L'accord de cessez-le-feu annoncé mardi survient après que de nombreux dirigeants du monde eurent lancé de vibrants plaidoyers pour la protection des civils pris au piège à Alep.

Nouvelle trêve à Alep pour une évacuation générale

L'ambassadeur de la Russie aux Nations Unies, Vitali Tchourkine, a annoncé que les combats avaient pris fin à Alep et que «tous les militants» qui s'y trouvaient toujours, les membres de leur famille ainsi que ceux qui ont été blessés dans les combats se rendaient, mardi en milieu d'après-midi, dans des «corridors convenus».
L'ONU a aussitôt demandé à avoir accès aux secteurs de l'est d'Alep afin de confirmer que les affrontements ont bel et bien cessé et pouvoir gérer l'évacuation des civils et le retrait des combattants rebelles.
En sortant de la réunion spéciale du Conseil de sécurité de l'ONU, l'émissaire des Nations Unies en Syrie, Staffan de Mistura, a indiqué que l'organisation estimait que des groupes armés contrôlaient toujours une zone de cinq kilomètres carrés dans Alep-Est.
Il a dit que sa préoccupation première était de s'assurer de la sécurité des quelque 50 000 civils toujours captifs dans la ville.
Prenant la parole un peu plus tôt, M. Tchourkine a affirmé «qu'il n'est pas question d'une cessation des hostilités ou d'une opération humanitaire spéciale» puisque les combats ont déjà pris fin à Alep.
Des camps en Turquie
Les rebelles syriens avaient précédemment annoncé la conclusion d'une trêve avec la Russie pour évacuer civils et insurgés de la dernière enclave rebelle de la ville.
Un responsable du gouvernement turc a quant à lui précisé que les «civils et les rebelles modérés avec des armes légères pourront se rendre en sécurité jusqu'à Idleb», à quelques dizaines de kilomètres à l'ouest d'Alep.
Le vice-premier ministre turc, Mehmet Simsek, a fait savoir sur Twitter que la Turquie allait «installer un camp de tentes pour accueillir jusqu'à 80 000 réfugiés syriens fuyant Alep», sans plus de détails.
De son côté, M. De Mistura a estimé qu'environ 1500 combattants se trouveraient toujours à Alep. Environ 30 % d'entre eux seraient des membres du front Fatah Al-Salah - lié à Al-Qaida -, précédemment connu sous le nom de Front Al-Nosra.
Il a toutefois ajouté que ces chiffres devaient être interprétés avec une grande précaution, puisque l'ONU n'est pas sur place.
L'émissaire ne pouvait par ailleurs dire avec certitude si les combattants qui quittent Alep déposent du même coup leurs armes.  Avec AFP