loi] ne va pas assez loin pour baisser les prix des assurances pour la classe moyenne», a déclaré Mike Lee, se joignant ainsi au conservateur Rand Paul et à la sénatrice modérée Susan Collins.
Les républicains, au pouvoir à la Maison-Blanche et dans les deux chambres du Congrès, avaient promis d'abroger Obamacare, la loi démocrate sur la couverture maladie signée par Barack Obama en 2010.
Mais des républicains conservateurs, d'une part, et des modérés, d'autre part, s'opposent au plan de compromis élaboré par les chefs du parti, les premiers regrettant qu'il ne s'agisse pas d'une abrogation totale, les seconds dénonçant la réduction du budget de la santé, qui affecteraient démesurément les populations les plus modestes.
La majorité avait déjà dû reporter le vote, prévu cette semaine, en raison de l'absence de John McCain, en convalescence chez lui après une intervention chirurgicale qui a consisté à retirer un caillot de sang au-dessus d'un oeil.
Mais le chef du Sénat Mitch McConnell n'avait pas encore annoncé lundi soir ses intentions quant à un éventuel nouveau report ou à l'annulation pure et simple de sa réforme.