«Alors que je me prépare à passer le relais et à faire mon devoir en tant que citoyen, je suis fier de dire que nous avons construit de nouvelles fondations pour l'Amérique», écrit le 44e président américain.

Obama défend son héritage dans une lettre aux Américains

Le président américain Barack Obama a défendu jeudi dans une lettre aux Américains le travail réalisé sous son double mandat, en particulier l'Obamacare que son successeur républicain Donald Trump a promis d'abroger.
La Maison Blanche a publié cette lettre du président accompagnée de rapports de chaque ministère sur les progrès réalisés depuis l'arrivée au pouvoir de Barack Obama voilà huit ans alors que la principale économie mondiale était au bord de la dépression.
«Alors que je me prépare à passer le relais et à faire mon devoir en tant que citoyen, je suis fier de dire que nous avons construit de nouvelles fondations pour l'Amérique», écrit le 44e président américain.
Parmi les principales réalisations de son administration, il cite le redressement de l'économie américaine, la réduction des opérations militaires en Afghanistan et en Irak, une nette réduction de la dépendance au pétrole étranger et l'accord de Paris sur le climat.
Mais c'est la réforme de l'assurance santé, l'Affordable Care Act (2010) connu sous le nom d'Obamacare et que Donald Trump veut abroger dès son entrée en fonctions le 20 janvier, qui figure parmi les réalisations en tête de liste.
Obama a lancé une offensive avant son départ pour tenter de sauver cette réforme, pièce centrale de son bilan. Mercredi, il a effectué une rare visite au Congrès pour battre le rappel des démocrates avant ce qui s'annonce comme le premier combat majeur de la prochaine présidence.
Cette visite a coïncidé avec celle du vice-président élu Mike Pence venu rencontrer les parlementaires républicains qui contrôlent les deux chambres.
«L'abrogation d'Obamacare est la première chose à l'ordre du jour», a déclaré Mike Pence à la sortie. «L'architecture de la version de remplacement se formera, par la procédure législative, dans les semaines et les mois à venir».
Trump lui-même avait auparavant mis en garde contre toute précipitation, conseillant sur Twitter aux républicains de laisser l'Obamacare «s'effondrer tout seul sous son propre poids».
Dans sa lettre, Obama estime que les Etats-Unis ont «entamé un long travail pour faire reculer l'inégalité».
«Ce qui n'y contribuera pas, c'est d'enlever l'assurance santé à quelque 30 millions d'Américains, la plupart blancs et issus de la classe ouvrière; de supprimer le paiement d'heures supplémentaires aux travailleurs, plus que méritées pour la plupart; ou de privatiser Medicare et la Sécurité sociale en laissant Wall Street se réguler de nouveau - les Américains de classe moyenne n'ont voté pour rien de tout cela», poursuit-il.
L'Obamacare a été durement attaqué durant la campagne présidentielle alors que les primes d'assurance ont augmenté et que plusieurs assureurs d'importance se sont retirés des marchés publics créés par la réforme. Mais certains éléments de la réforme demeurent populaires, comme les dispositions interdisant aux assureurs de refuser une couverture en invoquant des conditions antérieures ou autorisant les enfants à continuer de bénéficier de la couverture familiale jusqu'à l'âge 26 ans.