Meng Wanzhou alors qu'elle quittait sa maison de Vancouver, lundi, pour se rendre à la Cour.

Meng Wanzhou a été arrêtée illégalement, plaident ses avocats

VANCOUVER — Les avocats de Meng Wanzhou ont demandé lundi à la Cour suprême de la Colombie-Britannique d’obliger la Couronne à divulguer des documents qui démontreraient, selon eux, que la dirigeante de Huawei a été arrêtée illégalement à l’aéroport de Vancouver en décembre.

Mme Meng, dont l’arrestation a déclenché une crise diplomatique entre Ottawa et Pékin, a obtenu lundi de la juge Heather Holmes la permission de quitter le banc des accusés afin de s’asseoir avec ses avocats pour examiner les documents déposés au tribunal.

La cour a appris que jusqu’à 1150 pages de documents de la Couronne à l’appui de l’affaire devaient être divulguées lundi. Mais la Couronne soutient que la défense se livre à une «partie de pêche» qui n’est pas du tout fondée sur des éléments de preuve.

L’avocat de la défense Richard Peck a toutefois plaidé que l’Agence des services frontaliers du Canada (ASFC) et la Gendarmerie royale du Canada (GRC) «avaient collaboré et organisé un plan» pour traiter Mme Meng d’une manière qui ne respecte pas le mandat d’arrêt provisoire lancé contre elle.

Mme Meng avait été arrêtée à l’aéroport de Vancouver le 1er décembre à la demande des États-Unis, qui réclament son extradition pour des accusations de fraude liées à une présumée violation des sanctions économiques américaines contre l’Iran. La dirigeante de Huawei et le géant chinois de la technologie nient tout acte répréhensible et aucune de ces allégations n’a été examinée par un tribunal.

Me Peck a plaidé lundi que les agents des services frontaliers avaient exigé les mots de passe de ses appareils électroniques et les avaient remis à la GRC. Ces agents auraient selon lui déployé beaucoup d’efforts pour dissimuler la nature des interactions avec Mme Meng et auraient dans ce but omis certains détails dans leurs rapports.

Essentiellement, la défense a soutenu lundi que les autorités canadiennes avaient mené secrètement une «enquête criminelle» sous le couvert d’un simple examen d’admissibilité à des fins d’immigration.