La capsule Dragon de SpaceX lors de son amerrissage dans l'Atlantique

Mission accomplie pour SpaceX: la capsule Dragon revenue sur Terre

WASHINGTON — La nouvelle capsule Crew Dragon de SpaceX est revenue vendredi sur Terre après six jours dans l'espace, accomplissant sa mission de démonstration pour la NASA et ouvrant la voie à la reprise des vols habités depuis les États-Unis, pour la première fois depuis 2011.

À l'issue d'une heure de suspense, le véhicule, qui n'avait qu'un mannequin à bord, a amerri dans l'océan Atlantique à 370 km au large de la Floride. C'est comme cela que les astronautes des missions Apollo revenaient sur Terre, repêchés par des navires, et c'est ainsi que les prochains astronautes américains termineront leurs futurs voyages dans l'espace à bord de Dragon.

La chute de la capsule a été ralentie par quatre grands parachutes, qui se sont ouverts sans accroc, selon les images retransmises en direct par la NASA depuis des navires.

«Bon amerrissage de Dragon confirmé!» a annoncé SpaceX. «Très belle ouverture des parachutes», a confirmé Benji Reed, directeur des mission habités chez SpaceX. «Je tremble encore.»

L'administrateur de la NASA, Jim Bridenstine, a immédiatement célébré «une nouvelle grande étape d'une nouvelle ère des vols spatiaux habités», tandis que les félicitations commençaient à pleuvoir, notamment de l'Agence spatiale européenne.

En attendant l'analyse des données de vol, SpaceX semble avoir réussi son examen : démontrer que le premier véhicule spatial habitable américain depuis les navettes (1981-2011) est fiable et sûr pour les astronautes.

La capsule avait été lancée samedi dernier par une fusée SpaceX depuis le centre spatial Kennedy, en Floride. Elle s'est amarrée automatiquement à la Station spatiale internationale (ISS) dimanche. Tôt vendredi matin, allumant brièvement ses propulseurs au-dessus du Soudan, à 410 km d'altitude, elle s'était détachée en douceur, puis avait engagé sa «désorbitation», la phase la plus périlleuse de la mission : freiner et engager la rentrée atmosphérique, qui fait monter la température à des niveaux infernaux.

Le bouclier thermique a tenu. Bob Behnken, l'un des deux astronautes qui voyageront la prochaine fois dans Dragon pour un aller-retour vers l'ISS, a raconté vendredi que la rentrée était un intense moment «émotionnel» et «physique». «On voit la lumière de l'atmosphère qui chauffe [...] On voit de la lumière orange qui clignote.»

Seul un mannequin stoïque était à bord (baptisé Ripley en hommage à l'héroïne de la série de films Alien). Le premier vol habité doit avoir lieu avant la fin de l'année.

Comme Apollo

Depuis le lancement réussi de la semaine dernière, la NASA et le gouvernement de Donald Trump célébraient le caractère historique de la mission.

«Notre avenir dans l'espace est très, très brillant», a lancé l'astronaute américaine Anne McClain vendredi depuis la station.

Ce fut la première fois qu'un véhicule habitable privé s'amarra à l'ISS. C'était aussi le premier lancement d'un vaisseau pour humains depuis les États-Unis en huit ans.

Dragon marque aussi le retour à un format vintage : elle est la première capsule américaine conçue depuis Apollo dans les années 1960 et 1970. Une capsule n'a pas d'aile : elle tombe et n'est ralentie que par ses parachutes (comme les Soyouz, qui atterrissent dans les steppes du Kazakhstan).

Le précédent vaisseau américain, la navette, revenait atterrir comme un avion. Les navettes ont transporté les astronautes américains pendant trente ans, mais leur coût s'est révélé prohibitif, et deux des quatre navettes initiales ont eu des accidents catastrophiques, tuant 14 membres d'équipage.

Après leur retraite, le gouvernement américain s'est tourné, sous Barack Obama, vers SpaceX et Boeing pour développer des taxis pour l'ISS. La NASA n'assume plus la totalité des coûts et achète le service. Le programme a pris trois ans de retard.

En attendant que ces nouvelles capsules soient opérationnelles, les Russes ont l'exclusivité de l'accès humain à l'ISS. La NASA leur achète des sièges pour ses astronautes, qui s'entraînent avec les cosmonautes russes.

Avec Dragon et le Starliner de Boeing, qui n'a pas encore été testé, la NASA n'aura plus besoin de la Russie, même si la coopération entre les deux agences spatiales continuera.