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Dans la nuit de dimanche à lundi, l’aviation israélienne a pilonné la bande de Gaza à des dizaines de reprises en l’espace de quelques minutes, provoquant des coupures de courant, a constaté un journaliste de l’AFP.
Dans la nuit de dimanche à lundi, l’aviation israélienne a pilonné la bande de Gaza à des dizaines de reprises en l’espace de quelques minutes, provoquant des coupures de courant, a constaté un journaliste de l’AFP.

Nouvelle nuit de pilonnage de Gaza par Israël, environ 200 morts en une semaine

Adel Zaanoun
Agence France-Presse
Claire Gounon
Agence France-Presse
Sakher Abou El-Oun
Agence France-Presse
Alexandra Vardi
Agence France-Presse
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L’armée israélienne a mené aux premières heures de lundi une intense série de frappes sur Gaza, après une semaine noire ayant fait quelque 200 morts dans les violences entre l’État hébreu et le Hamas islamiste, restés sourds aux appels internationaux à la désescalade.

Dans la nuit de dimanche à lundi, l’aviation israélienne a pilonné la bande de Gaza à des dizaines de reprises en l’espace de quelques minutes, provoquant des coupures de courant, a constaté un journaliste de l’AFP.

Des centaines de bâtiments ont été endommagés, d’après les autorités locales, qui n’ont pas fait état de victimes dans l’immédiat.

Dans un court communiqué, l’aviation israélienne a indiqué que ses «avions de chasse» étaient en train de frapper «des cibles terroristes» à Gaza, sans épiloguer.

«Il n’y a jamais eu de frappes d’une telle ampleur», a témoigné Mad Abed Rabbo, 39 ans, qui vit dans l’ouest de la ville de Gaza, faisant part de son «horreur, peur».

«J’ai eu l’impression de mourir», a déclaré une autre habitante de Gaza, Mani Qazaat. «Netanyahu doit se rendre compte que nous sommes des civils, pas des militaires».

Ces nouvelles frappes israéliennes interviennent alors que l’enclave palestinienne, contrôlée par les islamistes du Hamas, a enregistré dimanche son bilan quotidien le plus lourd depuis le début de ce nouvel épisode de violences: 42 Palestiniens, dont au moins huit enfants et deux médecins, ont péri dans des raids, selon le ministère de la Santé local.

Au total, depuis le 10 mai, 197 Palestiniens ont été tués, dont au moins 58 enfants, et plus de 1200 blessés.

Côté israélien, 10 personnes ont été tuées dont un enfant, et 282 blessées après des tirs de groupes armés palestiniens depuis Gaza.

Journée sanglante dimanche

Les frappes israéliennes ont tué dimanche 42 Palestiniens à Gaza dont de nombreux enfants dans la journée la plus sanglante de cette semaine d’escalade de violence, tandis que la réunion d’urgence du Conseil de sécurité de l’ONU n’a abouti à aucune avancée.

«Le carnage a continué aujourd’hui. Ce cycle insensé d’effusion de sang, de terreur et de destruction doit cesser immédiatement», a déclaré à l’ouverture de la réunion le secrétaire général Antonio Guterres, redoutant que l’explosion de violence ne provoque «une crise sécuritaire et humanitaire incontrôlable». Mais cette troisième session virtuelle n’a accouché d’aucune proposition.

Selon plusieurs diplomates interrogés par l’AFP, les États-Unis, à la position jugée incompréhensible par nombre de ses alliés, continuaient dimanche à refuser toute déclaration commune permettant d’aboutir rapidement à un arrêt des hostilités.

Au total, 42 Palestiniens, dont au moins huit enfants et deux médecins, ont été tués dimanche dans des bombardements israéliens sur Gaza, enclave pauvre de 2 millions d’habitants sous blocus israélien depuis près de 15 ans, selon le ministère de la Santé local.

Il s’agit du plus lourd bilan quotidien depuis le début des violences: au total, depuis le 10 mai, 197 Palestiniens ont été tués, dont au moins 58 enfants, et plus de 1200 blessés.

Côté israélien, 10 personnes ont été tuées dont un enfant, et 282 blessées après des tirs de groupes armés palestiniens depuis Gaza, dont le Hamas au pouvoir.

Ceux-ci ont tiré plus de 3100 roquettes vers Israël depuis le début des hostilités, le rythme le plus élevé de projectiles jamais tirés sur le sol israélien, a indiqué dimanche l’armée israélienne, soulignant qu’une grande partie avait été interceptée par son système antimissile.

«L’intensité de ce conflit, c’est quelque chose que nous n’avons jamais vu auparavant, avec des raids aériens incessants sur Gaza qui est densément peuplée, et des roquettes qui frappent des grandes villes en Israël», s’est alarmé Robert Mardini, directeur général de la Croix-Rouge.

Relativement épargnée ces derniers jours, Jérusalem a été le théâtre dimanche d’une attaque à la voiture-bélier contre une patrouille israélienne dans l’ultra-sensible quartier de Cheikh Jarrah, à Jérusalem-Est, secteur palestinien occupé et annexé par Israël.

