Les mystérieuses mutilations de chevaux survenues en plusieurs points de France ces derniers mois ont été pratiquées par différents auteurs et selon divers modes opératoires.
Les mystérieuses mutilations de chevaux survenues en plusieurs points de France ces derniers mois ont été pratiquées par différents auteurs et selon divers modes opératoires.

Mutilations de chevaux en France: différents auteurs et modes opératoires

Agence France-Presse
PARIS  — Les mystérieuses mutilations de chevaux survenues en plusieurs points de France ces derniers mois ont été pratiquées par différents auteurs et selon divers modes opératoires, ont indiqué à l’AFP les gendarmes responsables de l’enquête qui couvre une vingtaine de départements.

«Il y a une vingtaine de cas d’oreilles coupées, mais il y a aussi d’autres faits, des mutilations d’organes génitaux, des lacérations avec des objets tranchants», a expliqué à l’AFP le colonel Hubert Percie du Sert, coordinateur de la sous-direction de la police judiciaire de la gendarmerie, en soulignant «la pluralité des auteurs et des modes opératoires».

Ces mystérieuses mutilations d’équidés ont commencé il y a plusieurs mois, semant le trouble quant à leurs auteurs et leurs motivations. Les enquêteurs écartent donc l’hypothèse d’un auteur unique qui se déplacerait sur tout le territoire.

Grâce à une campagne de prévention et d’information menée auprès des propriétaires de chevaux, le colonel estime que la perpétuation de ce type de faits va devenir «plus compliquée». Les propriétaires sont invités par exemple à s’équiper de «caméras de chasse», à aller plus souvent voir leurs animaux dans les prés, à leur enlever leur licol, et à signaler auprès des gendarmes tous les faits.

Le colonel Hubert Percie du Sert, coordinateur de la sous-direction de la police judiciaire de la gendarmerie

Au niveau national, l’Office central de lutte contre les atteintes à l’environnement et à la santé publique (OCLAESP) «coordonne» le suivi des enquêtes locales pour en analyser les éléments, explique le colonel. «Tous les éléments de procédure sont réunis au service central du renseignement criminel», ajoute-t-il.

Concernant les motivations des auteurs, tout est envisagé: un challenge sur Internet, des dérives sectaires, le mimétisme, la haine des équidés, des rites sataniques...

La Miviludes, organisme interministériel responsable de l’observation et de l’analyse du phénomène sectaire, qui a examiné le dossier, n’a pas mis en évidence de rite satanique, mais, ajoute le colonel, «ce n’est pas pour autant écarté».

Chacun des faits donne lieu à une étude approfondie (constatation par un vétérinaire, nécropsie, analyses...) afin de recueillir le maximum d’indices.

Un portrait robot a été diffusé la semaine dernière par la gendarmerie, mais prévient le colonel Percie du Sert, si l’on «parvient à l’identifier» cela «ne signifiera pas que nous aurons résolu le mystère». «Il s’agira seulement d’un cas», insiste-t-il.