Les manifestations se sont déroulées à l'instigation d'Alexei Navalny, opposant politique qui a été arrêté à Moscou. La mobilisation de dimanche est l'une des plus fortes visant le président Vladimir Poutine depuis son retour au Kremlin, en 2012.

Manifs anticorruption et arrestations en Russie

L'opposant russe Alexeï Navalny et des centaines de ses partisans ont été interpellés dimanche dans toute la Russie lors de manifestations anticorruption constituant l'une des plus fortes mobilisations visant Vladimir Poutine depuis son retour au Kremlin, en 2012.
À l'origine de la mobilisation, qui a réuni au total des dizaines de milliers de personnes dans le pays, se trouve Alexeï Navalny, qui doit être présenté à un juge lundi matin après avoir passé la nuit en détention, a indiqué sa porte-parole, Kira Iarmych, sur Twitter.
Arrêté dès le début du rassemblement à Moscou, ce pourfendeur de la corruption des élites russes, qui compte défier Vladimir Poutine lors de la présidentielle de début 2018, va comparaître pour appel à rassemblement donnant lieu à des troubles à l'ordre public. Il encourt jusqu'à 15 jours de rétention administrative.
Dans la capitale, où des milliers de personnes ont défié l'interdiction opposée par les autorités, «au moins 933 personnes ont été interpellées», a indiqué dimanche soir l'organisation OVD-Info, spécialisée dans la surveillance et le contrôle des manifestations, qui a fait état de dizaines d'arrestations en province.
La police, quant à elle, a annoncé environ 500 arrestations à Moscou tandis que, selon l'agence Interfax, plus de 130 personnes ont subi le même sort à Saint-Pétersbourg.
À Washington, le département d'État américain a condamné la répression de ces manifestations par les autorités russes.
«Interpeller des manifestants pacifiques, des observateurs des droits de l'Homme et des journalistes est un affront aux valeurs démocratiques fondamentales», a déclaré dans un communiqué le porte-parole du département d'État, Mark Toner.
Alexeï Navalny avait appelé à ces rassemblements après avoir publié un rapport accusant le premier ministre Dmitri Medvedev de se trouver à la tête d'un empire immobilier financé par les oligarques.
Cette enquête sous forme de film, vu 11 millions de fois sur YouTube, n'a suscité aucune réaction des autorités, comme les autres publiées par l'organisation de M. Navalny, qui s'est imposé comme l'opposant numéro un au Kremlin en dénonçant la corruption des élites.
Malgré des interdictions dans 72 des 99 villes où étaient prévues des actions, les Russes sont sortis dans la rue.
À Moscou, les manifestants ont arpenté tout l'après-midi les trottoirs de la rue Tverskaïa, l'une des principales avenues de la capitale, dans tous les sens, compliquant tout comptage. La police a évoqué plus de 7000 personnes, une mobilisation rarissime pour une manifestation non autorisée.
«Tout le pays est fatigué de la corruption», a soupiré Natalia Demidova, 50 ans. «Medvedev aurait dû être limogé vu ce qui a été révélé».
«Ils volent et ils mentent, mais les gens restent patients. Cette manifestation est une première impulsion pour que les gens commencent à agir», a expliqué Nikolaï Moïsseï, un ouvrier de 26 ans.
Selon le ministère de l'Intérieur, un policier a été hospitalisé après avoir été blessé à la tête par un manifestant.
Navalny «fier» de ses partisans
Depuis son lieu de détention, Alexeï Navalny s'est dit «fier» de ses partisans et jugé les interpellations compréhensibles : «Les voleurs se défendent de cette manière. Mais on ne peut pas arrêter tous ceux qui sont contre la corruption. Nous sommes des millions», a écrit l'opposant sur Twitter qui sillonne le pays pour faire campagne.
Pendant la manifestation, son organisation, le Fonds de lutte contre la corruption, a annoncé par ailleurs être visée par des perquisitions, pendant laquelle ses employés ont été emmenés au poste de police.
À Saint-Pétersbourg, deuxième ville de Russie et ancienne capitale impériale, environ 4000 personnes se sont réunies malgré l'interdiction des autorités et une présence policière massive, a constaté une journaliste de l'AFP.
