Les forces de police, qui ont pénétré dans l'enceinte de la prison dimanche matin avec des véhicules blindés, ont mis fin à l'émeute après quatorze heures de violences dans la prison d'Alcaçuz située près de Natal.

Nouveau carnage dans une prison brésilienne

Au moins 26 détenus ont été brutalement assassinés cette fin de semaine lors d'une émeute dans une prison du nord-est du Brésil qui apparaît comme un nouvel épisode de la lutte que se livrent des gangs rivaux pour le contrôle du trafic de la cocaïne.
Les forces de police, qui ont pénétré dans l'enceinte de la prison dimanche matin avec des véhicules blindés, ont mis fin à l'émeute après quatorze heures de violences dans la prison d'Alcaçuz située près de Natal.
«Vingt-six morts ont été confirmées», a annoncé ce soir Caio Bezerra, un responsable local pour la sécurité publique.
Un responsable de la police, Otacillo de Medeiros, avait auparavant avancé le bilan de trente morts, sans spécifier s'il concernait uniquement des détenus ou également des membres du personnel pénitentiaire.
Depuis le début de l'année, la violence carcérale a déjà fait une centaine de morts parmi les prisonniers.
Caio Bezerra avait annoncé plus tôt dans la journée que la police avait repris le contrôle du pénitencier d'Alcaçuz, la plus grande prison de l'État de Rio Grande do Norte (nord-est).
La prison avait été encerclée pendant la nuit. Les détenus, lourdement armés, avaient coupé le courant, et la police a dû attendre l'aube pour intervenir.
L'émeute s'est déclarée lorsque des détenus, vraisemblablement membres de gangs rivaux, sont sortis de leurs quartiers pour s'affronter violemment.
Un responsable de l'administration pénitentiaire de l'État du Rio Grande do Norte, Zemilton Silva, avait parlé samedi de corps décapités, comme cela avait été le cas lors des violences récentes dans d'autres prisons.
Aide et évasion 
Le président du Brésil Michel Temer a écrit sur son compte Twitter qu'il suivait de près les événements d'Alcaçuz, donnant l'ordre d'apporter «toute l'aide nécessaire» aux autorités de l'État.
Le ministère de la Justice a convoqué pour mardi les responsables de la sécurité des différents États du pays pour examiner «les mesures d'urgence (à prendre) face à la crise du système pénitentiaire», qui en plus des violences a été le théâtre de multiples évasions.
Dimanche dans la matinée, 28 prisonniers se sont évadés du centre de Piraquara I dans la ville de Curitiba (sud), soutenus par un groupe de 15 complices de l'extérieur, qui ont démoli un mur de l'édifice au moyen d'explosifs et menacé les policiers avec des armes de guerre.
Un pistolet-mitrailleur Uzi et des fusils de gros calibre ont été retrouvés sur les lieux. Deux hommes ont été abattus pendant l'évasion et quatre autres, capturés, selon les autorités de Parana.
«La situation dans la prison (de Piraquara I) est maîtrisée», a indiqué à l'AFP une responsable au gouvernement de Parana.
Surpopulation, lutte de pouvoir 
Les centres pénitentiaires au Brésil sont affectés par une importante surpopulation.
Selon l'administration de l'État de Rio Grande do Norte, le pénitencier d'Alcaçuz accueille 1083 détenus pour une capacité de 620 places.
Le taux d'occupation est de 167 % par rapport à la capacité officielle des prisons, selon les derniers chiffres du ministère de la Justice.
Les autorités brésiliennes expliquent ces tueries par une guerre sanglante entre les deux principaux gangs criminels du pays pour le contrôle de l'approvisionnement et de la vente de cocaïne : le Premier Comando de la Capitale (PCC), de Sao Paulo, et le Comando Vermelho (CV) de Rio de Janeiro, et leurs alliés.
Les principaux quotidiens brésiliens affirment que la rixe à Alcaçuz a opposé le PCC au Syndicat du Crime, allié au Comando Vermelho.
Cinquante-six détenus ont été massacrés début janvier dans une prison de Manaus, dans le nord du Brésil. Cinq jours plus tard, 31 autres ont été brutalement assassinés dans l'État de Roraima (nord). Le 8 janvier, quatre détenus étaient tués dans une autre prison de Manaus.