La sénatrice républicaine Susan Collins est la troisième membre de la majorité à s'opposer à la mise à mort de la couverture maladie mise en place par l'ex-président Barack Obama.

Obamacare: nouvelle défection républicaine

Le projet républicain de «détricotage» de la loi sur la couverture maladie de Barack Obama semblait mort lundi après la défection de trois sénateurs de la majorité, mettant en échec une promesse de leur parti et du président Donald Trump.
Après John McCain et Rand Paul, c'est la modérée Susan Collins qui a annoncé lundi son opposition dans un communiqué sévère, reprochant à sa majorité une proposition de loi bâclée et aux conséquences graves pour les patients.
«Cette proposition de loi aurait un impact négatif important sur le nombre de gens couverts par une assurance», a-t-elle déclaré.
Les républicains n'ayant que 52 sièges sur 100 dans la chambre haute du Congrès, ces trois défections, à moins d'un changement d'avis, suffiraient à faire échouer un vote, que les chefs de la majorité espéraient convoquer cette semaine, avant la fin de l'année budgétaire 2017.
Déjà en juillet, une mouture précédente de la réforme républicaine avait échoué à une voix près, provoquant l'ire de Donald Trump, qui avait promis de débarrasser le pays d'Obamacare.
Le coup de grâce a été donné par le Bureau du budget du Congrès (CBO), qui a publié lundi une analyse alarmante sur la proposition de loi dite Graham-Cassidy. Selon les économistes du CBO, des «millions» de personnes supplémentaires seraient poussées hors des systèmes de couverture maladie par cette réforme.
Hémorragie
En raison de la rédaction précipitée du texte, ces experts n'ont pas eu le temps de faire une analyse précise. Des versions précédentes auraient fait «perdre» leur assurance à entre 16 et 32 millions de personnes d'ici 2026.
Le plan républicain consistait à transférer aux États une partie du budget fédéral de la santé, tout en réduisant les crédits et en autorisant les autorités locales à déréglementer le marché privé des assurances maladie.
Une coalition de médecins, d'associations de malades, de compagnies d'assurance et d'élus démocrates s'est mobilisée pour faire échouer cette tentative de la dernière chance.
Encore lundi, une audition parlementaire a été perturbée par des dizaines de manifestants en fauteuils roulants, qui ont dû être expulsés de la salle par la police.
«Tuez la réforme, pas nous!» ont-ils scandé, créant un vacarme dans les couloirs d'un bâtiment annexe du Capitole.
«Obamacare est un échec», a pourtant défendu l'un des coauteurs du projet républicain, Bill Cassidy. «La réalité est que les classes moyennes ont vu leurs primes d'assurance exploser».
«Si on n'arrête pas l'hémorragie, le système va s'effondrer devant nos yeux», a lancé son compère, Lindsey Graham, qui a souligné que dans son État de Caroline du Sud, un seul assureur privé était resté sur le marché des assurances-maladie individuelles, contre cinq avant Obamacare. Ce marché vise les individus qui ne sont pas assurés par leur employeur; Obamacare a créé des subventions, mais imposé de nouvelles réglementations coûteuses.
«Personne n'est obligé d'acheter une guimbarde au prétexte que c'est la seule voiture disponible», a répliqué le démocrate Ron Wyden, reprochant aux républicains de vouloir adopter à tout prix n'importe quelle réforme dans le seul but de tenir une promesse de campagne.
Environ 10 % des 273 millions d'Américains de moins de 65 ans vivent actuellement sans couverture maladie, un point bas historique, alors que cette proportion était de 18 % en 2010, l'année de l'adoption d'Obamacare.