L’attaque a fait plusieurs blessés selon la police israélienne qui dit avoir «neutralisé» l’assaillant sans plus de précisions sur son sort ou son identité.

«Surréaliste»

D’après le ministère de la Santé à Gaza, plus de 40 000 personnes ont fui leur logement dans le micro-territoire.

Abou Anas Achkanani a raconté avoir perdu dimanche sa belle-sœur et quatre neveux et nièces, dont l’aîné avait 11 ans, qui dormaient au moment d’une des frappes israéliennes sur le quartier Al-Rimal.

«J’étais dans la maison à côté. [...] Il n’y avait absolument rien, soudain vers 12h, 12h15, il y a eu la frappe dans la rue et c’était l’enfer! [...] On est descendu voir, c’était surréaliste. On a sorti la mère des décombres avec les enfants.»

Franchissant un nouveau palier dans son offensive contre le Hamas, l’armée israélienne a aussi annoncé sur Twitter avoir «attaqué le domicile de Yahya Sinouar et de son frère, un militant terroriste», publiant des images d’une maison pulvérisée dans un nuage de poussière.

Des sources de sécurité palestiniennes ont confirmé la frappe, mais on ignore le sort du chef du Hamas à Gaza.

Le premier ministre Benyamin Nétanyahou a, dans une adresse aux Israéliens avant la fête de Chavouot (Pentecôte) qui a commencé à la tombée de la nuit, réitéré que l’opération allait encore «prendre du temps» et appelé ses compatriotes à limiter leurs «activités en extérieur».

L’armée israélienne a bombardé sans relâche dimanche la bande de Gaza, tuant au moins 40 Palestiniens.

«Légitime»

Ces groupes armés, dont le Hamas, ont tiré plus de 3100 roquettes vers Israël depuis le début des hostilités meurtrières, le rythme le plus élevé de projectiles jamais tirés sur le sol israélien, a indiqué dimanche l’armée israélienne, soulignant qu’une grande partie avait été interceptée par son système antimissile.

«Notre campagne contre les organisations terroristes continue à plein régime», a affirmé dimanche le premier ministre Nétanyahou, justifiant par ailleurs la frappe ayant pulvérisé la tour de 13 étages abritant les locaux de la chaîne d’information qatarie Al-Jazeera et l’agence de presse américaine Associated Press (AP).

C’était «une cible parfaitement légitime», a-t-il déclaré, affirmant se baser sur des informations des services de renseignement.

L’armée israélienne, qui a dit avoir ciblé des locaux et des équipements du Hamas, ainsi que certains commandants et des tunnels souterrains, accuse le mouvement islamiste de s’implanter près de civils pour s’en servir comme de «bouclier».

Dimanche, l’aviation israélienne a frappé les domiciles du chef du Hamas à Gaza, Yahya Sinouar, et de son frère, «un militant terroriste». Des sources de sécurité palestiniennes ont confirmé la frappe, mais on ignore le sort de M. Sinouar.

Affrontements

La dernière grande confrontation entre Israël et le Hamas remonte à l’été 2014. Le conflit de 51 jours avait ravagé la bande de Gaza et fait au moins 2251 morts du côté palestinien, pour la plupart des civils, et 74 du côté israélien, quasiment tous des soldats.

La violence «a le potentiel de déclencher une crise sécuritaire et humanitaire incontrôlable et d’encourager davantage l’extrémisme», a alerté dimanche le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, à l’ouverture d’une réunion d’urgence du Conseil de sécurité.

«Ce cycle insensé d’effusion de sang, de terreur et de destruction doit cesser immédiatement», a-t-il insisté, alors que cette troisième session virtuelle n’a abouti à aucune avancée.

Selon plusieurs diplomates interrogés par l’AFP, les États-Unis continuaient dimanche à refuser toute déclaration commune permettant d’aboutir rapidement à un arrêt des hostilités.

La crise actuelle a éclaté le 10 mai avec un barrage de roquettes tirées par le Hamas sur Israël en «solidarité» avec les centaines de manifestants palestiniens blessés dans des heurts avec la police israélienne à Jérusalem-Est. À l’origine des manifestations, la menace d’expulsion forcée de familles palestiniennes au profit de colons israéliens dans le quartier de Cheikh Jarrah.

Dimanche soir dans ce même quartier, une attaque à la voiture-bélier contre une patrouille israélienne a fait plusieurs blessés. La police a d’abord dit avoir «neutralisé» l’assaillant puis a précisé qu’il était «mort».

Elle a aussi dit avoir procédé à «un certain nombre d’arrestations» après des heurts nocturnes dans d’autres secteurs de Jérusalem-Est.

Les hostilités se sont étendues cette semaine à la Cisjordanie, autre territoire palestinien occupé par Israël depuis 1967, où des affrontements avec l’armée israélienne ont fait 19 morts depuis le 10 mai, selon un bilan palestinien.

Sur son territoire, Israël est également confronté à des violences inédites et des menaces de lynchages dans ses villes «mixtes», où vivent Juifs et Arabes israéliens.

«Les affrontements risquent d’entraîner Israéliens et Palestiniens dans une spirale de violence aux conséquences dévastatrices pour les deux communautés et pour toute la région», a mis en garde dimanche M. Guterres.