Environ 250 000 personnes ont manifesté dans les rues de Bucarest.

Manifestations record en Roumanie

Un demi-million de personnes, selon les médias, manifestaient dimanche soir en Roumanie malgré le recul du gouvernement sur un assouplissement de la législation anticorruption, au sixième jour d'un mouvement de contestation d'une ampleur sans égal depuis la chute du régime communiste.
Le retrait d'un décret qui aurait permis à des hommes politiques d'échapper à des poursuites n'a pas apaisé la colère des manifestants qui étaient environ 250 000 à Bucarest face au siège du gouvernement et autant dans les autres villes de Roumanie, pays de 20 millions d'habitants.
«Démission», «Voleurs»
«Démission» et «Voleurs», scandaient à Bucarest les protestataires, brandissant des drapeaux tricolores, mais aussi des bannières étoilées de l'Union européenne.
Le premier ministre social-démocrate Sorin Grindeanu a exclu de démissionner, déclarant, lors d'une entrevue télévisée, avoir «une responsabilité envers les gens qui ont voté» pour son parti lors des législatives du 11 décembre.
Critiqué pour avoir adopté cette révision du Code pénal par décret, laissant de côté le parlement, il a néanmoins promis de «rapidement ouvrir des débats publics avec tous les partis politiques et avec la société civile».
Mais les protestataires demeuraient méfiants : «Ils ont dit qu'ils étaient à l'écoute, mais ils veulent revenir avec un nouveau texte au parlement. On va rester attentif pour ne pas se faire avoir», a réagi Daniel, 35 ans.
«La classe politique vole notre argent, nos forêts, notre avenir, nous en avons marre», confie une manifestante bucarestoise, Laura Fatu.