Le shérif du comté de Stanislaus, Adam Christianson, qui a mené l’enquête, a accusé la loi californienne d’avoir empêché les autorités locales de signaler Gustavo Perez Arriaga aux autorités de l’immigration pour une déportation éventuelle, après deux arrestations antérieures pour conduite en état d’ébriété.

Meurtre d’un policier: un shérif blâme la loi sur l’«État sanctuaire»

SAN FRANCISCO — Un homme soupçonné d’avoir abattu un policier californien mercredi se trouvait illégalement aux États-Unis et a été arrêté alors qu’il envisageait de fuir dans son Mexique natal, a soutenu un shérif vendredi soir, en faisant essentiellement porter le blâme sur la loi californienne qui accorde à cet État le statut de «sanctuaire» pour l’immigration clandestine.

Une chasse à l’homme de deux jours dans tout l’État a pris fin vendredi avec l’arrestation de Gustavo Perez Arriaga, qui s’est finalement rendu alors que l’escouade tactique s’apprêtait à faire irruption dans une résidence de Bakersfield, en Californie. Son arrestation a eu lieu à environ 320 km au sud-est de l’endroit où le caporal Ronil Singh avait été abattu mercredi matin. L’agent Singh venait d’intercepter un conducteur qui semblait ivre à Newman lorsqu’il a été mortellement atteint par balle, ont déclaré les autorités.

Le shérif du comté de Stanislaus, Adam Christianson, qui a mené l’enquête, a accusé la loi californienne d’avoir empêché les autorités locales de signaler Gustavo Perez Arriaga aux autorités de l’immigration pour une déportation éventuelle, après deux arrestations antérieures pour conduite en état d’ébriété.

M. Perez Arriaga, âgé de 33 ans, avait traversé la frontière en Arizona il y a plusieurs années et occupé divers emplois. Il entretenait certains liens avec des gangs criminels et portait plusieurs noms différents sur de multiples pages Facebook, a déclaré le shérif Christianson.

Cette fusillade survient au beau milieu d’une lutte politique intense au sujet de l’immigration aux États-Unis. Le président Donald Trump et les démocrates au Congrès sont en désaccord profond sur le financement d’un mur frontalier avec le Mexique, ce qui a entraîné une paralysie partielle de l’appareil gouvernemental américain.

Le président Trump avait d’ailleurs publié un message sur Twitter jeudi à propos du meurtre de l’agent Singh, affirmant qu’il était «temps de se montrer sévère pour assurer la sécurité des frontières» Il terminait en lançant: «Construisez le mur!».

La loi californienne sur les sanctuaires, qui irrite au plus haut point l’administration Trump, limite la collaboration entre les autorités locales et les agents de l’immigration. Elle prévoit plus de 800 exceptions pour les crimes violents et divers délits, et empêche la police d’interroger les gens sur leur statut en matière de citoyenneté.

Le porte-parole du gouverneur Jerry Brown (démocrate) a déclaré vendredi que si le suspect était un membre connu d’un gang dangereux, la police aurait très bien pu fournir ces informations aux autorités fédérales.