«Nous sommes fatigués des mensonges, il faut faire quelque chose», a expliqué Sergueï Timoféïev, 23 ans.
Alexeï Navalny, juriste de formation, dénonce depuis des années la corruption des élites en Russie sur son blogue. Il a obtenu en octobre 2013 le score inattendu de 27,2 % à l'élection municipale à Moscou, mais sa candidature à la prochaine présidentielle risque de se voir entravée par sa récente condamnation à cinq ans de prison avec sursis pour détournement de fonds.
La marche qui a rassemblé des milliers de personnes était dès le départ considérée illégale par les autorités.
Dans la capitale, où des milliers de personnes ont défié l'interdiction opposée par les autorités, «au moins 933 personnes ont été interpellées», a indiqué dimanche soir l'organisation OVD-Info, spécialisée dans le monitoring des manifestations, qui a fait état de dizaines d'arrestations en province.
La police a annoncé environ 500 arrestations à Moscou mais aussi, selon l'agence Interfax, plus de 130 à Saint-Pétersbourg.
Alexeï Navalny avait appelé à ces rassemblements après avoir publié un rapport accusant le premier ministre Dmitri Medvedev de se trouver à la tête d'un empire immobilier financé par les oligarques.
Cette enquête sous forme de film, vu 11 millions de fois sur YouTube, n'a suscité aucune réaction des autorités, comme les autres publiées par l'organisation de M. Navalny, qui s'est imposé comme l'opposant numéro un au Kremlin en dénonçant la corruption des élites.
Malgré des interdictions dans 72 des 99 villes où étaient prévues des actions, les Russes sont sortis dans la rue, brandissant parfois des chaussures de sport (le film évoquant les baskets colorées de M. Medvedev) ou des canards en plastique, en référence à la maison miniature dont disposerait selon M. Navalny le chef du gouvernement pour ses canards dans l'une de ses résidences.
À Moscou, les manifestants ont arpenté tout l'après-midi les trottoirs de la rue Tverskaïa, l'une des principales avenues de la capitale, dans tous les sens, compliquant tout comptage. La police a évoqué plus de 7000 personnes, une mobilisation rarissime pour une manifestation non autorisée.
«Tout le pays est fatigué de la corruption», a soupiré Natalia Demidova, manifestante de 50 ans, interrogée par l'AFP. «Medvedev aurait dû être limogé vu ce qui a été révélé.»
«Ils volent et ils mentent mais les gens restent patients. Cette manifestation est une première impulsion pour que les gens commencent à agir», a expliqué Nikolaï Moïsseï, ouvrier de 26 ans.
Selon le ministère de l'Intérieur, un policier a été hospitalisé après avoir été blessé à la tête par un manifestant.
Dans la capitale, «au moins 933 personnes ont été interpellées», a indiqué dimanche soir l'organisation OVD-Info.
«Nous sommes des millions»
Depuis son lieu de détention, Alexeï Navalny s'est dit «fier» de ses partisans et jugé les interpellations «compréhensibles»: «Les voleurs se défendent de cette manière. Mais on ne peut pas arrêter tous ceux qui sont contre la corruption. Nous sommes des millions», a écrit sur Twitter l'opposant qui sillonne ces dernières semaines la province pour faire campagne malgré nombre d'incidents.
Pendant la manifestation, son organisation, le Fonds de lutte contre la corruption (FBK), a annoncé par ailleurs être visée par des perquisitions, pendant laquelle ses employés ont été emmenés au poste de police.
À Saint-Pétersbourg, deuxième ville de Russie, environ 4000 personnes se sont réunies malgré l'interdiction des autorités et une présence policière massive, a constaté une journaliste de l'AFP.
«Nous sommes fatigués des mensonges, il faut faire quelque chose», a expliqué Sergueï Timoféïev, 23 ans.
Alexeï Navalny, juriste de formation, dénonce depuis des années la corruption des élites en Russie sur son blog. Il a obtenu en octobre 2013 le score inattendu de 27,2 % à l'élection municipale à Moscou mais sa candidature à la prochaine présidentielle risque de se voir entravée par sa récente condamnation à cinq ans de prison avec sursis pour détournement de fonds.